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des relations intimes entre les manifestations gastriques
cont se plaignent les hypochondriaques et les manifestations psychiques de cette affection.
Pour WuHyYTT (1777) lorsque l'estomac et l'intestin con-
tiennent des vents ou quelque humeur nuisible « il ar- - rive quelquefois que le cerveau est tellement affecté que
Jon perd la raison. »
Pour CaBanis (1862), « certaines dispositions organiques de l’estomac, quand elles sont portées à leur dernier terme, tantôt se transforment en démence et en fureur.. tantôt accablent et stupéfient le système nerveux par l'intensité, la persistance et l'importunité de leurs
impressions ; d'où s’ensuivent et la résolution des forces
et l’imbécillité. » |
GUISLAIN (1797-1860), le savant aliéniste belge, s’étonnait du doute qu'on pouvait émettre sur l'influence de l'estomac. « Qui n’admet, disait-il, les rapports entre l'estomac et les actes cérébraux, l'influence de cet organe exalté dans sa sensibilité par le jeûne, par l’'inflammation, par une affection morbide quelconque ? Il y a des personnes, ajoute cet auteur, qui se plaignent à certaines heures de la journée, après le dîner, par exemple, de ce qu’elles ont de singulières idées ; elles ont des pensées qu'elles ne voudraient pas avoir ; elles voient tout avec indifférence, elles se chagrinent. »
Il suffit de quelques heures pour que cet état d’hypochondrie disparaisse. Il à observé une femme qui, chaque fois qu'elle était constipée, avait des hallucinations auditives et visuelles
Pour LEBLANC l'hypochondrie consiste dans un spasme
Me pese
de l'estomac et de l'intestin ; le trouble des idées n'est qu'un symptôme de la maladie.
EsquiroL (1772-1840), pensait que certaines mélancolies étaient dues à un déplacement du côlon transverse.
SPURZHEIM, HUFELAND, trouvent une folie abdominale.
BAYLE. élève d'Esquirol, citait les désordres cérébraux secondaires à l’entérite et à la gastro-entérite. BERG- MANN a voulu prouver que la mélancolie et la manie dépendaient souvent d’un rétrécissement du côlon.
HoLTHOF pense que le catarrhe duodénal chronique peut devenir la condition d’affections mentales sérieuses chez les individus prédisposés ; non seulement cet état mental prend la forme de l'hypocondrie, mais il péut arriver à la mélancolie avec idées de persécution, d'indignité, exagération maladive de la conscience. ;
CHOMEL disait : « Quand je vois un malade en proie au délire, je suis entraîné à en rechercher la cause dans les organes éloignés, avant de la demander au cerveau » tant il était convaincu de la fréquence de ce délire que FOoviLLe appelait réflexe au sympathique, c'est-à-dire consécutif à une excitation périphérique transmise au cerveau, et il accorde un rôle important à l'estomac et secondairement à l’anémie dans la production de l’hypochondrie et de la folie. |
Pour BEAU, qui dans sa magnifique conception des troubles réactionnels des dyspepsies synthétisait en un corps de doctrines les idées-de ses devanciers, il n'y avait pas d’hystéro-hypochondrie véritablement idiopathique « Celle qui paraît être le moins symptomatique dépend toujours d’une gastropathie. »
Selon F.-J. GALL (1758-1828), les folies curables sont
d'origine digestive et les incurables d'origine cérébrale.
Le célèbre Philippe PINEL (1755-1826), place le siège primitif de l'aliénation mentale dans la région de l’estomac et des intestins. Il suppose que c'est de ce centre que se propage comme par une espèce d'irradiation, le trouble de l’entendement ; de même le foie provoque
l’hypochondrie par action reflexe.
Dans l’école somatique allemande, FRéDÉRIC NAssE, JACOBI, adoptent l'opinion de LOBSTEIN qui consiste à placer le siège de la manie et de la mélancolie dans le ventre.
De même WILHELM GRIESINGER (1817-1868), NICOLAUS FRIEDREICH (1825-1882), SCHRŒDER VAN DER KOLK, VERING,.
