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Compte rendu de l’examen : (interprélalion de M. Darbois, radiologiste de l'hôpital Tenon) :
«'Estomac allongé, non dilaté, contenant une importante quantité de liquide de stase.
La bouillie barylée traverse rapidement et sans arrêt l’œsophage et le cardia et tombe au fond de l'estomac, dont la région antépylorique paraît anfractueuse, lacunaire.
Aucun passage pylorique n'est obtenu pendant l'examen pratiqué debout et dans le décubitus.
La palpation n'efface pas l'aspect lacunaire de la zone urlepylorique, elle provoque quelques contractions qui sont inefficaces.
Probabilité de néoplasie antépylorique à revoir après traitement belladoné ».
Le 14 octobre, le malade est revu à l’écran après 8 jours de traitement belladoné.
L'image lacunaire n’est plus retrouvée, mais le pylore, tout en étant perméable, paraît aplati en un étroit canal, comme s’il y avait une néoplasie en manchon dans la zone pylorique.
Nous pensons donc à la coexistence d’une maladie de Biermer et d’un cancer gastrique.
De nouveaux examens radiologiques, pratiqués à quelques jours d'intervalle, montraient la persistance des anomalies du pylore.
Cependant, dès son entrée dans le service, après une transfusion sanguine de 300 cc., le malade fut soumis à un traitement hépatothérapique, et dès les premiers jours l’amélioration était constatée, régénération globulaire rapide et prise de poids progressive d’un jour à l’autre.
En raison de l’amélioration progressivement constante et rapide du malade, nous ne pouvons maintenir le diagnostic de cancer gastrique
Le 20 novembre 1934, M. Moutier a bien voulu pratiquer un examen gastroscopique à M. R.. et nous a fourni les renseignements suivants
« Muqueuse stomacale rigoureusement lisse (aspect typique de Biermer).
Au niveau de l’antre pylorique il existe une petite plaque nacrée de 8 mm. de diamètre environ, un peu irrégulière, lisse, entourée d’un bourrelet sans pénicillation vasculaire. Ce bour-
relet représentait d’après M. Moutier. un processus de cicatri-
sation ».
Vers la fin du mois de décembre, enfin, le malade, complètement guéri de ses troubles antérieurs : appétit normal, aucune fatigue, a 4.800.000 G. R. normaux de forme et de couleur avec 85 % d’hémoglobine et 7.000 globules blancs en pourcentage normal dans les divers éléments.
Il pèse plus de 73 kilogrammes.
[Immédiatement avant sa sortie de l’hôpital, un nouvel examen radiologique fut pratiqué ; le pylore est perméable, mais encore en défilé étroit.
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En résumé, il s’agit d'un homme jeune présentant un long passé de troubles dyspeptiques douloureux, d’hématémèses, qui, depuis un an, a notablement maigri, et est devenu anémique et de teint jaunâtre. Cet homme, à l'examen radiologique, montre des images lacuaires du pylore qui font conclure à l'existence d’un cancer pylorique. Mais les images ra-
diologiques un peu variables d'aspect font hésiter à intervenir. L'examen du sang montre alors un tableau typique danémie pernicieuse. Un traitement intense hépato et gastrothérapique fait disparaître l’anémie et le malade reprend en six semaines plus de dix kilogrammes, si bien qu’on ne peut faire autrement que d’éliminer le diagnostic de cancer stomacal. Cependant, les troubles d'évacuation pylorique persistent et la gastroscopie montre, outre l’aspect lisse de la muqueuse, une plaque nacrée, cicatrice probable d’un ancien ulcus.
OBSERVATION N° III. —— (Observation recueillie par M. le docteur René Chevallier, dans le service du Prof. Paviot, Lyon) [15] (Obs. résumée).
La première malade de R. Chevallier, Mme P.., âgée de 55 ans, est hospitalisée en septembre 1935 pour des troubles digestifs avec pâleur et amaigrissement. Le début remonte à trois semaines. Les troubles dyspeptiques consistent en pesanteurs épigastriques douloureuses post-prandiales et s’accompagnent d’anorexie élective, d’asthénie, d’amaigrissement rapide et massif, de pâleur des téguments et des muqueuses, tous ces symptômes s’accentuant de jour en jour. L’examen clinique est peu instructif ; à noter seulement : l’hypotension (9-5), l’abolition des réflexes rotuliens et achilléens. Le premier examen de sang montre une anémie à 1.640.000 G. R., avec anisocytose et poïkilocytose très marquées et 3 % d’hématies nucléées,
Quelques jours après, un second examen montre une aggravation de l’anémie (1.210.000) avec leucopénie (4.340).
Pas de sang dans les selles, mais hémorragies rétiniennes.
Le chimisme montre une achlorhydrie à peu près complète.
En somme, le doute est permis entre maladie de Biermer et cancer gastrique à forme anémique.
L’examen radiologique de l’estomac ne montre pas de lacunes typiques, mais il existe un état spongieux de l’image antrale au contact de la petite courbure, dont le contour est flou. Les ondes péristaltiques ne franchissent pas cette zone douteuse.
La gastroscopie permet de constater l'absence de toute lésion néoplasique. Par contre, elle montre une décoloration généralisée