II
cide d'isoler la malade à la campagne et de la soumettre au repos le plus absolu.
« Elle ne put y aller que le 12 septembre et y resta jusqu’au 48 novembre, reprenant un peu de forces, voyant s'améliorer son état mental, mais conservant toujours l'amnésie, la difficulté de parler et des impulsions dont elle a conscience, mais que sa volonté est impuissante à réfréner.
« Aussi le 18 novembre, la familie se décide-t-elle à la faire entrer à l'hôpital Beaujon. Nous constatons d’abord l'état mental particulier que je viens de décrire, augmenté d’une demi-somnolence diurne, tandis que \es nuits sont agitées. Du côté du tube digestif, anorexie, odeur fétide de l’haleine, langue très saburrale, estomac distendu et clapotant au-dessous de l’ombilic, constipation intense avec grande indoxylurie. Le foie déborde les fausses côtes ; il est sensible à la palpation et à la percussion. Le teint esi jaune terreux sans matière colorante de la bile dans les urines qui contiennent seulement un peu d’urobiline.
« On porte le diagnostic stomacal suivant : dyspepsie hyposthénique avec fermentations gastriques, constipation rebelle et insuffisance hépatique.
«On institue le traitement de la dyspepsie hyposthénique avec fermentations secondaires, qui, suivi du 16 août au 12 septembre, réveilla l'appétit, nettoya la langue, fit disparaître l'odeur fétide de l’haleine, et améliora la digestion, puisque a malade augmenta de poids. En même temps, les vertiges disparurent et l’état mental devint meilleur, en ce sens qu'il n'y eut plus de délire d'actes.
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« Le 12 septembre seulement, il fut possible d'envoyer notre femme à la campagne, chez sa mère, Elle y cessa tout traitement médicamenteux et reprit un peu de calme moral.
« Quand elle rentra dans mon service, comme la constipation semblait dominer la symptomatologie, que laxatifs et purgatifs restaient inutiles, j'abordai le troisième acte du traitement, essayant de toucher à la fois l'insuffisance gastrique et l’atonie intestinale.
«Ce traitement, non seulement ne réussit pas au point de vue digestif, mais il parut accroître le nervosisme, aussi dirigeant l'effort sur l'intestin seul j’ordonnais : le douillon de ferment lactique pur, associé au régime éirictement végélarien, avec de l’eau lactosée à. 40 grammes par litre pour boisson.
« Huit jours après, la constipation cédait, les selles devenaient normales et régulières ; et; au bout de trois semaines de ce traitement, la malade, digérant bien, engraissée, calme et délivrée de tout symptôme psychique, demandait à rentrer dans sa famille, ce que nous lui accordâmes puisque un entourage dévoué s’engageait à Ja soigner suivant nos indications.
« Car, si parfaitement guérie qu’elle parût, il nous restait à remplir la dernière-des indications posées, à savoir de modifier le terrain névropathique pour le rendre moins accesshbile à des sollicitations éventuelles de son tube digestif.
« Cette médication nervine du terrain fit l'objet du quatrième acte thérapeutique : suivie pendant plus d'un mois, elle réussit parfaitement. Au bout de quinze jours, ma