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sant pendant vingt ou trente ans amène un trouble permanent de la raison? » Prunier admet l’apparition du syndrôme confusion mentale dans les auto-intoxications par retention des poisons d’origine intestinale.
Hayem et Lion admettent bien qu’on voit des troubles mentaux plus ou moins accentués d'origine digestive, mais ces troubles sont, disent-ils, insuffisamment systématisés pour constituer une vésanie dénommable.
A leur avis il y a des malades gastriques qui souffrent d'états psychiques anormaux, se rapprochant des psychoses vraies ; ils désignent ces états sous le nom de parapsychoses, mais ajoutent-ils, « quelques-uns d’entre eux sont dans une sorte de période prodromique d’une vésanie qui, au bout d’un certain temps, devient évidente. » Ils distinguent des parapsychoses primitives et secondaires, c'est-à-dire consécutives à une gastro-névrose d’origine organique et admettent que chez les prédisposés la maladie éclate généralement après l’intervention de causes qui affectent la sphère mentale : chagrins, préoccupations d’affaires, chocs nerveux déterminés par un grand accident ou par un cataclysme, etc.
: En somme, ils admettent la perturbation de l'équilibre mental et la folie secondaire à une gastropathie (p. 628) avec la réserve que les troubles nerveux et psychiques d’origine digestive « se groupent de façons diverses, font partie, le plus souvent, d’un ensemble symptomatique qui tantôt reproduit plus ou moins fidèlement les traits d’une psychose ou d’une névrose, tantôt ne répond à aucun type nettement défini. »
Pour Anglade (in Gilbert Ballet) les affections gastro-
intestinales peuvent provoquer beaucoup de ‘désordres mentaux beaucoup plus graves. « Il suffira pour s'en convaincre de parcourir les publications récentes de Régis et Chevalier-Lavaure, de Hamilton, de Sôlder, de Séglas. »
Il résulte, dit-il, de ces travaux que les affections gastro-intestinales jouent le rôle de cause occasionnelle à l'égard des vésanies héréditaires et aussi qu’elles peuvent créer, de toutes pièces, certains états de confusion mentale.
Anglade a relaté une observation dans laquelle une gastropathie avait été la cause immédiate d’un accès de mélancolie délirante chez un prédisposé ; on trouve des faits analogues dans Alt.
Quant à la confusion mentale, ajoute-t-il, les observations de Séglas et de Régis prouvent surabondamment qu'elle peut succéder à des troubles gastriques et en dépendre ; elle est même la psychose par excellence des. intoxications gastro-intestinales, comme d'ailleurs de toutes les intoxications ou infections.
La plupart des auteurs modernes paraissent moins affirmatifs quant à la question de l’existence d’une folie vraie d'origine digestive et M. le Professeur Albert Robin ne pensait pas, il y a quelques années qu'on soit en droit d'admettre une folie dyspeptique. (Maladies de l'estomac, 1904, p. 850). « Rien ne démontre qu'il y ait des psychoses hallucinatoires d'origine digestive, mais il semble que dans certains cas, la lésion digestive peut orienter le délire et déterminer une forme hypocondriaque de cette psychose hallucinatoire chronique ; de même que parmi
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les obsédés dits constitutionnels, des troubles digestifs plus ou moins gênants et douloureux, peuvent parfois occasionner une cristallisation obsédante. D'autre part, certaines affections digestives par la dénutrition, l’insomnie, l'intoxication, la fatigue nerveuse qu'elles entrainent, déterminent un état de dépression neuropsychique tel que la synthèse mentale a tendance à se dissocier sous la moindre influence et se fragmente en obsessions plus ou moins marquées et tenaces selon le caractère anté rieur des individus... On tend à voir actuellement dans la manie une simple phase de la psychose périodique. Quand un état maniaque coïncide avec un trouble digestif, il semble donc qu'il s'agisse, quand le trouble digastif a précédé le trouble psychique, soit d’une simple coïncidence, soit d’une confusion mentale avec agitation digestive précédant le trouble psychique, et quand c’est l'inverse, il semble qu'il s'agisse d’un état digestif secondaire à l'agitation qui gêne l’alimentation, la digestion, l’assimilation et la nutrition et qui, à son tour, retentit sur la psychose originelle, en la compliquant d’un élément confusionnel d'origine toxique digestive. » (Albert Robin et Laignel-Lavastine).