OT
désigna sous le nom de « congestion aiguë du foie », avec vertiges, faiblesse, anorexie, constipation, insomnie, et, depuis lors, mauvaise digestion, incapacité de travail. Depuis 12 ans, excès de boisson (2 litres de vin par jour) et, tous les dimanches et lundis, se mettait en état d’ivresse ; jamais de pituite, pas d’amaigrissement. — Etat actuel. Digestion difficile, tiraillements d’estomac, vertiges ou lourdeurs de tête et battements de cœur, hypochondrie après les repas ; langue saburrale ; urines peu abondantes et colorées ; insomnie après 1 heure du matin. Poids 59 k. — Rien d’anormal àla palpation. — Traitement: laxatifs salins quotidiens, douches froides, cure alcaline, régime. Le malade perd 3 kilogs (59 (V56), recouvre Pappétit et 1 e sommeil, n’a plus de vertiges, l’insomnie ne dure plus qu’une heure, à 2 heures du matin.
1892. — Le malade se porta bien durant quatre mois, d’Aoùt à Novembre, eut deux rechutes, la première de un mois de durée, en novembre, la seconde de trois mois de durée, de janvier à mars, puis il retomba en mai. — Etat aciweZ : Lassitude, vertige; appétit, sommeil, bons ; dyspepsie, éructations; constipation; le poids a augmenté (56 < 57 k ). — Hêpatoptose acee bord du foie souple, tranchant, indolent. — Même traitement. Le malade reperd 2 kilogs (57-55 kilogs).
1893. — La santé a élé bonne, à part la faiblesse et la consdpation; il n’y a plus de vertiges (poids 55 k.j. — Hêpatoptose. Foie très souple, à bord tranchant, indolent.
. 1894. — Après 8 mois -de bonne santé, retour de l’état de malaise général, avec lassitude, irritabilité, battements de cœur. — Hêpatoptose ; nêphroptose droite du 3' degré; sténose du cæcum. (Poids 49,5 k.). Même traitement, auquel on ajoute l’application de la sangle pelvienne.
SIGNES OBJECTIFS
1895. — Une atteinte d’influenza en février ramène quelques troubles digestifs et de l’bypochondrie. Le malade porte la sangle, seulement quand il se livre à quelque exercice pénible (poids 52 k.). — Hépatoptose ; néphroptose du 3° degré à droite ; gargouillement gastrique. — «sMéme traitement.
1896. — Le malade s’est marié depuis 3 mois (je l’y avais autorisé l’an passé^ ; l’état général est bon, à part la constipation et quelque bypochondrie (poids 56 k.) — Hépatoptose ; néphroptose du 3' degré à droite, du 1°' à gauche ; gargouillement gastrique.
1897. — L’apprébension d’une rechùte me ramène le malade, actuellement bien portant. Il a gardé sa ceinture qui le. rend plus fort, dit-il (poids 56 k.). — Mêmes signes à la palpation.
C’est encore dans ce cas le diagnostic suivant qui doit être posé : Entéroptose neurasthénique, secondaire d un hépatisme d'origine éthylique.
Remarquons ici que l’hépatoptose a précédé la néphroptose.. D’après mes observations, il semblerait que cette interversion de processus soit spéciale à l’intoxication alcoolique du foie ; on pourrait l’interpréter en disant que, sous l’influence de l’alcool le foie a été non seulement tuméfié, mais hypertrophié, avant d’être ptosé.
Obs LX (97.586). — M. T... ,40 ans.— Ce malade, que j’ai observé à deux réprises, à un an .d’intervalle, présentait, en 1896, l’histoire suivante. — Antécédents : A été opéré, il y a 10 ans, d’une carie à la jambe j fit excès de travai et d’alimentation. Depuis 2 ans, sensation de brûlure à l’estomac, à gauche du méso gastre, surtout 2 à 3 heures après les repas, régime sec inefficace, amaigrissement de 25 kilogs. (90 > 65). — Etat actuel : Appétit conservé ; 2 à 3 heures après les repas, brûlures de l’estomac, oppression, sensation de tiraillement des yeux, insomnie, constipation, urines colorées, hypochondrie. — Hépatoptose; néphroptose du degré à droite ; splenoptose, stenose des trois segments, gargouilgastrique à la pression. — Traitement de lement l’Entéroptose ( sangle, laxatifs, régime carné, lavage d’estomac, cure alcaline, hydrothérapie).