RosexxeIM et EwaLr, MAYER et PriBRAM reconnaissent
l’aliénation d’origine digestive.
Duroûr rattache la cause de la folie au plexus ner-,
veux du ventre.
PROST à la muqueuse gastro-intestinale ; pour lui, les prodromes consistent souvent en troubles divers se produisant du côté des voies digestives.
Pour Broussais (1772-1838), les causes morales ne produisent la folie qu'après avoir développé et entretenu pendant quelque temps des inflammations gastriques, « comme si l’encéphale avait besoin, chez certains sujets, de la réaction des viscères pour arriver à un haut degré d’irritation. » Pour lui lhypocondrie était la conséquence d'une gastro-entérite réagissant sur un cerveau prédisposé.
TosTAIN (1870), dans sa thèse, admet que la cause première de l’hypochondrie réside souvent dans l'estomac
affecté, soit dans sa sensibilité, soit dans ses propriétés vitales, ce qu’il essaye d'expliquer au moyen de la gas tralgie hypochondriaque.
En 1880, BEarp, de New-York, décrit la neurasthénie et lui reconnaît pour cause l'épuisement cérébral, spi-
nal, sexuel et gastrique.
En 1881 LEVEN décrit sa maladie cérébro-gastrique
dans laquelle la sensibilité, les facultés de l'esprit, les instincts, les organes des sens, la motilité, le sens musculaire sont fonctionnellement troublés. Il décrit son régime alimentaire dans la neurasthénie. A la même époque BOUCHARD étudie les manifestations psychiques (hailucinations, etc.) dues à la dilatation d'estomac.
CH. HESSE, J. STEINER, DE BACKER, HENOCH,. SYDNEY RINGER, BOUCHUT, CH. WEST, 16 CoMmBY, MoizaARD étudient les terreurs nocturnes des enfants. Ils émettent l'opinion que l’origine de ces terreurs réside habituellement dans les troubles de la digestion, particulièrement. des enfants dyspeptiquss.
BETTENCOURT RODRIGUES (de Lisbonne) explique les troubles de la raison par l’auto-intoxication d’origine digestive.
RÉGIS, ALT, DEBOVE et RÉMOND, admettent l'existence d'une folie gastro-intestinale et Lambert va même jusqu'à dire, en parlant du délire des persécutions : « Il est souvent préparé par une neurasthénie reposant sur une affection gastro-intestinale, accompagnée de tristesse hy- -pochondriaque. » :
CLIFFORTD ALLBUTT, WILLIAM DALE (1873), NEFTEL (1889), MERCIER, reprenant les idées déjà anciennes de
Tissot et d'Alexandre de Tralles pour qui la migraine était une réponse du cerveau aux souffrances de l’estomac, décrivent la céphalée et les accès de migraine d'origine digestive. :
BRUGELMANN (1883) décrit une hémicrania gastrica, ca-
ractérisée par une période prodromique où les troubles dyspeptiques sont exagérés, un accès éclatant à l'occasion d’un écart de régime, enfin une période post-mi-: eraineuse dans laquelle le malade éprouve une sensible amélioration dans sa digestion gastrique.
. H. Heap (1893), Knup FaBer (1899) ont montré que les gastropathies déterminaient quelquefois par voie réflexe des hyperesthésies cutanées dont la topographie, par sa constance, ne serait pas, pour ces auteurs, sans valeur diagnostique. H&NEL (1901) et GuILLAIN (1901), ont fait des observations analogues.
QUAIN, GREENHOW, DOUSE, HUCHARD et DENIAU, ROSEN- THAL, DÉJERINE, HUTINEL, GILBERT-BALLET, étudient l’anorexie mentale que Déjerine range parmi les psychoses. Pa
VILLEMAIN (de Vichy) signale à la suite des grandes débâcles diarrhéiques, des lipothymies et même des syncopes et il attribue ces phénomènes à l’anémie cérébrale consécutive à l’affiux sanguin qui se produit vers l’andomen, après une déplétion intestinale brusque.
SALLARD, LŒPER, observent des cas de syncope chez les constipés chroniques.
