‹ Les Pseudo-Cancers Gastriques Dans La Maladie De BiermerChapitre 5 sur 28 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION N° I. —— (BAsTECK'Y et VARADI, Clin. médic. du Pr. HYNEK, Prague).

[2] (Observation résumée).

R. J.., 45 ans, mécanicien — parents morts de phtisie, épouse anémique, une fille présentant tuberculose du rachis — dit avoir souffert, pendant la guerre, de « douleurs rhumatismales » du cou de pied. En 1926, un médecin aurait découvert une maladie de cœur: essouflement en montant pentes ou escaliers; douleurs sourdes dans la région cardiaque, s’exagérant pendant le travail,

se calmant au repos: régressent — sans traitement — après repos de trois semaines au lit. Pas de pâleur anormale lors de ces symptômes.

En décembre dernier (1933) : à nouveau, douleurs térébrantes dans la région du cœur, avec, lors de l’effort, anxiété et essoufflement. Malgré repos au lit de 5 semaines, les troubles respiratoires ont augmenté au point que le malade ne peut plus se lever:

Un examen du sang est fait alors (janvier 1934) : 1.200.000 G.R.

Le malade entre alors à la clinique médicale du Professeur Hynek. Il présente: des pesanteurs gastriques prandiales ; des vomissements (2 à 3 dans la semaine) ; une anorexie pour la viande et les graisses ; des selles régulières, mais dures et foncées ; des vertiges, à chaque mouvement ; un amaïigrissement non évalué ; enfin, asthénie importante et pâleur extrême depuis trois semaines environ.

Pas d’hémorragies, ni de sensation de brûlure de la langue.

Le malade est très pâle, mais sans subictère ; taches de vitiligo sur le dos des mains ; les bords de la langue sont lisses ; bruit de diable au niveau des jugulaires.

Cœur : souffle systolique mou, sans propagation, avec rythme de galop présystolique.

Foie et rate normaux, de même que le creux épigastrique.

Urines : présence d’urobiline. Selles : pas de sang, pas d’hémorragie occulte (selles de coloration normale, d’ailleurs).

Tubage gastrique : achylie, histamino-résistante.

Radio (2-2-34) : « Estomac orthotonique ; relief de la muqueuse légèrement irrégulier, plis élargis (surtout dans la portion horizontale). Passage du pylore : libre. Péristaltisme se bornant à

l’'antre et à la petite courbure, uboli dans la partie antrale de la grande courbure. Le contour de la petite courbure, aplani le long de la partie antrale, se transforme au fur et à mesure des mouvements péristaltiques. Sur des radios en série : aspect lacunaire constant de la partie antrale de la grande courbure. L’antre s’élargit en rectangle vers le pylore. Bulbe duodénal légèrement aplati du côté petite courbure, élargi du côté grande courbure, ovale.

Motilité normale de l'estomac, qui est complètement vide 5 heures aprés le repas opaque ».

Un second examen du sang est fait le même jour que la radio :

GR ES MAL50 000 ADEME AVE te l0b 61,97

G. B. : 7.200 ; Polys neutros : 59 ; P. Eosino :. 5; P. baso « 0.

Monos : 8 ; lymphos : 25 ; Métamyéloc. : 1.

Myéloc. : 1; Normoblastes : 3 ; Mégaloblastes : 3.

Plaquettes : 55.000, cette thrombopénie s’accompagnant d’anisothrombocytose.

Les G. R. manifestent une forte aniso-poïkilo-mégalocytose, avec schizocytose, hyperchromie et polychromasie.

Il existe en outre des hématies à granulations basophiles.

En somme, anémie de Biermer typique, avec signes de régénération spontanée de la moelle.

Mensuration du diamètre des G. R. (érythrocytomètre de Bock) : 8 nu Volume hématocritique : 20,5 %. D'où volume moyen des G. R. : 148,8 45. Viscosité du sang : 3,3, Albumines du plasma sanguin : 7,91 %.