PALPATION DU FOIE
1897. - La santé a été meilleure cette année. Le poids du corps a augmenté de 5 kil. (poids 70 k.); à partir du 6' mois après le traitement, le malade put supprimer les laxatifs, mais il ne pourrait se passer de la sangle ; il a pu reprendre l’usage des légumes yerts, mais pas celui des graisses. — Hépatoptose ; néphroptose du 3“ degré ; splenoptose ; sténose du cœeum et du transoerse, et c’est dans la corde transverse (au moment où on la palpe) qu’il localise le siège de sa douleur, de sa brûlure d’estomac.
Le diagnostic est le suivant : Entéroptose^ secondaire àun hépatisme d'origine mixte [surmenage cérébral et excès d'alimentation).
Combien est suggestive cette observation^ que la pression du colon transverse sténosé provoque des sensations de brûlure identiques à celles spontanées que le malade localise dans son estomac, et ne doit-on pas être, en présence de faits semblables, qu’il suffit de connaître pour les retrouver fréquemment en clinique, très réservé dans l’interprétation gastrique des symptômes subjectifs que le malade localise dans son estomac?
L’étude des 22 observations d’hépatonéphroptose de la S*’ variété, dans lesquelles le foie ptosé, â bord inférieur recti-, ligne et parallèle au rebord costal, est indolent à la pression, présente, dans sa comparaison avec les 38 observations des deux premières variétés, les enseignements les plus précieux, tant au point de vue de la séméiologie hépatique qu’à celui de la pathologie générale. Toutefois, avant de faire ressortir ces enseignements, exposons encore brièvement nos 20 derniers cas d’hépaTonéphroptose, dans lesquels se rencontre également une ptose du foie de la 3® variété, mais avec ce caractère particulier que la palpation trouve, dans les unes, le foie sensible à la pression, dans lés autres, la densité de son tissu légèrement augmentée.
Dans le résumé de ces observations, je me bornerai, comme dans les précédentes, à exposer en outre, des antécédents étiologiques ou morbides, les symptômes et signes actuels per-
SIGNES OBJECTIFS
mettant de comparer au diagnostic, c’est-à-dire à la classification, à la nomenclature que je propose, le diagnostic classique, celui que pose l’Ecole actuelle. C’est la meilleure manière d’établir un parallèle entre la doctrine nouvelle que je défends, celle de 1’ « hépatisme », et les doctrines régnantes de l’arthritisme, de l’herpétisme, du nervosisme ou du... gastricisme.
Je ne dirai rien du traitement, bien que son efficacité dans tous les cas puisse être invoquée comme un argument en faveur de la doctrine pathogénique dont il .est le corollaire, je n’en dirai rien, sinon que les indications fondamentales, suivant lesquelles il a été dirigé, furent dans tous les cas les mêmes, conformément à la doctrine hépatique (cure alcaline chaude et alcalins, laxatifs quotidiens, régime carné, sangle (1).
Hépatonêphroptose de la 3® 'oariété avec sensibilité du foie, à la pression (17 cas).
L’hépatonephroptose de la troisième variété (bord inférieur du foie rectiligne et parallèle au rebord costal), avec sensibilité à la pression, a été observée chez 13 femmes et 4 hommes, sur 1.000 sujets atteints de maladies de là nutrition. ♦ ■
Voici les observations relevées chez les femmes :
‘ Obs. LXI (96-TO9). — M“® L. . ., 27 ans. — Antéeédents : un enfant il y a 5 ans, qu’elle allaita durant 14 mois. Malade depuis le sevrage. Depuis 2 ans, — à cause de douleurs gastriques, étouffements, malaise général, — alimentation exelusive de potages. — tÉtat actuel : appétit conservé; douleurs d’estomac après les repas, étouffements; parfois coliques brusques, sueurs froides et douleurs vives du côté droit, la marche éveille cette douleur. Sommeil bon, tendance à la constipation, règles régulières, peu d’amaigrissement. P. 60 kil. — Hépatoptose sensible à Vineisure ; néphroptose gauche du 3‘ degré.
Diagnostic : Prélithiase biliaire avec Entéroptose d'origine puerpérale.
(1) La sangle ne fut appliquée que dans les cas où elle était indiquée, non seulement par les signes objectifs, mais par les symptômes subjectifs de l’Entéroptose.
