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Paragraphe 3 et ainsi de suite jusu'à modification ultérieure.
« Ce traitement fut poursuivi du 25 octobre à janvier, avec quelques défaillances: dues tantôt à l’état mental de la malade qui refusait de s'y soumetter, tantôt à des incidenis symptomatiques intercurrents.
« Il y eut aussi d'assez grandes difficultés au sujet de l'alimentation, surtout dans les débuts, car parfois la malade s'obstinait pendant une journée à refuser ses aliments, pour manger gloutonnement le jour suivant. Enfin, on eut quelque peine à régulariser les fonctions alvines, à cause d'accès de répugnance à l'égard du séné.
« Mais on vint peu à peu à bout de ces difficultés et, dès les premiers jours de décembre, la malade reprenait conscience d'elle-même et reconnaissait ses parents.
« Les crises d'érotisme, les hallucinations auditives avaient disparu. Elle demandait à rentrer chez elle, déclarait qu’on l’enfermait injustement et coordonnait bien ses idées. L'état général était bien meilleur, la langue bonne, l’haleine dépourvue d'odeur, l'appétit régulier et les digestions satisfaisantes. La palpation du foie n'était plus douloureuse et l'organe tendait à reprendre ses dimensions normales. Le poids avait augmenté de 3 kilogrammes. Il ne restait plus qu'une grande volubilité de paroles, une excitabilité facile à mettre en jeu, mais toujours passagère.
« Ce mieux-être marchait de pair avec une amélioration marquée du côté des troubles de La nutrition élémentaire sur lesquels nous avions échafaudé tout le traitement.
« Les signes de fermentations gastro-intestinales (excès
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d'indoxyle, de produits scatoliques, oxalate de chaux augmentation de l'acide sulfurique éthérifié) avaient disparu ; la désassimilation nerveuse semblait enrayée ; l’aclivilé hépatique s'était relevée sans atteindre encore la normale : l'acide urique bien solubilisé ne dépassait pas son taux habituel et la consomination totale de Dalbumine avait diminué, bien que la quantité ingérée en fut plus grande, ce qui s'accordait avec l'amélioration de l’état général.
« À partir de ce moment, le mieux ne fit que s’accentuer. On vit s’atténuer encore, puis disparaître tous les symptomes gastro-intestinaux, hépatiques et psychiques, et, 1e 10 janvier, la malade quittait la maison où on l'avait internée, ne conservant qu'un peu d’excitabilité et une propension à la volubilité. Mais comme elle se sentait très affaiblie, que tout en raisonnant parfaitement sur les phases de sa maladie elle accusait une tendance à la fatigue nerveuse dès qu’elle faisait un effort intellectuel relativement prolongé, je fis la prescription Suivante dont le but était de reconstituer le système nerveux par voie d'épargne, tout en lui fournissant une incitation nutritive
et fonctionnelle suffisante :
1° Continuer à la maison un isolement qui, sans être absolu, permettra d’écarter toutes les causes physiques et
morales d'excitation nerveuse ;
20 Tout en faisant du régime végétarien le fonds de l'alimentation, et en écartant les aliments de fermentation facile, augmenter peu à peu la quantité des aliments animaux, en choisissant ceux que la malade digère le
plus facilement et en s'inspirant du régime conseillé dans les fermentations gastriques.
3° Surveiller les fonctions intestinales et les régulariser, soit à l’aide de l’infusion de 6 à 8 follicules de séné lavés à l'alcool, prise après le dîner, soit par l'emploi des . pilules composées au turbith végétal ;
4° Continuer les bains tièdes et les affusions sur la colonne vertébrale, qu'on fera suivre d’une friction sèche doucement pratiquée. Si les circonstances Sy prêtent, faie une cure hydrothérapique méthodique avec la douche tiède en jet brisé, suivi d’un jet frais de très courte durée ;
°° Alterner de semaine en semaine l'acide arsénieux sous la forme de granules de Dioscoride dont on prendra un par repas, avec le phosphure de zinc à la dose de 0 gr. 008 au déjeuner et au diner. Si l'on craint l'action parfois excitante du phosphure de zinc, le remplacer par un cachet de glycérophosphate de chaux de 0 TOO
6° Au moindre retour des troubles gastriques, suspendre le traitement médicamenteux et revenir au traitement stomacal.