MIRALLIÉ (1907) rapporte un certain nombre d’observations dans lesquelles sont décrits au cours de l’entérocolite les phénomènes suivants : agitations et terreurs
nocturnes, modifications du caractère, retard de développement du système nerveux, migraines, convulsions et ‘épilepsie, chorée, méningisme. Ces accidents s’atténuent ou disparaissent à la suite d’un traitement dirigé contre la colite, et sont attribués par M. Mirallié à des phénomènes réflexes qui se produisent avec une extrème facilité chez des enfants prédisposés.
MiLLoN et MARRE (| 1911) étudient les pertes de connaissance dans les réactions d'origine colique et Siredey les tendances lipothymiques dans certaines formes de l’appendicite chronique. D
M. le Professeur agrégé LŒPER (1911) rapporte de nouvelles observations du vertige intestinal et crée une théc rie pathogénique nouvelle tout en réservant aux certains cas l’ancienne théorie reflexe.
M. le Professeur ALBERT ROBIN observe maintes fois l'influence des troubles stomacaux sur les convulsions des enfants, sur certains tics, sur quelques cas de spasmes fonctionnels, sur les mouvements choréiformes survenant chez des névropathes à l’occasion d’un accès de dyspepsie hypersthénique ou de fermentations gastriques. Dans ces cas la réalité de l'influence stomacale est toujours confirmée par le succès du traitement gastrique.
CAUTRU, cité par le Professeur Albert Robin, a vu deux petites filles choréiques chez lesquelles les accidents conetituaient une sorte de réflexe dont le point de départ était une entérite muso-membraneuse, qu'un régime e“ une saison à Châtei-Guyon ont .guéris.
À. MATHIEU a rapporté un cas où les troubles digestifs avaiént provoqué des crises d’épilepsie jacksonienne,
avec ou sans perte de connaissance, chez ‘ne malade atteinte d’athétose post-hémipiégique, due sans doute à une lésion organique des centres moteurs des membres.
M. DE FLEURY, dans une communication à la Société de thérapeutique s'exprimait ainsi au sujet des épileptiques : « Chez ces malades, on peut faire prévoir quelques jours à l'avance la venue de l'attaque ; la tension artérielle s'abaisse ; l'estomac gargouille ; l’haleine de-
. vient forte : après quoi, la tension artérielle se relève
rapidement. » Il admet avec GILBERT BALLET, MARINES- CO, SÉRIEUX, BLOCQ, BONNET, GRIFFITHS, FERRANINI, AÀS- TER et SMITH, que l’épilepsie à forme gastro-intestinale dépend d'une awto-intoxication d'origine alimentaire, mais il admet aussi que la théorie reflexe peut avoir sa part de vérité.
BERGMANN, GEORGET, BURROW, le Professeur WIEDE- MANN admettent les troubles de la digestion comme source de l’hypochondrie et nous relatent les cas d'altération du foie qu'ils ont trouvées à l’autopsie des mélancoliques.
GILBERT et LEREBOULLET décrivent la neurasthénie biliaire, dans laquelle ils ont tracé la psychologie des cholémiques faite d'humeur triste, d’indécision, d’aboulie.
KLIPPEL crée le terme de folie hépatique, comme Dieulafoy a construit celui de folie brightique, et il semble
‘même refuser tout caractère spécifique au délire alcooli-
que. Il est rationnel, d’après lui, d'admettre qu’en dehors de tout alcoolisme, le délire, dans le cas d’autointoxication hépatique, puisse revêtir la forme clinique qu’il a chez l’alcoolique, et les délires des névropathes, sr
AN en
souvent déterminés par auto-intoxication, ne seraient pas sensiblement différents de ce qu'on observe dans Falcoolisme. Cette opinion n'est généralement pas admise et pour la grosse majorité des auteurs la confusion mentale du constipé, de l’inanitié, de l’hépatique, de l’auto-intoxiqué, en un mot, n'est pas celle de l'alcoolisme. « Ce délire calme, moins inventif, se ressent, disait Lasègue,
de l'engourdissement ou plutôt de l'indifférence intellec- :
tuelle du malade. »
En outre certains auteurs, CULLERRE entre autres, n’admettent pas du tout la folie hépatique de Klippel.
