‹ Les Psychoses d'Origine DigestiveChapitre 11 sur 29 · DRE PAUL · texte numérisé non relu

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les phénomènes morbides, surtout si l’on admet comme - point de départ du reflexe l’irritation de la muqueuse À gastro-intestinale, engendrée par les produits résultant des fermentations pathologiques. Cependant il faut se * garder, ici comme ailleurs, d'apporter aux problèmes de

la pathologie humaine un esprit d’absolutisme, incom-

patible avec la complexité des phénomènes de la vie ; 1 | suffit, en effet, en matière de biologie, de poser une règle | absolue pour être forcément, une fois ou l’autre, à côté de la vérité : « sous l'influence d’un état névropathique héréditaire ou acquis et dont les manifestations ne dépassent pas ce que l’on appelle le nervosisme, dit M. le Professseur Albert Robin, se crée un trouble dyspeptique. Puis, par divers mécanismes parmi lesquels on peut citer : les actes réflexes, l’intoxication ou mieux l'irritation par les produits d'une digestion anormale, le défaut de synergie fonctionnelle entre les divers organes, les vices de l'assimilation et de La nutrition, la déminéralisation nerveuse, etc., ces troubles dyspeptiques retentissent sur le système nerveux auquel ils doivent leur

mise en train.

« Ces divers mécanismes, parmi lesquels il serait vain

: ‘ de spécifier un choix, cultivent en quelque sorte le terrain névropathique, développent ses tares latentes et exagèrent ses manifestations jusqu’à leur donner parfois l'expression démencielle. Mais la caractéristique de ces manifestations, c’est qu’elles guérissent ou sont atténuées par le traitement des troubles gastriques, intestinaux ou hépatiques qui les suscitent, et c’est cette action de traite-

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ment qui les distingue des psychoses reconnaissant une autre origine. » (Albert Robin).

Troubles Psychiques élémentaires de Régis. — (Zelebrale Functions-siôrungen des auteurs allemands.) M. le Professeur Albert Robin distingue deux grands groupes de psychoses d’origine digestive, suivant qu'il s'agit d'états psychiques caractérisés par une dominante symptomatique ou d'états caractérisés par une systématisation de symptômes qui fait rentrer ces états dans les classifications courantes en pathologie mentale. Chacun

de ces gorupes comprend d'assez nombreuses variétés.

Ce sont des symptômes psychiques isolés ou des syndromes psychiques incomplètement dessinés ; 1ls sont tantôt qualifiés troubles nerveux, tantôt étiquetés psychoses.

« C’est que les troubles nerveux et psychiques s’intriquent si souvent qu'on ne peut les dissocier. De plus, beaucoup de syndromes mentaux facilement reconnus quand ils sont au complet et bien accentués passent inaperçus des médecins, quand ils ne sont quesquissés. Ils sont alors confondus sous l'étiquette plus ou moins vague de troubles névropathiques. »

I. Etats vertigineux. — Ces états rentrent dans le cadre du VERTIGE STOMACAL. (Vertigo a stomacho laeso de Tro1sseau, verligo per consensum ventriculi des anciens auteurs).

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C'est une sensation subjective de désorientation, de perte d'équilibre, la conscience d'un trouble de coordination motrice. Cette sensation peut aller du simple éblouis- * sement ou étourdissement banal jusqu’au vertige le plus

caractérisé, jusqu’au tournoiement.

Si on abuse quelquefois de ce diagnostic, il paraît ce-

\e MAS pendant excessif de vouloir nier son existence. Son origi- M ne gastrique ne fait de doute pour personne et le traite- | ment stomacal en a rapidement raison. (Albert Robin, Blondeau et Ramskyll). Bouchard le signale dans 17 %, des cas de dilatation d'estomac.

Ce vertige se produit surtout quand l'estomac est vide, Si le malade parle à haute voix, le vertige s’accentue. La. conscience demeure intacte dans tous les cas. Une sensation de vague ou de vide se produit dans la tête » ; le sol semble manquer de stabilité sous le pied du malade qui vasille et est obligé de prendre un point d'appui sur les objets environnants ; quelquefois même, il voit tout tourner autour de lui ; s’il parle à haute voix, le vertige s’accentue ; les idées deviennent difficiles à fixer ; des sifflemetns d'oreille, des étourdissements ajoutent encore au malaise.

« Dans des cas plus accentués, le malade peut même tomber, avec la sensation d’un évanouissement qui ne se réalise jamais complètement, car la conscience demeure intacte dans tous les cas.

« À quelque degré que soient portés les accidents qu'i éprouve, jamais en effet, le malade ne perd la constience de ses actes ; jamais, alors même qu'il tombe, il ne perd connaissance, jamais il ne se méprend sur la nature de

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ces sensations bizarres, de ces hallucinations dont il peut être effrayé.

» Qu’au plus fort du vertige le malade s’assoie où 5'£'onde, celui-ci diminue très rapidement. » (Albert Robin).

En général, il apparaît de préférence le matin, quand l'estomac est à jeun, ou quelques heures après le repas, au moment où la difficulté de la digestion est à son maximum et où le centre nerveux gastrique adresse au ‘erveau ou plus exactement au bulbe une excitation morbide 5 par l'intermédiaire du X (Jaccoud, Albert Robin, Leven). Il est ordinairement calmé par l’ingestion, d'aliments. Plus rarement, il survient pendant la nuit, au moment où se manifeste la crise gastrique des hypersthéniques. Si le malade est couché, il sent son lit tourner suivant un axe longitudinal ou c'est lui-même qui est entraîné dans ce mouvement de rotation. |

« Elle allait en compagnie d'un de ses enfants, écrit Trousseau, quand tout à coup, elle se sentit prise d'un -étourdissement, de pesanteur de tête sans douleur aigué, sans éblouissement, sans tendance à la syncope. Il lui sembla presque en même temps que la terre s’entr'ouvrait. devant elle, ses jambes fiéchissaient et elle se sentait entraînée irrésistiblement vers l’abime qu'elle croyait voir ouvert sous ses pas.

« Cette singulière hallucination était accompagnée de nausées, d'envie de vomir et même de vomissements. Cependant la malade conservait son entière connaissance, et tout en poussant des Cris de terreur, tout en priant son fils de la retenir et de l'empêcher de rouler dans le gouffre qu'elle avait devant les yeux, elle

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