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avait parfaitement conscience de cette erreur de ses sens ». (Trousseau). Des vertiges analogues se répétaient tous les jours jusqu’à ce que « une alimentation réparatrice, une médication instituée suivant une méthode et avec des moyens très simples, sont venus facilement à bout de ces accidents. » we:
Une dame d’un certain âge consulte Lasègue à propos d'accidents cérébraux dont elle était tourmentée depuis plusiuers mois et qui consistaient en des vertiges presque subintrants. Se croyant menacée d’une attaque d’apoplexie et pour éviter la congestion, elle se condamna à une diète sévère, aussi sévère que Lasègue appelé en consultation, frappé de sa maigreur, crut au premier abord à une affectation cancéreuse. « Une médication tonique, ‘une alimentation réparatrice avaient, au bout de huit jours, amené un changement notable dans la situation. Les vertiges étaient beaucoup moins fréquents ; bientôt la malade en était somplètement débarrassée : six semaines plus tard, l’embonpoint et la santé étaient revenus ».. (Trousseau).
On peut rapprocher de cette observation classique des faits analogues décrits et interprétés au sujet du travail de Zbienden par Guérin (de Bordeaux) et dans lesquels l'auteur tente à attirer l'attention du corps médical sur la fréquence des froubles nerveux et psychiques engendrés par des régimes trop exclusifs où insuffisants.
IT. Vertige intestinal. — L'intestin peut aussi bien que l'estomac produire des phénomènes vertigineux et des faits de ce genre ont été observés depuis fort longtemps.
Glénard, Sigaud et Vincent, Mac Auliffe les ont signalés dans la chute du transverse ave: coudure des angles. coliques, dans la typhlectasie, dans la distension gazeuse des côlons ; Pron, Mendel et d’autres dans l'entérocolite chronique, entrecoupée de poussées aiguës douloureuses. Mais c'est surtout à M. Lœper que nous devons les observations nettes et nombreuses avec vérification radioscopique, examen dé la tension, etc., en même temps qu'une brillante théorie pathogénique. Toutes les formes du vertige depuis la simple « indécision de la marche qui fait qu'on n’est pas sûr de soi » (Lasègue) jusqu'à l’ « état de mal vertigimeux » en passant par des formes du vertige isolé et le vertige de Ménière avec shute et vomissements, peuvent être observées.
M. le professeur agrégé Lœper rapporte l'observation d’un homme de:39 ans, depuis longtemps constipé et qui se plaint d’un certain vide dans la tête, de malaises céphaliques et de défaillances dès qu'il reste deux jours sans aller à la selle.
Depuis plusieurs mois liés à une augmentation de la constipation, apparurent des malaises indéfinissables « il se sent « comme en bateau »,sa démarche est hésitante et parfois ataxoïde et oscillante. L'hésitation s’accentue lorsqu'il veut suivre une ligne très droite ou quand il ferme les yeux. Parfois il perçoit un bruissement auriculaire, des battements dans la tête, un étourdissement : 1l doit s'étendre où s'appuyer contre le mur. Il se présente plusieurs fois à la garde-robe sans succès et le malaise ne cesse qu'après une évacuation abondante, spontanée ou, plus souvent, provoquée par un lavement huileux.
