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rappeler le prix des objets qu’elle avait achetés; elle paraissait assez fatiguée et les jours suivants elle n’avait encore qu’un souvenir très imprécis de cette sortie.
De mois en mois, cependant, les progrès s’accentuaient de plus en plus, surtout au point de vue de la mémoire, et également, à un moindre degré, au point de vue de ce syndrome parkinsonien ébauché dont nous avons
- parlé. Surtout des progrès très notables avaient été faits du côté de l’appareil urinaire; les urines qui avaient été longtemps troubles redevinrent claires et les examens montrèrent la disparition des colibacilles. Pendant l'été de 1929, après une cure assez prolongée à Evian, la malade pagaissait complètement rétablie de sa colibacillurie et était dans une condition véritablement satisfaisante aussi bien au point de vue de son état mental que du syndrome parkinsonien. Il était encore nécessaire qu’elle fût accompagnée un peu dans tous les actes de sa vie, en raison des défectuosités encore persistantes de sa mémoire, de son défaut d’activité et de son manque d'assurance générale.
A la fin d’octobre 1929, elle avait pu rentrer chez elle et reprendre sa vie de famille avec des occupations assez limitées et surveillées; néanmoins, la fatigue intellectuelle et physique que cette reprise des occupations occasionna, détermina une rechute de la colibacillurie; la température remonta aux environs de 38°; les urines devinrent troubles; la malade éprouvait de petits frissons et surtout se plaignit de phénomènes de. mentisme très nets : elle était assiégée constamment par un défilé d'idées et d'images, s’atténuant par périodes et reparaissant, s’accompagnant d’une légère réaction anxieuse.
Une nouvelle thérapeutique par les vaccins colibacil-
laires, la désinfection urinaire, par l’uroformine, un régime alimentaire plus strict vinrent à bout de ces accidents qui disparurent en février 1930.
Dès lors, l’état général de cette malade ainsi que son état mental s’améliora dans des proportions telles qu’elle put rester désormais sans garde et reprendre en partie ses occupations à la maison ainsi qu’un certain nombre de ses réunions mondaines. Toutefois, elle resta encore un peu gênée pour prendre part à une conversation générale parce qu’elle suivait mal les propos émis devant elle, qu’elle avait encore une grande lenteur intellectuelle et une imprécision dans les souvenirs qui lui enlevait toute assurance.
Au début de l’année 1931, les progrès étaient encore plus sensibles et cette personne était désormais capable de vivre d’une vie normale, de sortir dans Paris seule et de vaquer à ses occupations, de tenir son intérieur, de recevoir ses amis, enfin de faire face à ses obligations de maîtresse de maison, de façon régulière. ,
En raison du bon état général et du désir extrêmement vif d’une nouvelle grossesse, lequel désir insatisfait aurait eu une répercussion des plus fâcheuses sur l’état moral de cette jeune femme, en raison également des examens urologiques pratiqués par un spécialiste, qui montrèrent l’absence de pus dans les urines, de bactériurie à colibacilles, avec azotémie de 0,31, une constante d’Ambard de 0,12, un peu élevée, mais atténuée par les examens urologiques très satisfaisants, on autorisa la possibilité d’une nouvelle grossesse qui, en effet, dans les premiers mois ne parut la troubler en aucune façon, mais à la fin du quatrième mois les urines redevinrent
troubles; de nouveau, on constata la présence de coliba-
PRRNT DR
cilles en grande quantité. La malade accusait des tendances lipothymiques, de l’amaigrissement, de la fatigue, avec une légère élévation de température. L'état psychique restait bon, mais cependant la malade accusait une certaine lenteur intellectuelle avec quelques phénomènes de mentisme. Dès l’apparition d’urines purulentes à colibacilles, de la fièvre et des douleurs rénales tantôt à droite, tantôt à gauché réalisant le tableau de la pyélonéphrite gravidique, on commença un traitement par le sérum de Vincent; ce traitement fut bien toléré sans choc anaphylactique grâce aux précautions spéciales qui furent prises; les modifications thermiques se traduisirent seulement par un abaissement le matin à 36°8, 37°, mais le soir reprise de la température à 39°, puis peu à peu ces variations de température s’aiténuèrent et l’amélioration qui se produisit permit de dissiper les craintes de l'entourage qui, à juste titre préoccupé en raison des incidents infectieux qui accompagnèrent la première grossesse, était très disposé à interrompre cette nouvelle gestation, ce qui heureusement put être évité. On décida alors de maintenir cette personne au lit pendant toute la durée de sa grossesse avec une alimentation appropriée et une désinfection constante des voies urinaires et elle put conduire dans des conditions satisfaisantes la gestation jusqu’au début du huitième mois où elle accoucha d’un enfant prématuré, au mois de juillet, lequel était bien constitué et qui, élevé avec les précautions d’usage, s’est développé dans des conditions normales.
Quant à la mère, revue il y a quelques semaines, elle était dans une condition aussi satisfaisante que possible au point de vue physique comme au point de vue psy-
J. Forestier 3
Re ME
chique. La colibacillurie avait disparu, Pétat psychique était très voisin de la normale, avec toutefois une dysmnésie légère; le ‘syndrome parkinsonien avait com-
plètement disparu.
Dans cette observation, comme dans l'observation précédente, nous constatons fle même parallélisme entre les poussées colibacillaires et l’état psychique de la malade.
Dans ces deux cas, la confusion mentale a guéri ou s'est considérablement améliorée grâce à un traitement précoce. Mais il peut arriver que l'état confusionnel passe à l’état chronique et peu à peu se transformer en état schizophrénique. C'est ce qui s’est
passé dans l'observation suivante.
OBSERVATION III
(Communiquée par M. le Docteur Baruk. Elle sera publiée dans une lecon sur les rapports de la confusion mentale et de la schizophrénie, par M. le Docteur
Baruk.)
Mme R. E... est malade depuis le mois de juin 1930. Le début de la maladie est survenu à la fin d’une grossesse, par une pyélonéphrite à colibacilles qui s’atténue assez rapidement. L'accouchement a été normal, puis trois semaines après, apparaissent de la tristesse, un état subconfusionnel. La malade est conduite se reposer à la campagne pendant quelques semaines. Une légère amélioration survient et la malade revient à Paris au mois :
de septembre.