‹ Les ptoses viscéralesChapitre 44 sur 103 · G. SITUATION ET MOUVEMENTS DE LA NÉPHROPTOSE A SES DIVERS DEGRÉS · texte numérisé non relu

G. SITUATION ET MOUVEMENTS DE LA NÉPHROPTOSE A SES DIVERS DEGRÉS

Les notions de mobilité respiratoire du rein et de -degrés dans la néphroptose sont importantes, à connaître, d’autant plus qu’il s’agit d’une anomalie, la mobilité du rein, qui, dans le groupe des maladies de la nutrition, c’est-à-dire des maladies de Vicby, se rencontre chez 14 pour 100 dés malades, soit, en chiffres ronds, chez une femme sur cinq, chez un homme sur quarante : grâce à la première notion, on sait maintenant qu’il faut utiliser l’abaissement du rein pendant le mouvement d'inspiration pour déceler certaines variétés du rein mobile qui passeraient inaperçues sans cet artifice ; grâce à la seconde notion, on apprend qu’on peut reconnaître la mobilité du rein alors même que cet organe n’est accessible que par une très petite surface de son étendue.

Ces notions seraient suffisantes pour permettre le diagnostic dans tous les cas, si, dans tous les cas, le rein avait, au moment où il va s’abaisser sous l’influence de l’inspiration, le même point de départ, s’il suivait toujours la même piste, que, pour toutes les variétés de rein mobile, cette piste fût rectiligne et que, pendant sa progression, le rein ne pût s’en écarter. 11 suffirait alors, pour ne jamais mécorinaître la mobilité rénale, de déprimer avec la main la paroi abdominale antérieure sur le point le plus bas correspondant à cette piste connue et l’on serait sûr, en remontant peu à peu sur cette même piste la zône de pression exercée par les doigts, de heurter le rein,, descendant en sens contraire. Mais les choses sont fort loin d’être aussi simples. Ce point de départ du rein, c’est-à-dire

PALPATION DD REIN

sa situation, varie avec chaque degré de ptose ; avec chaque degré, diffère la piste sur laquelle l’engage le mouvement d’inspiration ; cette piste est dirigée de dedans en dehors pour l’un, de dehors' en dedans pour l’autre, curviligne pour celui-ci, rectiligne pour celui-là ; il suffit de la moindre pression dans le voisinage de la piste pour faire dévier le rein, la palpation peut alors le « manquer » quand elle devrait l’atteindre, elle peut le « perdre » après quelle l’a trouvé.

C’est sur la connaissance de ces faits, qui peuvent être autant de causes d’erreurs de diagnostic, qu’est basée la technique du « procédé de palpation » que j’ai proposé. Il importe d’analyser les faits pour éviter les erreurs et de dégager la loi qui les relie entre eux. Le procédé néphroleplique se trouvera ainsi Justifié jusque dans ses moindres détails, car il est la conséquence de cette analyse.

La mobilité du rein est due à la « ptose » du rein^ cette ptose peut être plus ou moins prononcée et nous en avons caractérisé quatre degrés, suivant que le rein est trouvé dans le flanc (quatrième degré, le plus accentué) ou dans l’hypoehondre et que, dans ce cas, on en peut atteindre le hile (troisième degré) ou seulement le corps (deuxième degré) ou enfin le seul pôle inférieur (premier degré), hd. trajectoire du rein peut être construite par la comparaison du siège occupé par le rein mobile, suivant qu’il appartient à tel ou tel degré de néphroplose, non seulement dans le sens vertical, mais encore dans le sens latéral, et dans le sens antéro-postérieur, le rein mobile du premier degré occupant le siège le plus élevé, le plus interne et le plus profond, le rein des degrés suivants se trouvant de plus en plus abaissé, éloigné de la ligne médiane et rapproché de la paroi antérieure.

Que le rein soit trouvé d’autant plus bas et plus antérieur, qu’il appartient à un degré de ptosè plus accentué, rien de plus cuuipréheiisible puisque la mobilité du rein est due à son abaissement et que, en s’abaissant, il passe de la paroi postérieure de

SIGNES OBJECTIFS

l’hypocondre à la paroi postérieure du flanc, celle-ci moins déclive (dans le décubitus horizontal) et moins éloignée de la paroi antérieure de l’abdomen que la paroi postérieure de rhypochondre. Quant à la déviation en dehors delà trajectoire, elle demande, pour être expliquée, l’intervention d’un autre facteur des plus importants à connaître. Les mouvements du rein sont la résultante des forces qui agissent pour abaisser le rein et de leur point d’application sur cet organe, d’un côté, de l’autre, des, forces qui, agissant en sens contraire, tendent à maintenir le rein à sa place ou à lutter contre son abaissement, car, celui-ci, dans tous les cas est anormal. Ces dernières, les forces qui résistent à son abaissement, sont les moyens de fixation du rein. Il est donc nécessaire de déterminer tout d’abord la situation normale du rein ; nous étudierons ensuite ses moyens de fixation à l’état normal.

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