‹ Les Psychoses AddisoniennesChapitre 18 sur 29 · LE · texte numérisé non relu

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lection la glande surrénale ;elle subit ensuite une longue opération avec anesthésie au chloroforme, substance qui dissout les graisses de la surrénale. Sa fatigue arrive au paroxysme et s'accompagne de phénomènes fort complexes.

On sait qu'aux cinq sens, connus depuis toujours, on a ajouté un sixième sens, le sens cinesthésique. La cinesthésie est l’ensemble des sensations vagues qui conduisent à la sensation de notre moi. Quand ces sensations sont troublées, elles deviennent douloureuses, et leur perturbation se manifeste — lorsque le nerf sympathique, nerf qu’on appelle le nerf de la cénesthésie, a son tonus modifié — par le déséquilibre du fonctionnement endocrine.

Ici c’est la sphère abdominale, dont le sympathique est sous le contrôle de la glande surrénale, que se produisent surtout les phénomènes insolites.

Asthénique, a la sensation d’être « vidée », comme s’il n’y avait plus rien dans son abdomen. Il lui semble que la peau de son ventre se rétracte jusqu’au dos : elle est dans la nécessité de se ratatiner, de plier les genoux, jusque sous le cou, comme si elle était « amputée du tronc».

Mais ses souffrances ne sont pas limitées au ventre. Elle se plaint d’une sensibilité exquise aux bruits, qui l’affolent. Elle n'arrive pas à dormir, tant elle a besoin de sommeil; elle a tendance à avoir sinon de la fièvre, du moins une élévation de la température, allant jusqu’à 38°, avec langue sèche, soif vive, et cette fausse fièvre survient à la moindre fatigue, en particulier quand elle a fait sa toilette. À ces troubles s’ajoute, un état nerveux et psychique complexe. Elle vit dans l’angoisse perpétuelle, a des phobies; par exemple, elle craint de rester dans une chambre fermée, de sortir seule dans la rue, etc.

Une émotion, comme une fatigue, un simple refroidissement, un écart de régime lui provoquent un crise d’entérocolite. Mais cette crise eliemême augmente, sa tendance à l'angoisse, à la mélancolie; elle devient triste, ressent du dégoût pour la vie, a des idées noires, ce qui l’a poussée à faire une tentative de suicide. Chaque mois, à l’époque menstruelle, elle devient d’une effrayante nervosité, d’une stféxcitation maïadive allant jusqu’à battre son entourage, cassant les objets auxquels elle tient le p'us, qui lui tombent sous la main; elle manifeste en mêm® temps un anormal besoin d’activité.

Cette asthénique a été transformée par la surrénale en ingestion, puis n injcetions. Elle, qui n’avait pas eu d'enfants jusqu’älors, a mis au monde un bébé de 7 livres, qu’il lui a été possible de nourrir ellé-même, en s’aidant de temps en temps d’injections de cortico-surrénale. |

L'auteur rapporte quatre autres cas semblables,

OBSERVATIONS N° 14 et 15.

Etats mélancoliques avec hypotension artérielle

(Naudascher. Annales Med. Psychol. 1922)

ler cas. — M. Jeanne, âgée de 25 ans, présentait depuis deux mois un état de dépression avec aboulie, découragement et anxiété. Malgr* plusieurs consultations médicales affirmant la sédation des symptôme” pulmonaires, la situation s’aggravait, la malade se prétendait incapable d’un effort minime; elle s’inquiétait de la sensation de fatigue insurmontable qu’elle éprouvait et cette asthénie musculaire devenait le suict de préoccupations hypocondriaques qui déterminaient une anxiété de plus en plus vive.

A ce moment, la pression artérielle faible. Max. : 14 ; Min. : 8; l’acréléation du pouls (104 pulsations à la minute) et l’asthénie musculaire très prononcée me parurent justifier l’essai du traitement par l’extrait de glande surrénale.

Les premiers jours, l'amélioration fut peu sensible, le pouls était assez variable (84 à 100 pulsations par minute) la pression minima restait au même point et la pression maxima oscillait entre 14 et 15. Seule l’asthénie avait diminué d’une façon appréciable et l'énergie du myocarde paraissait meilleure.

Cependant peu à peu la courbe de la pression indique une augmentation lente, mais progressive, au cinquantième jour : Max. 15 ; Min. 9, tandis que 1° pouls est devenu plus régulier, plus fort et moins rapide (80 pulsations à la minute).

L'état mental subit une transformation parallèle et en deux mois, nous pouvions constater que la disparition des troubles psychiques avait suivi de très près celles des symptômes qui nous paraïssaient en rapport avec l'insuffisance fonctionnelle de la glande surrénale.

Lème cas. — P... Marie, âgée de 50 ans, est entrée à la maison de santé de Pau, le 22 septembre 1912 pour un état de mélancolie consciente avec anxiété et idées de suicide survenu après une longue maladie et la mort de son mari. Sortie pendant une quinzaine de jours sur la demande de son frère, elle dut être internée à nouveau le 12 avril 1913.

À ce moment la malade se plaignait d’une sensation de lassitude extrême, elle ne pouvait dormir et gémissait continuellement surtout pendant la nuit. La tension artérielle était très faible : Max. 11 ; Min. 7, le pouls rapide et à peine perceptible donnait 96 à 100 pulsations à la minute.

Dans le but d’agir sur l’asthénie musculaire et sur l’hypotension, j'ai

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