MONA
de la roue dentée ni de raideur à proprement parler dans les mouvements imprimés aux membres.
Dans les premiers mois de 1928, les troubles de la mémoire deviennent moins prononcés; la malade qui s'exerce beaucoup à retrouver la notion des choses, à s'orienter plus aisément et qui fait de grands efforts pour exercer sa mémoire, réalise de grands progrès et néanmoins elle doit toujours rester sous la surveillance d’une personne car aussi bien par le fait de sa désorientation que de son amnésie, les troubles du comportement sont toujours manifestes. Elle est encore incapable de s’occuper de ses soins de toilette seule, de lire, d'écrire, elle commence seulement à s'occuper à de petits ouvrages manuels très simples. Cependant, à la fin de 1928, la diminution de l’amnésie et de la confusion, l’adaptation plus grande au milieu extérieur, ont permis quelques expériences de promenades au dehors, seule ou accompagnée à distance par des personnes, et peu à peu les progrès s’accentuent, mais ce qui frappe alors, surtout, c'est toujours cette attitude guindée, tout d’une pièce, cette absence de facilité dans les mouvements, l'absence complète d’aisance dans les gestes, et dans le comportement. En raison des progrès réalisés, nous fimes l’expérience de faire conduire cette malade dans un grand magasin pour faire divers achats : elle accomplit ces actes comme une automate, toujours raide, le parler bref et monotone; ses acquisitions furent faites sans discussion, sans choix et son attitude était telle qu’alors que nous l’accompagnions à une certaine distance pour lui laisser toute latitude de ses mouvements, nous remarquions qu’elle attirait l’attention des autres personnes
par ses manières. À la sortie, il lui fut impossible de se