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» La palpation de l'abdomen ne révèle rien d’anormal ; l'appétit est conservé, l’état général est parfait ; les oreilles sont absolument saines ; les réflexes rotuliens sont un peu exagérés, la pupille réagit bien à la lumière mais est {rès dilatée. La tension artérielle est en général un peu inférieure à la normale et atteint 13 1/2 à l’oscillomètre. Les urines sont très riches en indican. »
Une femme que M. le professeur agrégé Lœper observait à l'hôpital Boucicaut en janvier 1911 « est une Constipée qui, depuis sés grossesses, reste parfois cinq et six jours sans aller à la selle. Quand arrive le quatrième ou cinquième jour elle a fréquemment du vertige, tantôt le matin, tantôt la nuit. Le jour, ses yeux papillotent, elle voit trouble, ne peut fixer aucun objet ; tout tourne devant elle et cela pendant une demi-heure et parfois une heure. La nuit, pendant le sommeil, ou plutôt le demi-sommeil, <lle rêve qu’elle est ballottée en tous sens, entraînée dans un mouvement irrésistible, renvoyée comme une balle à travers l’espace ; quand elle s'éveille, son lit se déplace à travers la chambre et tourne en tous sens : elle entend parfois encore le bruissement d'oreilles qui, dans le sommeil, à sans doute marqué le début de cette crise vertigineuse. |
» L’estomac ne paraît pas dilaté, les digestions sont normales, les crises apparaissent aussi bien quand il est vide que quand il est plein, quand l'alimentation est abondante et quand elle est légère ; elles ne se produisent que lorsqu'il y à Constipation. La palpation du ventre est extrémement sensible aux points mésentériques et iliaques. Le chimisme gastrique dénote un peu d'hyperchlorhy-
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drie ; le chimisme intestinal est normal ; la radioscapie
ne montre qu’une ptose viscérale discrète. Les urines sont pauvres en indican.
» La tension artérielle prise à plusieurs reprises atteint 16 1/2 à 17 dans les périodes de calme, souvent 19 et même 20 au cours des crises vertigineuses. »
Chez un autre malade de M. Lœper, atteint de typhlectasie, le vertige qui reparaissait tous les trois ou quatre
jours, succédait à une période de constipation, pendant
laquelle l’état général restait parfait. » En même temps que le vertige survenaient un peu de tension abdominale, des contractions du côlon et du cæcum, des douleurs dans la fosse iliaque droite. La palpation révélait un gargouillement cæcal très marqué et très étendu.-Tout rentrait dans l’ordre dès que survenait une abondante débâcle de matières solides, puis très liquides et fétides.
» Une des crises fut particulièrement tenace et dura six jours. L'’urine était très riche en indican, sa toxicité assez forte puisqu'elle tuait le lapin à la dose de 32 c. c. par kilo, la quantité de nucléo-albumine précipitable par l’alcool était considérable ; la tension artérielle dépassait à peine 13 en dehors des crises et 11 pendant la crise vertigineuse.
« Un autre malade, âgé de trente-deux ans, soumis pour une entérite ancienne au régime des pâtes et farineux,
était tourmenté de météorisme fréquent, d'émissions ga-
zeuses abondantes, avec distension des côtes gauches, douleurs, palpitations, sensations nauséeuses, bourdonnements et vertige.
A deux reprises même il tomba sans pourtant perdre
pee
connaissance. La distension considérable du côlon et surtout des angles fut vérifiée par M. Aubourg à l'examen radiographique. La pression artérielle dépassait 21 dans les phases de météorisme le plus accusé, en mème temps qu'apparaissait le vertige. Ce malade, qui ne présentait aucune lésion circulatoire apprécible, guérit de son météorisme pr un retour à un régime moins exclusif, par l’absorption de pancréatine. Sa tension artérielle redescendit à 16. Il n’a plus de vertige. »
Sénès rapporte l’histoire d’un chauffeur, âgé de 26 ans, très constipé, qui fut pris subitement d’une crise vertigineuse avec sensation de tournoiement. Le traitement évacuateur institué, le malade eut encore deux vertiges analogues et guérit complètement.
Le vertige intestinal survenant le plus souvent chez des personnes jeunes, n’est point grave ; c'est un accident gênant, impressionnant, mais qui guérit habituellement par une thérapeutique appropriée. Chez des vieillards, par l'hypertension qui est sa cause, il peut être un prélude d'une hémorragie cérébrale.
Le vertige est dù, selon M. Lœper, à des variations de tension des canaux semi-irculaires, qui peuvent être indépendantes ou non de la circulation générale. Dans le premier Cas, la tension est normale ou au-dessous de la normale, et c’est un spasme ou une fluxion localisée qui intervient ; dans le second cas, c’est l'hypertension brusque de tout l’arbre circulatoire.