« Ge traitement fut commencé sur la fin du mois de janvier et continué pendant trois mois environ, en interrompant les médicaments pendant une semaine après chaque alternance de deux semaines.
« En juin, après plusieurs consultations avec M. le professeur Raymond et le regretté M. Motet, l'état était si satisfaisant que la malade fut considérée comme guérie et que nous rédigeâmes un certificat la déclarant apte à
reprendre son existence normale et à diriger l’'administration de ses biens.
« Près de trois années se sont écoulées depuis lors et jamais l’état mental n'a subi la moindre atteinte. Deux crises de coliques néphrétiques, qui ont nécessité des cures à Contrexéville, et l'apparition d’une glycosurie passagère alternant avec l'expulstion de grandes quantités d'acide urique sont les seuls incidents pathologiques qui
soient survenus. »
Dans une autre observation de M. le Professeur Albert Robin :
« Une ménagère, âgée de trente-six ans, sans antécédents héréditaires, sans autres antécédents personnels qu'une grande émotivité datant de son plus jeune âge, est prise au commencement de l’anneé 1909 de troubles gastro-intestinaux que l’on peut résumer ainsi : appétit irrégulier, somnolences, inaptitude physique et intellectuelle après le repas, éructations gazeuses abondantes, constipation tenace, abus de laxatifs dont l’action devient de plus en plus difficile.
« Terrain nerveux et troubles gastro-intestinaux restent en présence sans conflit apparent pendant six mois environ, puis les retentissements éclatent, sous l'apparence d'un drame se déroulant en quatre actes.
Premier acte. — En juillet, la malade est prise de vertiges, d'étourdissements, de sifflements d'oreilles. Elle n'ose aller seule dans la rue. Sa mémoire fléchit. Elle sort avec une voisine pour faire des achats et elle oublie le but
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de sa sortie. Elle se sent molle, abandonne les soins du ménage ; mais son émotivité s'accroît, elle perd son selfcontrôle et se laisse aller à des mouvements impulsifs et violent pour les motifs les plus futiles.
2° acte, — Le 16 juillet, pendant son déjeuner, elle est “prise subitement d’une difficulté de la parole. Il lui semble que sa bouche se tord et que ses yeux ne peuvent plus s'ouvrir. Le lendemain, £es deux symptômes ont disparu, et il ne lui reste qu'une irritabilité plus grande encore qu'à l'ordinaire.
3° acte. — Après une courte période de mieux, les symptômes psychiques reparaissent ; les idées fuient de nouveau, la mémoire disparaît. La malade doit garder la chambre pendant dix jours, à cause du vague de ses pensées ; puis elle semble s'améliorer et peut reprendre en partie la direction de son ménage.
& acle. — Alors, brusquement, le drame éclate. Le délire des actes domine ce psychisme qui sombre. La malade, regardant par la fenêtre avec son enfant dans ses bras, est prise du désir impérieux de le précipiter dans la rue. Elle le suspend dans le vide et va le laisser tomber quand son mari se précipite à temps pour le lui arracher. Quelques’ jours après, on lui enlève des mains un bidon de pétrole qu'elle allait vider dans le poêle allumé, et elle confesse l’idée obsédante qui la hante de voir l’incendie dévorer la maison. Enfin, un jour, où on l'avait sortie, on l’arrête à temps au moment où, hypnotisée par l'attirance de l’eau du canal Saint-Martin, elle allait s’y laisser glisser. La famille affolée n'ose plus quitter cette malheureuse, et finit par provoquer une consultation où l’on dé-