M. le Professeur agrégé, LAIGNEL-LAVASTINE fait des épreuves de glycosurie alimentaire et la trouve souvent positive. à
Pour lui la glycosurie alimentaire, quand elle est positive au cours des délires, s'ajoute aux signes tirés de l'analyse sémiologique psychiatrique pour faire le diagnostic de délire toxique. La glycosurie et le délire suivent dans ces conditions une marche superposable, et il est possible, dans certains cas, d'établir une véritable courbe de la glycosurie parallèle à celle de l’évolution du délire.
Pour GUICHARD (de Lyon) la disparition parallèle de la glycosurie alimentaire et du délire, quelle qu'ait été la durée de leur évolution, est en général d’un pronostic favorable.
Si au contraire le délire n'a pas complètement cessé, ou si l’état mental présente encore des réactions d'ordre pathologique, lorsque la glycosurie à disparu depuis un
certain temps (deux mois environ), le pronostic mental! doit être très réservé.
HUTCHINSON, BRIDGER, PIERRET, FEYAT, ALESSI, FURST et STÔLCHER étudient la confusion mentale aiguë par refention fécale au sujet de laquelle Villemin disait : « 1a constipation provoque de la céphalalgie, des vertiges, de l’insomnie, des congestions de la tête, des bourdonnements d'oreilles ; le caractère devient irritable et triste, la sensibilité générale s’exalte, et l’on voit survenir la mélancolie hypochondriaque. »
CAMPBELL CLARK s'appuyant sur quarante cas minutieusement observés attribue à la constipation un rôle causal dans la folie puerpéraie.
Haye et Lion créent le terme de parapsychose ; ces parapsychoses peuvent d’ailleurs pour eux se terminer par la vésanie
« Parfois, disent-ils, ces états de parapsychose prennent tout à coup une allure subaigué bouvant se terminer par un suicide ou par l'apparition d’un état vésanique nécessitant un prompt internement. »
Toutes ces questions, de psychoses d'origine digestive, un peu abandonnées ou remises au second plan ont été reprises dans les ouvages de M. le Professeur ALBERT ROBIN, qui consacre de nombreuses pages aux retentissements nerveux et psychiques de la dyspepsie et rapporte plusieurs observations typiques.
Depuis, les travaux de RéGrs, de LEVEN, de L. PRON, de ALBERT ROBIN et LAIGNEL-LAVASTINE, AD. SCHMIDT, PLô- NIES, TAILLENS (de Lausanne), HANS HERZ, PRUNIER (apparition du syndrôme confusion mentale dans les auto-
intoxications par retention des poisons d’origine intestinale), etc., ont beaucoup contribué à l'étude de cette question si importante à connaître au point de vue ‘hé- | rapeutique. À
Depuis la plus haute antiquité, les auteurs ont mis sur
4 le compte de la sécrétion biliaire différentes modifica-
tions du caractère ; le tempérament bilieux occupe une large place dans leurs ouvrages ; et, pour eux, les états dépressifs sont étroitement liés à un trouble fonctionnel de la glande hépatique. Pour les anciens, les mélancoliques étaient, avant tout, des gens « qui se font de la bile », ont une tendance marquée à la tristesse, s'exagèrent les difficultés de la vie, et qui, redoutant d’échouer dans leurs entreprises, en arrivent à désirer la mort et parfois même à se la donner. Reprenant ces idées des anciens, le Professeur Pierret disait que chez certaines personnes qui ont des vomissements bilieux, la bile sécrétée en excès peut passer dans l'estomac, s’altérer dans cette poche et donner naissance ainsi à des produits tox1ques. Il aurait souvent observé des phénomènes nerveux et psychiques consécutifs aux troubles hépatiques, basait là-dessus sa thérapeutique et croyait à l'existence des types atrabilaires, des formes de mélancolie causées
JON FPE
par la résorbtion du liquide biliaire et par l’altération des humeurs. On sait, en effet, actuellement, que les troubles hépatiques ont une action évidente sur le cerveau, qu'il s'agisse de bile résorbée ou qu'il s'agisse d'un état d'atonie du foie dans lequel il ne modifie plus les substances toxiques de déchet. Mais toutes ces relations de cause à effet étaient plus soupçonnées qu'établies jusqu'au jour où MM. GILBERT, Læ- REBOULET et HERSCHER ont appliqué à l'étude du tempérament bilieux les méthodes de laboratoire, et, par des. procédés de dosage et des réactifs titrés, ont pu déceler, dans le sérum sanguin de certains malades, la présence de pigments biliaires (cholémie) et en évaluer le taux.