Tous ces phénomènes peuvent être provoqués chez les intestinaux par quatre causes principales : « La congestion de l'appareil digestif au cours de la digestion intesti-
eo
nale ; la pléthore sanguine ; la résorption de produits toxiques ou tout au moins vasotoniques ; enfin, le réflexe abdominal. » ME |
L'action hypotensive des certains produits toxiques élaborés dans l'intestin des constipés et le passage dans l'urine d'üne hypotensine d’origine. intestinale a été démontrée expérimentalement par M. Lœper.
Le vertige par hypertension est d’origine réflexe.
IIT. Etats syncopaux.
Les pertes de connaissance dans les réactions d’origine colique ont été bien étudiées par Lœper, Sallard, Mathieu, Millon et Marre.
La perte de connnaissance apparaît au cours d’une cri-
se intestinale revêtant la symptomatologie de. l’indiges-
tion grave ou bien elle constitue à elle seule presque toute la crise, mais elle est toujours sous la dépendance du mauvais fonctionnement intestinal et disparaît définitivement avec la guérison des troubles gastro-intestinaux.
« Chez un sujet constipé atteint de colite, la crise apparaît brusquement en apparence, précédée en réalité par quelques jours de constipation plus intense et de sensations morbides mal définies. Vers le milied de la nuit, le malade éprouve un malaise qui s'accompagne d’un état nauséeux marqué et bientôt de vomissements.
Rapidement les malaises augmentent : le malade pâlit et, a des sueurs froides, le pouls devient petit et misérable, la vue s’obscurcit, il semble qu'un voile s'étende devant les yeux. Parfois les malades ont des bourdonnements d'oreille et l’ouie comme ouatée. Puis survient la syncope. Courte en général, elle se prolonge rarement au-delà d’un quart d'heure. » (Millon).
D'autres crises ont une symptomatologie très simple ‘(crises larvées), souvent réduite à une perte de connaissance que le malade sent venir, qui est très courte et qui est presque toujours suivie d’une petite débâcle pseudodiarrhéique.
Ces crises n'ont qu’une gravité apparente ; elles guérissent toujours promptement avec la suppression de la colite causale. Cependant chez certains prédisposés, lorsqu’elles se répètent trop fréquemment, elles peuvent donner lieu à une véritable obsession nosophobique.
On conçoit d’ailleurs facilement cette apparition de phénomènes névropathiques chez ces malheureux constamment et considérablement gênés dans leur alimentation, dans leur genre de vie, dans l’exercice de leur profession.
Un malade de Millon et Marre n'osait reprendre les voyages d’affaires qui l’obligeaient à vivre à l'hôtel et qui l’éloignaient de sa famille, mais cette crainte disparut, quoique lentement, après la suppression des crises.
L'orignie colique de ces crises est démontrée par les points suivants donnés par Marre dans sa thèse : existense constante d’une période de constipation préalable, concomitance d’une ou plusieurs débâcles pseudo-diarrhéiques, efficacité rapide d’un traitement approprié à l’état intestinal.
M. Siredey a signalé dans l’appendicite chronique « des phénomènes réflexes assez accentués : pâleur subite de la face, altératoin de la physionomie, tendance lipothymi-
que. »
Les états syncopaux dans les réactions d'origine gastri-
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que ont été bien étudiés par L. Pron, qui cite entre autres les observations fort intéressantes de Léven et de Rémond : « Leven a vu, dit-il, une dame de 36 ans, dont la crise s'annonçait par une sensation douloureuse dans l’estomac ; elle ne pouvait parler et perdait complètement connaisance. Un autre de ses malades avait des crampes d'estomac, à la suite desquelles il tombait somme sidéré, il ne revenait à lui qu’au bout d’un quart d'heure et divaguait ensuite pendant deux heures. La perte de connaissance peut être définitive et entraîner la mort. Rémond, cité par Monnier, cite le cas d’un malade, ayant commencé, à 31 ans, à avoir des crises gastriques douloureuses qui duraient, d’abord $ heures, puis 60 heures avec quelques intervalles de rémission et qui, à 52 ans, fut brusque-
ment sidéré par un accès plus violent que les autres. »
IV. Insomnies. — Les insomnies sont fréquentes et pénibles chez les dyspeptiques ; elles ont une allure qui les individualise et en facilite le diagnostic. Ces insomnies mettent les individus dans un état de surexcitation ou de dépression morales incompatibles avec une vie normale. A la longue survient un véritable état névropathique.
