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qu’on veut les assassiner, qu'ils marchent dans l'eau, qu’ils étouffent ». Spitta, cité par Pron, rapporte l’histoire d’une romancière qui avait coutume de faire un re-
pas très copieux, immédiatement avant de se coucher,
quand elle voulait provoquer chez elle des rêves horribles, pour avoir, le lendemain, des matériaux tout prêts pour ses descriptions. | É
Wytt, qui était hypochondriaque lui-même, a décrit avec soin les sensations extraordinaires qu'il ressentait. aussitôt qu'il aväit l’estomas dérangé : « Dans le temps où j'avais l'estomac déransé ou tourmenté par des vents, je me sentais souvent attaqué d’un léger cauchemar. L’é-. tat incommode où je me trouvais alors me faisait lever tout de suite ; dès que j'étais entièrement réveillé, il me semblait presque toujours que j'avais eu un poids sur l'estomac ou quelque chose qui me gênait dans la région
. de ce viscère, et, cette sensation se trouvait accompagnée
d'un état de langueur et d’une espèce d’oppression ou d'étouffement… |
Lorsque j'étais assis dans mon lit ou seulement éveillé, je n'éprouvais aucun de £es symptômes, si ce n'est tout au plus un peu de malaise à la région de l'estomac ; mais, dès que j'étais prêt à m'assoupir, les symptômes recommençaient à se faire sentir. J'ai souvent passé, dans ce cruel état, deux heures et même davantage au commencement de la nuit. Enfin, j'ai découvert qu'après un petit coup d'eau-de-vie pris après l'attaque de ce mal, j'en étais garanti pour toute la nuit. Ce remède n’a jamais manqué de me réussir parfaitement dans le petit nombre d'occasions où je l'ai mis en usage, car, depuis peu, mon
estomac ayant continué à être en assez bon état, j'ai éprouvé rarement durant le sommeil quelqu’une de ces sensations incommodes et désagréables qui ressemblent au cauchemar, »
M. le Professeur Albert Robin pense qu’il faut rapporter à la dyspepsie la plupart des cas de cette singuliere maladie que l’on connaît sous le nom de ‘erreurs nocturnes des enfants et qui a été bien étudiée par Hesse, Steiner, Henoch, Soltmann, Bouchut, de Backer, Ch. West, Moizard et J. Comby. Pour Laignel-Lavastine et la plupart des auteurs, ils sont une manière dont l'enfant nerveux réalise la crise qui suit le repas du soir dans -l'hypersthénie et les fermentations gastriques. » J'ai, pour ma part, vu bien souvent les terreurs nocturnes survenir chez des enfants dyspeptiques, gros mangeurs, grands buveurs, etc. Chez ces enfants, dont les fonctions digestives laissaient tant à désirer, pouvait-on dire que les terreurs nocturnes représentaient une forme larvée de l’hystérie ou de l’épilepsie ? Car il suffisait de régler le régime de ces enfants pour faire disparaître les terreurs nocturnes. J'admets que les enfanst nerveux sont prédisposés
à ces accidents ; mais je crois que la tare nerveuse n’est
nas nécessaire, La dyspepsie suffit. Voici un enfant qui
mange trop, qui boit trop ; si vous l’étudiez d’un peu près, vous voyez qu'il n’a jamais un sommeil calme et tranquille. Il s'endort avec peine ; il est agité dans son lit ;ila des sueurs, des cauthemars ; c’est dans ces conditions qu'il présente des terreurs nocturnes. Tel enfant n’a d'accès que s'il est constipé ; on les prévient en assurant le cours des matières. » (J. Comby).