Le lendemain, un examen radiologique de contrôle montra de nouveau : « aspect lacunaire long de 3 cm. 5, sur la grande courbure, une encoche à bords lisses sur la partie latérale, une autre sur la partie médiane et, entre les deux, une proéminence ovalaire; dans la portion médiane de la grande courbure, le contour stomacal est légèrement convexe en sens proximal; il est finement dentelé et aboutit, juste en deçà du pylore, à une saillie en bec à terminaison latérale.

Le canal pylorique est étroit : 3 mm. de largeur. L'antre, examiné en série, présente des bords déchiquetés, à entailles constantes, demi-circulaires ou demi-ovales, entre lesquelles font saillie des prolongements dentelés. Toute la portion antrale de la grande courbure manque : cette image est constante, Des replis longitudinaux assez larges aboutissent à l'endroit de la lacune ».

L'hépatothérapie fut instituée alors : réaction typique consécutive, avec crise réticulocytaire (29,6 %) et guérison clinique.

Le 4 avril 1934, 36° jour du traitement, un examen du sang montrait :

GR. :°3.970.000 > "Hémosl A 89 Nat Slot 1/12:

Puis, au bout d’un mois environ, nouvelle radio :

« Contour de l'estomac lisse et bien tranché ; ondes péristaltiques profondes et symétriques des deux côtés ; disparition complète de l'image lacunaire, même en oblique. Le relief de

véé à. 0 p

MS kr; rad

l'antre, étudié « en séries », montre : plis longitudinaux assez larges, dont l’un se continue sur le pylore ; la lacune précédemment constatée a disparu sans laisser de traces ».

Au bout d’un mois encore, un autre examen confirme cette disparition.

Ainsi, cet aspect lacunaire de la portion antro-pylorique de la grande courbure nous avait fait faire le diagnostic de tumeur, bien que la netteté de démarcation du pourtour de la lacune, le manque de relief malin à l’entour fussent quelque peu contraires à cette hypothèse. L'aspect lacunaire de la courbure persista lors de la révision, bien que sa forme eut changé de configuration, ce qui ne nous ébranla pas dans notre diagnostic primitif, attendu que les sériogrammes furent effectués à des compressions diversement dosées, et que même deux skiagrammes réalisés consécutivement pour une seule et même tumeur ne doivent pas nécessairement être identiques. Une divergence de projction, une dissimilarité des conditions de remplissage peuvent avoir lieu, enfin il existe sûrement des altérations fonctionnelles greffées sur la base anatomique et apportant modification de l’image radiologique, ce qui est un moment digne d’attention.

En somme, anémie de Biermer typique, avec hyperchromie et mégaloblastose, au cours de laquelle apparaissent des troubles dyspeptiques s’accompagnant d’achylie. La radio montre un aspect Jlacunaire constant de la grande courbure antrale. Sous l'influence de l’hépatothérapie, l’état sanguin s'améliore en même temps que l’état clinique et l’image radiologique suspecte s’efface. ,

OBSERVATION N° II — (P. Em. WEïz et BENZAQUEN) [69]. (Malade présenté le 5 février 1935, à la Société d’Hématologie).

Ch. R.…., 41 ans, artiste dramatique, entre salle Nélaton le 30 octobre 1934 pour altération générale marquée avec amaigrissement, pâleur et vomissements.

Le début des troubles pour lesquels il consulte remonte aux premiers jours de janvier 1934.

Il est d’abord adressé par son médecin dans le service de M. le Docteur Chiray, à l'Hôpital Beaujon, où un examen radiologique est pratiqué. La réponse du radiologiste est formelle : amputation pylorique.

L'examen hématologique pratiqué à cette période ne montre qu'une anémie discrète.

À Ja suite de deux nouvelles explorations radioscopiques, toutes deux confirmant la première, une intervention chirurgicale est proposée et refusée par le malade. Son amaigrissement cependant progresse, ainsi que sa pâleur.

Le malade repart chez lui.

En août, apparition de subictère et de fièvre aux environs de 28°5.

Un nouvel examen hématologique pratiqué par les soins d’un

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