Le professeur Albert Robin distingue trois variétés d'insomnie d’origine digestive. « La première variété et la plus habituelle est caractérisée par le réveil nocturne que provoque une crise d'hypersthénie ou de fermentation. Le malade s'endort plus ou moins facilement ; mais il est réveillé à heure fixe par une crise gastrique avec douleur stomacale, renvois et pyrosis. S'il se retourne dans son lit, la douleur cesse un instant pour reprendre, en chau-
geant de place, dans la partie la plus déclive de l'estomac ; cette douleur, que les malades décrivent de la manière la plus variable suit en quelqué sorte leurs mouvements et se localise du côté sur lequel ils se sont couchés. Elle est assez vive pour empêcher le sommeil, et ce n’est que vers le matin qu’elle s'apaise et permet au patient de sendormir d’un lourd et court sommeil dont il sort brisé, sans énergie, la tête vide, vertigineux, incapable de tout ef fort physique ou intellectuel.
» Dans une deuxième variété le malade ressent toujours à la même heure de nuit un malaise que rien ne permet, de prime abord, de rapporter à l'estomac. Après s'être retourné plusieurs fois dans son lit, sous le coup d’un malaise vague hanté de mauvais rêves, il s'éveille <où vert de sueur, le pouls fréquent, la respiration difficile et anxieuse, avec une sensation d'angoisse, de pesanteur douloureuse du côté du cœur et des intermittneces. Il rejette ses couvertures, se dresse sur son lit et émet des. éructations qui lui procurent un certain soulagement. Mais, la crise aiguë passée, il ne parvient pas à se rendormir, si ce n'est vers le matin, et, comme dans la forme précédente, il se réveille épuisé, la face pâle, l’esprit confus ,et :e n’est qu'au prix d’un très grand effort qu'il parvient à sortir de son lit.
» Dans une (roisième variété, les malades ne parvien nent même pas à s'endormir, sans ressentir, à proprement parler, un malaise quelconque, ils restent éveillés pendant toute la nuit, entendant sonner toutes les heures et ne perdant un intsant connaissance que pour reprendre presque aussitôt leur veille indécise. » (Albert Robin).
La meilleure manière de prévenir ces insomnies ainsi que l’état nerveux qu’elles ont engendré ou exaspéré, est
de soumettre ceux qui en sont atteints au traitement de
la dyspepsie causale. |
V Cauchemars, — Terreurs nocturnes des enfants. — On sait combien souvent une digestion difficile donne des songes pénibles ; chez le dyspeptique ce sera des cauchémars, « Le cauchemar, rêve pénible, avec sensation d'oppression, d’écrasement épigastrique, aboutit au revêéil angoissant, les yeux hagards, le front moite, les extrémités refroidies. En plus de la douleur, de l'angoisse et du réveil en sursaut, le cauchemar se caractérise par l’homogénéité des images mentales qui le constituent, parfois même leur stéréotypie et la persistance du souvenir péniblé. Les cauchemars chez les dyspeptiques sont de nature vulgaire. » (Laignel-Lavastine).
Après le repas du soir, le malade est souvent envahi par une somnolence à laquelle il a rarement le courage de ne pas céder ; il se couche, persuadé qu'il va continuer facilement ce sommeil spontané ; mais, au bout de peu de temps, il sent un poids qui l’étreint à l’épigastre, puis cette sensation monte au cerveau, le cauchemar apparaît, tellement pénible la plupart du temps, qu’il réveille le malade en sursaut. Les formes les plus fréquentes sont : la sensation de chute avec réveil subit et cri ; la poursuite par son ennemi ; l’écrasement par un poids lourd, etc. Plusieurs des malades du Professeur Albert Robin rêvaient « qu'ils se trouvaient dans la rue ou dans un salon
en chemise ou plus ou moins déshabillés ; d'autres rêvent