‹ Les psychonévroses et leur traitement moral. Lecons faites à l'Université de BerneChapitre 32 sur 75 · Die Arbeit der Verdauungsdrusen, trad. Walther · texte numérisé non relu

Die Arbeit der Verdauungsdrusen, trad. Walther

odeur d'aliments capable d'exciter les désirs de l'animal. Pawlow a monteé aussi que les sécrétions de l'estomac et de la partie supérieure de l'intestin varient dans leur composition chimique suivant la nature de l'aliment introduit dans la bouche, alors même qu'on évite, par la section de l'œsophage, l'entrée des aliments dans l'estomac.

Par la voie nerveuse, les glandes digestives sont averties de l'arrivée de l'aliment et préparent à l'avance le dissolvant convenable des albumines, des graisses.

Ces constatations confirment les faits cliniques que j'ai observés jusqu'ici. Le meilleur régime est celui de l'alimentation variée, celle qui convient aussi aux gens sains. Le régime unilatéral, quel qu'il soit, a l'inconvénient de tarir les sécrétions qui ne sont pas utilisées, et si la quantité de l'aliment conseillé devient trop considérable, il épuise la sécrétion utile. Pour faire fonctionner les organes il faut les entraîner, entretenir leur activité. J'ai obéi à ce principe si simple de thérapeutique et n'ai jamais eu l'occasion de m'en repentir.

Un autre physiologiste, le professeur Kronecker, de Berne, résumait un jour, devant un auditoire de médecins, ses expériences sur les mouvements péristaltiques du chien étudiés au moyen de la boule d'argent introduite dans une anse intestinale isolée par la méthode de Villa. La rapidité avec laquelle la boule arrive à l'extrémité de l'anse isolée donne la mesure de la vitesse du mouvement intestinal. Il nota l'accélération, inconstante du reste, provoquée par l'ingestion des aliments, rappela le fait bien connu aussi des borborygmes à jeun ; il signala l'accélération par le mouvement, l'action du massage de l'abdomen et termina par ces mots : Et messieurs, ce qui agit surtout sur l'intestin du chien, ce sont les émotions

i ES PSYCHONÉVROSES.

morales, tristes ou joyeuses ; il suffit de menacer l'animal d'une punition ou de lui faire espérer une promenade avec son maître, pour voir arriver la boule d'argent à l'orifice plus rapidement que sous l'influence des agents physiques.

S il suffit, chez le chien, de représentations mentales pour provoquer les sécrétions et accélérer le mouvement péristaltique, celle intervention de l'idée ne doit-elle pas être plus puissante encore chez l'homme dont la vie psychique esl bien autrement riche et compliquée.

Est-ce a dire que dans Ions les cas où Ton reconnaît l'influence nerveuse sur les (roubles intestinaux, le succès soil assuré? Non, il y a des cas, mais ils sont exceptionnels, où on n'arrive pas à supprimer entièrement cette sensibilité, cette réaction trop facile. J'ai cependant toujours obtenu des améliorations ; mais il y a des gens qui sont ainsi faits, qu'ils prennent la diarrhée sous l'influence du plus minime refroidissement, aux changements de saisons. Ces malades-là sont aussi sensibles aux variations de régime ou conservent une idiosyncrasie à l'égard des crudités. C'est toujours encore en régularisant leur vie et en les rendant vaillants de corps et d'esprit qu'on améliore leur état.

Il est une forme d'entérite sur laquelle je dois insister, c'est celle où l'on voit survenir des débâcles intestinales alternant avec la constipation ou bien dans laquelle des selles peu abondantes s'accompagnent d'une sécrétion muqueuse. C'est une diarrhée paradoxale qui peut coexister avec la constipation qui la produit. J1ai vu les hémorroïdes agir dans le même sens, comme le ferait un corps étranger, un suppositoire.

Ce trouble fonctionnel est souvent accompagné de sensations douloureuses sur le parcours du côlon descendant,

de ténesme. Les évacuations sont souvent presque entièrement composées de mucus, concrète en lanières ; les scybales sont entourées d'une couche de mucus. Il y a là, dans le rectum, une hypersécrétion de mucus analogue à celle que produit si abondamment, dans l'œsophage, la présence d'une sonde. Ce sont ces états-là qu'on décore du nom d'entérite, de colite ou rectite pseudo-membraneuse, et qu'on traite par des prescriptions de régime qui restent sans effet sur les dernières voies, ou par des lavements médicamenteux qui ne font qu'aggraver le mal.

Je n'ai rien contre l'appellation quoique je ne voie pas l'utilité qu'il y a à répéter en grec ce que le malade nous dit en français. Il ne suffît pas de constater le désordre, il faut en trouver la cause, le faire cesser.

Or ici c'est la constipation que j'incrimine : à part quelques cas exceptionnels de polypes intestinaux ou d'affections dysentériques, je n'ai jamais vu de colite muco-membraneuse idiopathique. Je l'ai toujours vue résulter des irrégularités dans le fonctionnement de l'intestin et en particulier de la constipation habituelle. C'est en traitant cette dernière qu'on fait disparaître les symptômes d'irritation rectale.

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