PATES
était pleine de pus, tandis que du côté droit cette partie moyenne était saine. On ne trouva pas de carie osseuse ni trace de thrombose veineuse.
Durant la vie aucun symptôme n'avait appelé l’attention de ee côté. Les ventricules étaient dilatés et pleins de pus.
Le bacille trouvé était abondant et avait les carac-
tères morphologiques et de culture du colibacille. L'auteur fait remarquer que dans les cas rapportés par Dr Alloco en 1900 dans le journal La Riforma Medica par Nobécourt et Du Pasquier dans le Bullelin de la Société de Pédiâtrie de Paris en 1902, et par Concetti au Congrès de médecine de Paris en 1900, les méningites à colibacilles signalées, étaient accompagnées par un sévère état intestinal.
Dans les Bulletins et Mémoires des Hôpitaux de Paris, en 1914, Braillon et Pierre Merle publient une observation de méningite à colibacille ; ils écrivent sous le titre : « Méningite aiguë à colibacille. Evolution vers la guérison. Mort par épendymite suppurée »
« Si les traités classiques citent le colibacille comme « un facteur banal des méningites aiguës, il ne semble « pas que cette opinion soit justifiée par des docu- « ments très nombreux.
« L’envahissement rapide des tissus par le coliba- « cille après la mort enlève toute valeur aux études « bactériologiques pratiquées sür le cadavre. En ce «qui concerne les méninges cette migration peut pré- « céder l'instant fatal et le colibacille a pu être trouvé
« dans le liquide céphalo-rachidien à la période ago-
ATOS
« nique dans un cas de méningite à laquelle il était « étranger (Griffon et Abrami, Société médicale des « Hôpitaux ; 1906).
« En ne tenant comple que des cas pouvant se « réclamer de l'étude bactériologique du liquide « céphalo-rachidien retiré sur le vivant, nous n'avons « pas, en parcourant les bulletins de notre société de « ces dernières années, si riches pourtant en observa- « tions de méningites de toutes espèces, rencontre « d'exemple de méningite aiguë suppurée dans lequel « le colibacille ait eu le rôle pa:hogène essentiel. « Lemierre rapporte dans sa thèse une observation « prise dans le service du Professeur Widal de « méningite colibacillaire d'origine utérine. C'est la « seule observation chez l'adulte mentionnée dans « l'article si documenté de Hutinel et Roger Voisin «(Traité de médecine, Brouardel, Gilbert, Thoinot : « Maladies des méninges, P. 228).
« D’après ces auteurs la méningite à colibacille « serait une forme presque spéciale à l'enfance : Nobé- « court et-Du Pasquier (Bulletin de la Société de « Pédiâtrie 12 novembre 1902) en particulier ont rap- « porléun cas de méningite colibacillaire à liquide « purulent lerminé par la guérison chez un nourrisson « de sept mois.
« Nous avons observé dans notre servicé de la cli- «nique médicale de l'Ecole de médecine d'Amiens un cas de méningite aiguë suppurée dans lequel «€ nous avons pu nous convaincre du rôle pathogène
« exclusif du colibacille. Comme dans le cas de Lemier-
Pre
« re, l'infection parait avoir été consécutive à une
infection utérine d’origine puerpérale, la longue « durée de la maladie, ses particularités cliniques, le « mécanisme de la mort ont paru donner à notre « observation un intérêt suffisant pour qu'elle vous « soit rapportée, »
Dans cette observation que nous résumons, il s’agit d’une femme de 27 ans ayant fait chez elle une fausse couche de trois mois. Elle entre à l’Hôtel-Dieu d'Amiens.On pensa tout d’abord à une crise d'éclampsie, On pratiqua une saignée qui n’amena pas d’amélioration. La température restait élevée, la malade fut mise dans une chambre de la section des contagieux. Au pourtour des lèvres et sur les joues, on remarqua des plaques croûleuses paraissant faire suite à une éruption d'herpès, la température était de 39°. La malade présenta de l'agitation, elle délirait, puis survint de la raideur généralisée, la raideur de la nuque était intense avec signe de Kernig, il existait un signe de Babinski bilatéral.
On pratiqua une ponction lombaire qui ramena un liquide trouble très purulent. On injecta immédiatement 23 cmc. de sérum antiméningococcique, on répéta les ponctions et les injections dans les jours suivants. Le liquide céphalo-rachidien fut ensemencé sur des milieux différents.
La température restait oscillante, les contractures toujours très accusées. La malade laissait échapper ses urines, l'état d’inconscience dans lequel elle se
trouvait était presque complet.