‹ Les Psychoses ColibacillairesChapitre 10 sur 42 · BAS | VAT · texte numérisé non relu

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« compte, elle aurait pu avoir avec des hommes, des « conversalions peut-être un peu légères et capables de: « leur nuire, de les inciter à se mal conduire. En fait, « cela ne se rapportait à rien d’exact; la malade elle- « même se rendait compte que ses idées étaient absurdes; « elles ne s'implantaient pas moins en elle au point « qu’elle ne faisait plus que pleurer; peu à peu, les « phénomènes se sont atténués et la guérison est sur-

& venue, »

Voici encore une observation d’un état hypochon-

driaque :

OBSERVATION IV

(Observation communiquée par M. le D' Baruk.)

Mme B..., âgée de 56 ans, est malade depuis 25 ans. Jusque-là bien portante, active, sportive, elle avait présenté cependant, quelques petits troubles intestinaux.

À 25 ans, une crise intestinale est survenue, sous la forme d’une entéro-côlite grave, puis peu après sont apparus des troubles de la défécation attribués à une tissure de l’anus. On pratiqua une dilatation, un gros choc serait résulté de cette intervention. Depuis lors sa santé, dit-elle, a toujours été altérée.

À partir de ce moment, elle a des préoccupations obsédantes et incessantes sur son intestin. Elle ne pense plus qu’à assurer sa selle quotidienne, elle prend, depuis lors, lhabitude de prendre chaque jour au moins un grand lavage intestinal de 1 litre 1/2 à 2 litres. Elle a pris sans interruption ces lavements quotidiens depuis

plus de 20 ans.

MEN" Gites

Elle s’en trouvait, tout d’abord, assez bien, mais depuis quelques années, elle présente une entérite mucomembraneuse, plusieurs hémorragies intestinales sont survenues, enfin elle souffre de troubles nerveux :

Vertiges, sensation de menaces de perte de connaissance, lipothymies; elle a des sifflements d'oreille, pâlit, se trouve mal.

Elle a des troubles cénesthésiques à localisation principalement pelviènne : pesanteur obsédante, sensation de gène, etc. Son attention reste continuellement fixée sur la région périnéale.

Enfin troubles douloureux et sensibilité cutanée spéciale : la friction, la palpation de la région cervicale lui provoque, dit-elle, une douleur terrible, une sensation de malaise qui va jusqu’à la syncope.

Elle a diminué toutes ses occupations, s’est concentrée exclusivement sur sa santé.

Il faut noter encore que, depuis peu, sont survenues des petites poussées de purpura.

Un examen hématologique pratiqué a montré un syndrome anémique.

On la traite d’abord par la suppression des lavements, on ordonne de l’huile de paraffine, un produit mucilagineux.

Peu à peu, il se produit une amélioration, l’entérite muco-membraneuse disparaît, mais la malade reste très fatiguée.

Il y a un an, on fait un examen d’urines dans lesquelles on trouve de nombreux colibacilles. Cette colibacillose s’est atténuée après un repos.

A deux nouveaux examens, on constate une reprise

de la colibacillurie.

J. Forestier 2

D'OnOp, Ti

I1 s’agit là, en résumé, d’un état asthénique avec préoc-

cupations hypochondriaques obsédantes.

Voici donc à un degré léger des troubles d'ordre mélancolique et dépressif; des états plus graves peu

vent survenir.

B — Etats confusionnels.

Les trois observations suivantes constituent des

exemples de confusion mentale post-puerpérale.

OBSERVATION I

(Malade de M. le Professeur Lévy-Valensi.

Observation communiquée par M. le Docteur Garand.)

Il s’agit d’une femme âgée de 31 ans, Mme M. K..

Les renseignements concernant ses antécédents sont fournis par le mari et le frère de la malade, ce dernier est médecin.

La malade, habitant Tunis, s’est mariée en 1921, elle

a eu cinq grossesses :

1° Un enfant mort au deuxième mois, macéré (Réten-

tion?), le B.-W. s’est montré négatif.

2° Au cours de cette deuxième grossesse, la malade a présenté de grands cauchemars, de la dépression, de la tristesse. Enfant bien portant.

3° Un garçon venu à terme, mort de pneumonie, La

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malade a eu beaucoup de chagrin de la perte de cet en-

fant. Il en est résulté un gros choc moral.

4 Une fille bien portante, âgée actuellement de

3 ans.

5° Le 21 décembre 1931, Mme M. K.. accouche d’une fille, Au cours de cette dernière grossesse, elle s’est montrée très nerveuse. Elle avait des discussions fréquentes avec son mari. L'accouchement a été lent, une petite hémorragie est survenue au cours de la délivrance. La venue au monde d’une fille a été pour la malade une

grosse déception car elle désirait avoir un garçon.

Quinze jours après l’accouchement, la malade allait

très bien, sauf un peu de constipation.

Le lundi 23 janvier, brusquement, la malade fait une crise d’excitation violente, elle crie, elle ouvre les fenêtres, elle accuse son frère d’avoir tué son fils, elle

se montre très violente. æ

Deux crises semblables surviennent dans la même journée. Le lendemain, mardi, elle présente de l’agitation, elle prononce des paroles incohérentes. Un médecin de Tunis porte le diagnostic de pithiatisme. On traite

ces phénomènes par des remontrances.

A la suite, la malade présente des crises d’anxiété, du mutisme et une phase de demi-stupeur. On l’amène de toute urgence à Paris. Sur le bateau, une certaine amélioration survient, mais elle est fatiguée par le mal de

mer.

A son arrivée à Paris, la malade voit M. le Professeur

Lévy-Valensi, puis M. le Docteur Baruk.

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