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chez les sujets dont le ventre est non seulement souple, mais encore flasque, que ce ventre soit gras ou maigre.
4° La corde existe, mais on ne la trouve pas parce qu’on ne la cherche pas assez profondément ou parce qu’on ne la ^ cherche pas où elle est.
Pour trouver la corde troMsverse, il faut en connaître les caractères, la chercher chez les malades où elle peut être trouvée, et, chez ces malades, dans les points de l'abdomen où elle peut être, rencontrée. Il faut enfin appliquer à cette recherche un procédé spécial de palpation.
On s’assurera ainsi qu’elle existe, et dans la proportion que j'ai signalée (j’insisterai plus tard sur les enseignements- qui peuvent être tirés de la fréquence de la corde transverse). On s’assurera que, grâce à la technique de palpation décrite plus haut, la recherche en est très facile. G’est certainement parce quul n’a pas appliqué: le .« procédé du glissement »' que M. Potain (1) a pu écrire, en parlant dé la rétraction ■ de l’intestin, qu’il interprète comme un signe de colite chronique « Elle (la rétraction) échappe , pour le côlon transverse ; en effet, outre que cette partie du gros intestin est rarement atteinte, elle fuit aussi. devant la main qui l’explore. »
b. Quelle est la nature de la corde transverse?
Bien des constatations avaient déjà été nécessaires pour se rendre compte que la petite masse, trouvée au devant de l’aorte pendant l’étude du battement épigastrique, faisait partie d’une corde transversalement tendue au devant de ce vaisseau ; bien plus nombreuses dûrent être les recherches, avant que j’eusse acquis la conviction que cette corde était le côlon transverse luimême. -
Quand on songe que cet intestin, quand il est dilaté, occupé la moitié de la cavité abdominale,' quand on pense aux descrip-
(1) Potain, De la colite chronique. Sem. méd., 31 août 1887, p. 341,
PALPATION DE L’INTESTIN
lions anatomiques classiques et aux gravures qui le représentent dans son état normal, on conçoit quelle surprise on éprouve, combien il faut de constatations multipliées et de preuves péremptoires pour admettre sur le vivant, et chez un sujet dont la dyspepsie nerveuse est le plus souvent la seule maladie, que cette corde étroite puisse bien être le côlon transverse.
Il s’en faut beaucoup que ce signe objectif présente chez tous les malades où on le rencontre cet ensemble de caractères que j’ai décrits et dont plusieurs sont la preuve évidente qu’il s’agit de l’intestin. Mais une fois la conviction faite à l’aide de ces caractères probants, reconnus dans quelques cas, il n’y a plus l’ombre d’un doute que, même en l’absence de certains d’entre eux, toute corde ne soit constituée par l’intestin (à part quelques cas dont je vais parler). « Il est naturellement recommandé, dit fort judicieusement Obrastzow (2) à propos de la corde colique, à ceux qui débutent dans l’exercice de l’exploration, de choisir de préférence des sujets maigres, constipés, N à parois abdominales minces et molles. »
Rappelons les caractères objectifs qui, par leur netteté dans certains cas, établissent pour tous les cas la nature anatomique de la corde et prouvent qu’il s’agit du côlon transverse :
Continuité de la corde avec le cæcum par l’intermédiaire du coude droit abaissé du côlon.
Crépitation, borborygme ou gargouillement dans la corde même, sous les doigts qui la palpent et qui la sentent parfois devenir dure, se contracter, lorsqu’on exerce sur elle une pression douce et prolongée.
Direction de droite à gauche de la contraction (dans le sens du péristaltisme).
Borborygmes dans les côlons ascendant et descendant, contracture visible du cæcum sous l’influence de la pression de la corde. Borborygmes dans là corde, par la pression du cæcum.
Forme nettement cylindrique de la corde. .
(2) Obbastzow. Loc. cit.
SIGNES OBJECTIFS
Contenu parfois scybalique.