Le tube digestif peut donner naissance à des matériaux toxiques, produits de fermentations pathologiques qui doivent être neutralisés par le foie et Bouchard nous a montré la dilatation souvent associée à des congestions hépatiques répétées. Cependant pour MM. Charrin, Roger et Garnier, Beuckart et Dehon, Falloise, etc., la fonction antitoxique du foie serait lente, peu efficace et le principal rôle dans la neutralisation des toxines digestives reviendrait à la muqueuse intestinale elle-même, Quant à l'estomac, on sait que c’est l'organe antiseptique par excellence, en vertu du pouvoir qu’il possède de sécréter un suc acide, capable d'empêcher les fermentations alimentaires et microbiennes. En effet, il est placé à l'entrée de l'intestin, .comme pour épurer les matières alimentaires qui contiennent une flore microbienne trop abondante ou qui sont susceptibles de dégager des gaz toxiques. Son fonctionnement normal est donc un des
modes de protection de l'organisme, mais il en serait tout autrement dans les dyspepsies et surtout dans la dilatation de l'estomac : le suc gastrique est sécrété en quantité insuffisante ; il est moins acide qu'à l'ordinaire, ou bien il y a dilatation avec stase alimentaire due à l’atonie du muscle gastrique. Il se forme alors des produits | toxiques en excès : acide lactique, acide acétique, acide butyrique, des acétones, des ptomaïnes, la pepto-toxine de Brieger, l'acide éthyl-acéto-cyanhydrique de Bovet, etc. qui sont absorbés, passent dans le sang et provoquent du côté du cerveau des troubles qu'on connaît : la céphalée, lapathie intellectuelle, la tristesse, l'angoisse et même des syndromes psychiques plus ou moins complexes. L’auto-intoxication d’origine intestinale a été beaucoup étudiée ces temps derniers. Son rôle dans l’éclampsie a
été signalé déjà en 1868 par Senator, puis en 1887 par
Bouchard. Il y aurait chez les éclamptiques constipation et hypertoxicité du contenu intestinal. Pour Fabre et. Guillemard, il existerait dans l'intestin des éclamptiques un poison spécial se rapprochant des lipoïdes, solubla dans l'alcool, hypertenseur et fixé par les pigments des selles. Ce poison est rapidement convulsivant si on l'injecte dans les veines du lapin ; plus lentement, si on l'injecte dans les tissus. Tout récemment, “Lœper étudiait l'hypotensine, produit de sécrétion des glandes intestinales, dans ses rapports avec les états vertigineux et Prunier, dans une thèse réunissait beaucoup d'observations du syndrome, confusion mentale due à l’auto-intoxication par rétention des poisons d’origine intestinale. Depuis la célèbre découverte de Proschacka, on étudia
beaucoup l'influence réflexe du tube digestif par l’inter-médiaire du sympathique (Lobstein, Griesinger, Billroth, etc.) et l'on créa le terme de folie sympathique ;:
Trousseau disait que le vertige d'estomac est le résultat. d’une action réflexe sur la circulation cérébrale, à point.
de départ gastrique ; d’autres admettaient qu’une excita-
tion réflexe de l'écorce cérébrale et du bulbe sous l'in-
fluence de l’irritation exercée sur une muqueuse gastri-
que sensible par l'HCI en excès aidé des acides de fer--
mentation, pouvait provoquer des crises d’épilepsie et divers états convulsifs. C’est par le même procédé de lirritation reflexe qu'agiraient les vers intestinaux et les re-
pas trop copieux qui provoquent la crise avant que la di-
gestion ne leur permette d'agir chimiquement (Albert.
Robin).
