‹ Les Psychoses ColibacillairesChapitre 22 sur 42 · ER CHE · texte numérisé non relu

ER CHE

Elle revient à Paris le 16 octobre, elle se couche, et présente alors de la somnolence interminable, de lanorexie, sa torpeur est extrême, mais il n’y a pas de délire.

Les urines restent bourrées de colibacilles mais sans pus, leur couleur est moirée. Il y a un mois, elle manifeste subitement de l’excitation, du délire. Elle entre chez son mari à 1 heure du matin et dit : « C’est abominable, cette infirmière est la dernière des criminelles.» Elle éprouve une sensation de mort imminente, elle est poursuivie par les Bolchevicks, la tchéka, etc.

Enfin, il y a 4 jours, elle présente de la raideur musculaire.

Telle est l’histoire de la malade rapportée par le mari.

Examen le 20 novembre 1932 (malade vue par MM. les Docteurs Baruk et Laporte).

L'aspect de la malade est fatigué, elle est couchée au lit, le regard vague.

Elle refuse d’abord de répondre. Elle a des idées de négation : Elle n'existe plus, elle ne sait même pas où elle est. Le docteur qui est en face d’elle n’est pas le docteur, son mari n’est plus lui-même. La chambre ellemême est truquée. Les personnes qui sont autour d’elle sont des « baudruches ».

Elle à des hallucinations, elle entend des bruits, tout d’un coup, elle s’arrête et dit : « Vous voyez, vous venez d'entendre? » Elle a entendu, dit-elle, un bruit de chute, comme des morceaux de bois qui tomberaient.

La malade a des hallucinations psychiques probables avec syndrome d'influence : elle ne se sent pas libre, elle est commandée. On lui commande de fermer les yeux, elle ouvre les yeux et dit : «Oh, je fais quelque chose

défendu. » Elle ressent l’écho de ses actes, elle entend.

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répéter ce qu’elle fait, elle n’y comprend plus rien. Tout

est brouillé. Elle doit, dit-elle, probablement purger une peine. Elle se fatigue vite, elle s’interrompt dans la conversation et par moments elle paraît absente.

Elle présente, en outre, une raideur active très intense, un véritable état de négativisme, ses doigts sont serrés dans la paume de la main. Si on veut lui faire plier le bras, elle cherche à l’étendre; si on veut l’étendre, elle fait un effort de flexion énorme. Elle présente une occlusion émergique de la bouche. |

Depuis 2 jours, elle refuse de façon absolue de s’alimenter. Son haleine est mauvaise, son état général est mauvais, sa constipation est opiniâtre.

Le dernier examen d'urine pratiqué en août dernier montrait des urines opalescentes, il n’y avait pas de pus, mais elles étaient bourrées de colibacilles.

Il s’agit en résumé d’une malade ayant un long passé de troubles intestinaux et hépatiques avec pyélonéphrite ancienne, ayant évolué au point de vue psychique vers

un état catatonique.

Ces jours derniers, M. le D' Laporte a fait appel à M. le Professeur Vincent pour voir la malade, celui-ci a prescrit son traitement contre la colibacillose, mais en faisant des réserves quant à son efficacité, étant donné l'ancienneté de l'affection.

Nous croyons devoir rappeler que ce traitement consiste en injections sous-cutanées d’un sérum anticolibacillaire préparé d’après les résultats de travaux

expérimentaux que nous exposerons à propos de l’affi-

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nité neurotrope du colibacille et de ses toxines pour le système nerveux central.

L'expérience a montré, en outre, que le sérum ne passe au travers du rein que s’il existe une altération du filtre rénal, M. le Professeur Vincent conseille donc, en cas de pyélonéphrite intense, pour atteindre Île germe dans ses derniers retranchements, de pratiquer un traitement local : lavages du bassinet, faits non seulement avec du sérum, mais encore avec une solution antiseptique (solution d’azotate d'argent).

Enfin, quand il existe des troubles intestinaux importants, M. le Professeur Vincent préconise en même

temps l'absorption de sérum par voie digestive.

A la suite du traitement, les urines de la malade se sont éclaircies un .peu, mais les colibacilles ne sont pas entièrement-disparus.

L'état mental s’est un peu amélioré. La catatonie a disparu, la malade parle un peu, mais reste encore mé-

lancolique, anxieuse.

Ce traitement date de quelques jours. Au moment de notre rédaction, on ne peut prévoir comment se fera l'évolution, et si de nouvelles améliorations se

produiront.

OBSERVATION IV

(Communiquée par M. le Professeur H. Vincent.)

« Enfant F.. X.., âgé de 11 ans et demi. Antécédents

« héréditaires chargés. Grand’mère maternelle «bizarre »

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