‹ Les Psychoses AddisoniennesChapitre 12 sur 29 · ETUDE CLINIQUE D'ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE D'ENSEMBLE

Mieux que les observations précédentes la description et la conception de TARGOWLA nous permettront de préciser les caractères psychiâtriques des états psychopathiques aigus.

Targowla a observé une psychose addisonienne chronique avec épisode aigu. L'identité de ces épisodes aigus au cours des formes chroniques avec les formes aiguës primitives aulorise à citer le tableau qu'il en donne, tableau plus precis que les descriptions laconiques des classiques : « Dans le fait que nous avons observé, le délire monotone, incohérent : les illusions et les hallucinations à peu près constantes mais peu varriées, prédominent dans la sphère visuelle bien qu'elles inte ressent aussi les autres sens ; elles s'associent à la perception plus ou moins floue et déformée de la souffrance générale : malaise, sensation d'étouffement, douleurs vagues et diffuses ou vives et localisées et occupant momentanément le premier plan dans le champ de la conscience. Ces troubles s'accompargnent d'un bavardage incessant et sans suite, réduit souvent à un marmottement incompréhensible, de gestes inachevés et imprécis, ébauches de défense, de mouvements carphalogiques avec, par intervalles, des cris, des tentatives de fuite. Il existe un trouble de la conscience ; les perceptions, les idées, les mouvements sont certains, incoordonnés ; le petit malade apparaît comme étranger au monde extérieur. Il n'accuse pas toutelois cette apparence; ne manileste pas qu'il a le sentiment de cette étrangeté et ne cherche pas à se ressaisir, à se rattacher à une réalité qui lui échappe, ainsi que fait le confus: il en est isolé secondairement en quelque sorte, comme absorbé par les évènements de son délire ; mais pour peu que les excitations extérieures aient une intensité suffisante, elles lui parviennent ; il les saisit clairement, fait un effort qui aboutit pour y adapter ses réactions et en fixe le souvenir, même à la période de la plus grande acuité du délire. L'état de confusion n'est ici qu'apparent ; c'est plutôt une forme de distraction où domine la concentration de l'esprit sur ses produc-

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tions morbides, concentration du reste involontaire et incoercible liée, comme ces productions elles-mêmes, à l'automatis-

me des processus psychologiques ».

Le cas de Laignel-Lavastine présente un aspect clinique différent. Les phénomènes oniriques y ont été très fugaces et la psychose apparait comme une confusion mentale pure sans les phénomènes délirants habituels.

Ainsi les psychoses addisoniennes aigues rentrent dans le cadre général des psychoses à base confusionnelle. D'après la conception de Régis toujours admise dans ses grandes lignes, les psychoses confusionnelles sont la traduction d'une infection ou d'une intoxication de l'organisme. C'est le délire toxi-infectueux.

Cette conception apparait actuellement trop étroite : tout dans les perturbations du milieu Mtérieur ne se résume pas à des phénomènes toxiques ou infectieux. Les troubles metaboliques généraux, l'équilibre acido-basique, les perturbations colloïidales enfin la regulation hormonale jouent leur rôle dans tous les processus morbides, et nous verrons précisément à propos de la pathogénie des désordres addisoniens que beaucoup de ces facteurs ont été invoqués.

Cliniquement les troubles délirants aigus des addisoniens ressemblent aux confusions mentales aigues du type toxi-infectieux sans préjuger de leur vraie nature.

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