L’helminthiase intestinale joue, en effet, quelquefois
un rôle dans la genèse de certaines psychopathies. Esqui-
rol avait déjà relevé le fait. Franck, bien avant lui, attribuait la fréquence de la manie chez les Juifs de Lithuänie à la présence d’ascarides dans l'intestin. Morel ra-
conte l’histoire d’une dame devenue excentrique et bi-.
zarre, dont l’état mental s'’améliora subitement après
expulsion d'un taenia. En effet, de tous les plexus ner-.
veux de la vie végétative, le plexus solaire est le plus important, tant en raison du nombre et du volume des filets qui le composent qu'en raison de sa situation et de son rôle. De sorte que Beau disait déjà que si la boîte crânienne renferme le centre nerveux de la vie de relation, la région épigastrique renferme celui de la vie Or-
É | : ÿ Re j ganique. On sait qu'un contact quelconque exercé sur la
paroi abdominale, surtout en certains points, met en
branle le plexus solaire qui, à son tour, par une excita-
tion arrivant à l’encéphale, modifie l’état de fonctionne-
ment du cerveau où du bulbe : Une simple pression sur la région épigastrique détermine, chez certains dyspeptiques, une sensation d'étouffement, souvent une syn- ‘cope ; le pouvoir réflexe des plexus nerveux sympathiques est si grand, qu'un choc épigastrique peut déterminer la mort.
La théorie réflexe explique aussi les malaises peimsnents, tels que l’affaiblissement des facultés intellectuer-
les, perte de mémoire, psychose plus ou moins caracté-
risée. [ci on fait intervenir l'irritation chronique des cellules cérébrales qui va d’ailleurs bien avec la marche -envahissante des phénomènes morbides : un trouble survenu dans l'estomac produit une impression morbide ‘sur le Cerveau et par suite dans la conscience ; le même trouble, revenant quelque temps après, trouve déjà 1e Siège de la conscience commencé, parce que l'impression précédente à laissé une trace de son passage ; plus cette impression se répètera, plus l'effet produit sera intense ‘et durable et au bout d'un certain temps, un trouble permanent sera constitué. C’est précisément ce qui arrive “dans la dyspepsie: au début, phénomènes cérébraux “apparaissant d’une façon intermittente, tous les 15 jours, par exemple, puis, au fur et à mesure que l'irritation cérébrale augmente, tous les 3 jours, tous les jours, avec ‘exaspération au moment des malaises gastriques. À :a période ancienne de la maladie, « alors que le système
nerveux gastrique ne parvient jamais à récupérer son
état normal, le sujet est plongé dans un état constant d'obnubilation intellectuelle et de mélancolie hypochondriaque : à cette période, la moindre cause est susceptible d'agir puissamment sur les fonctionns psychiques ; l'ingestion d’une boisson ou d’une parcelle d’aliment qui n'est pas supporté par l'estomac détermine immédiatement un vertige ou aggrave les troubles mentaux : amnésie, aphasie, etc. Le malade sent très nettement qu'il monte de son estomac vers son cerveau une irradiation néfaste : cette effluve morbide dure plus ou moins longtemps et laisse une trace plus ou moins durable. » (Pron). En somme toute modification apportée dans l’état fonctionnel du plexus solaire est transmise immédiatement au cerveau ; il en résulte des modifications, SOI dans la circulation cérébrale, vaso-dilatation ou constriction avec anémie ou hyperémie, soit et à la longue dans la vie intime et la structure des cellules cérébrales elles-mêmes et Potain disait que la même excitation peut produire des effets différents : « Une excitation partie de la membrane muqueuse de l'estomac peut avoir son retentissement sur le cerveau, le poumon, le cœur, le foie, l'intestin, les muscles et la peau, et, dans chacune de ces parties de l'organisme, elle peut, suivant les circonstances produire des effets différents, voire même opposés, congestions, ischémie, hyperémie, spasmes, convulsions, paralysies, etc... » :
En somme, la théorie de l’auto-intoxication très en faveur est impuissante à expliquer certains syndromes, par exemple ceux qui apparaissent brusquement ; par contre la théorie reflexe semble expliquer à peu près tous