Disposition en anse, à concavité tournée en haut et à large rayon, les extrémités se perdant dans les hypochondres.
Siège dans la région où l’on peut rencontrer le transverse dans les autopsies.
Mobilité verticale, limitée en bas seulement, impliquant ainsi l’attache supérieure des organes de suspension.
Relation entre certains phénomènes dont la corde peut être le siège et certaines anomalies des gardes-robes.
De l’ensemble de ces signes on peut conclure sûrement :
Là corde transverse est constituée par le côlon tramverse sténose.
Cette localisation qui est évidente n’a du reste été contestée que par un seul auteur, Ewald ; en revanche on la trouve acceptée sans discussion par tous les auteurs qui ont cherché et trouvé la corde transverse chez leurs malades et en ont relaté l’observation, tels que Féréol, Trastour, Cuilleret, Doyon, Perret, Obrastzow, Roux de Lausanne, Poltowicz, Bouveret, Mathieu, etc., etc.
Parmi ces auteurs, je citerai en particulier Obrastzow (1), qui a consacré aux recherches sur la corde colique une 'importante publication, dans laquelle il confirme l’existence des principaux signes que j’avais décrits comme caractéristiques (forme cylindrique, mobilité verticale, continuité avec le cæcum, gargouillement) ainsi que la valeur du procédé d’exploration que j’avais recommandé. Enfin, il l’a trouvée chez ses malades dans une proportion de cas très voisine de celle que j’ai donnée plus haut, après avoir pensé tout d’abord qu’il s’agissait d’une anomalie exceptionnelle, la première fois qu’il la rericontra, « la première fois, dit-il, qu’il lui arriva de pouvoir toucher le côlon transverse » chez le vivant.
Du reste, si des arguments plus décisifs étaient nécessaires, je citerais les autopsies dans lesquelles a été signalée la corde
(i; Obeastzow. Loc. cit.
colique, à côté des autres anomalies caractéristiques de l’Entéroptose,les autopsies de Legroux, ded’Astros, Gratia, Kundrat, Roux, etc.; celle que nous avons pratiquée avec Guilleret (1) et dans laquelle fut retrouvée la corde constatée avant la mort ; enfin, les deux cas de laparotomie dans lesquels Roux, de Lausanne, (2) put voir et toucher dans le ventre ouvert de la malade la corde transverse qu’il avait palpée et diagnostiquée avant l’opération.
La question est tranchée ! les arguments précédents répondent, sans qu’il y ait lieu d’insister davantage, à l’objection d’Ewald (3) d’après lequel la corde transverse ne peut pas être le côlon. Cette opinion, que je me contente de transcrire, le savant professeur de Berlin l’appuie sur les arguments suivants : 1“ le côlon transverse ne se trouve contracté sous forme d’un cordon réellement solide, palpable, que lorsqu’il y a une occlusion presque ou tout à fait complète au niveau du côlon ascendant ; 2° On peut s’assurer sur le cadavre que le côlon, à cause de sa souplesse, à cause de la minceur de sa paroi relativement à sa lumière, à cause de sa mobilité, est extrêmement difficile à palper à travers la paroi abdominale, à moins qu’il ne soit rempli de scybales ; 3° Lorsque, le doigt sur cette corde, on insuffle l’estomac, la corde au lieu de s’abaisser en même temps que la grande courbure, comme cela devrait être le cas s’il s’agissait du côlon transverse, reste profondément située et le doigt en est écarté à mesure que se gonfle l’estomac.
Ces obiections, s’appuyant sur des faits qui, eux mêmes, demanderaient à être démontrés, ne peuvent prévaloir contre des faits positifs que tous les autres auteurs s’accordent à déclarer concluants en faveur de la nature intestinale de la corde transverse.
(1) Ctjillebêt. Loc. cit.
(2) In POLTOWICZ. Maladie de Glénard.
(.3) Ewald. Entêroptose et rein mobile. Berl. klin. Woch., 1890, n° 14.
SIGNES OBJECTIFS