I. — CARACTÈRES OBJECTIFS
Les signes de la dilatation du cæcum et du côlon ascendant sont, d’après Bouveret, les suivants, au nombre de cinq :
1“ Un clapotement permanent, et à timbre amphorique, constaté dans la fosse iliaque droite.
Ce clapotement, qui établit une certaine analogie entre la dilatation de l’estomac et celle du cæcum, est obtenu, soit en secouant le tronc du patient saisi par le bassin, soit en déprimant vivement la paroi abdominale, au niveau de la fosse iliaque, avec le bord cubital de la main droite. La collision des gaz et des liquides produit un bruit tout à fait comparable à celui qu’on obtient en secouant un estomac dilaté (Bouveret).
2° Un soulèvement de la paroi abdominale du flanc droit, au moment des contractions douloureuses de l'intestin, allongé en dos d’âne de la fosse iliaque vers le rebord costal.
Ce soulèvement -se distingue assez bien au milieu de la tension générale de l’abdomen, du moins si l’on apporte une attention suffisante à l’examen de cette région de la fosse iliaque droite. Il se forme là une saillie allongée, oblique, dirigée de la fosse iliaque vers les côtes, et plus prononcée en bas qu’en haut où elle se perd dans la déformation générale du ventre. La palpation vient au secours de la vue. Elle donne assez bien la sensation d’une paroi tendue et lisse ; parfois on peut, en percutant vivement la paroi abdominale dans la fosse iliaque droite, y provoquer une forte contraction de la tunique musculaire qui soulève la paroi abdominale et dessine la forme du cæcum dilaté ; cette déformation est d’autant plus caractéristique que, pendant quelques instants, elle existe seule, indépendamment de la contraction de la masse intestinale (Bouveret).
3° Le météorisme asymétrique, même dans l'intervalle des coliques, plus prononcé à droite qu'à gauche de l’ombilic.
SIGNES OBJECTIFS
4° Le début, dans la fosse iliaque droite, de la contraction de la masse intestinale au moment des coliques.
5° Le maximum, à droite, de la douleur, spontanée ou provoquée. .
Dans l’intervalle des accès, la pression de la paroi abdominale augmente un peu l’endolorissement de la région ; mais, au moment des crises douloureuses, cette pression est tout à fait insupportable ; même au plus fort du paroxysme, la pression de la paroi abdominale est beaucoup mieux tolérée autour de l’ombilic et dans le flanc gauche (Bouveret).
On remarque que, parmi ces caractères, les uns sont plus spécialement signes de dilatation, les autres plus spécialement signes d’obstruction. Je crois utile d’en séparer . l’étude.