PALPATION DU FOIE
Obs. LXII. (96-702). — M“* F..., 22 ans. — AntêeédenU : A 9 ans, rhumatisme aigu, avec pùrpura, consécutif à une scarlatine,
3 mois de lit. Seconde crise rhumatismale à 14 ans et trois semaines de lit. Accouchement il y a 20 mois, et 8 jours après, puis toutes les trois semaines, d’abord vers 3 à 4 heures du soir, puis vers 11 heures du soir, crises violentes, avec douleurs en ceinture, gonflement, etc , terminées par des vomissements alimentaires. Cure à Vichy l’an passé, et depuis lors les crises, qui ont disparu, sont remplacées par un mal d’estomac avec douleur à la pointe de l’omoplate droite tous les jours vers 3 heures du soir. — État actuel : appétit vif, alimentation d’œufs, légumes verts, viandes rôties ; pesanteur, douleur parfois aigüe 1 à 2 heures après les repas ; réveil à 11 heures du soir avec nausées, parfois vomissements; constipation opiniâtre. Lassitnde rapide. Pas d’amaigrissement. P. 65 k. — Hépatoptose sensible à la pression-, néphroptose du 3° degré à gauche; boudin cœcal.
Diagnostic : Entéroptose, avec pseudo-lithiase biliaire, d'origine puerpérale, chez une prédisposée hépatique d'origine infectieuse.
Obs. LXIII (96-699). — M“* J..., 36 ans. — Antécédents : Bonne santé antérieure, sauf fièvre muqueuse à 14 ans ; mariée à 33 ans. Accouchement il y a 18 mois et, 12 jours après, vers 3 heures du soir^ première crise d’indigestion, de 2 heures de durée, avec douleurs à l’estomac, à l’hypochondre droit et dans le dos, et vomissements ; ces crises reparurent depuis une à deux fois par semaine, et l’une d’elles dura 4 jours pendant lesquels la malade ne pouvait ni redresser le tronc, ni boire, ni manger ; amaigrissement de 15 kil. cet hiver (73 > 58,5). — Etat actuel : dernière crise, il y a 3 semaines ; appétit; dyspepsie des graisses, des crudités, du vin ; constipation ; sommeil médiocre ; marche difficile, à la moindre secousse douleur oppressive à l’épigastre. — Hépatoptose souple, un peu sensible. Sensibilité à la pression au niveau de l’épigastre et de l’incisure ombilicale. Néphroptose droite du 3® degré. -
Diagnostic : Pseudo -lithiase biliaire, avec Entéroptose , d'origine puerpérale.
Obs. LXIV (97,252) M“* E..., 27 ans. — Antécédents : trois enfants (4, 3 ans et 18 mois), malade depuis sa dernière couche ; traitée d’abord pour une ulcération du col utérin, eUe éprouva bientôt les troubles digestifs dentelle se plaint. — Etat actuel: peu d’appétit ; gonflement d’estomac de suite après le repas ; oppression ; état nauséeux le matin ; constipation depuis sa couche ; sommeil bon ; règles
SIGNES OBJECTIFS
régulières ; amaigrissement ("P, 49,5). — Hépatoptose sensible à l’ineisure ; néphroptose double du 3“ degr'é.
Diagnostic : Prèlithiase biliaire, avec Entéroptose, d'origine puerpérale.
Obs. LXy (96-727)., — M“' B...., 32 ans. — Antécédents : eut un accouchement il y a dix ans, et la maladie date de cette époque : affection gastrique, qui s’aggrava il y a 6 ans sous l’influencé de la douleur de son veuvage ; il y a 3 ans la maladie se compliqua de crises avec vomissements alimentaires, durant 4 heures, avec douleur tordante, étouffement, gonflement, etc. ; ces crises étaient ramenées par la moindre émotion. Une cure à Vichy l’an passé en diminua la fréquence; la dernière crise il y a un mois. — Etat actuel .-'appétit passable ; dégoût de la viande-; aigreurs, parfois vomissemènts glaireux le matin; amaigrissement de 2 kil depuis 1 an (46 > 44 kil., 48 kil. il y a 10 ans). — Hépatoptose sensible; néphroptose du 3'^ degré à droite, du 1" à gauche.
Diagnostic : prélithiase biliaire, arec Entéroptose, d'origine puerpérale.
Obs. LXVI (97-547) M“*® P..., 40 ans. — Antécédents: née au Brésil qu’eUe habita 18’ années; quelques douleurs d’estomac avec oppression dans son enfance, puis, aux époques menstruelles, dou- . leurs lombaires et abdominales; à Tâge de 18 ans, à la suite de cha- , grins, ictère durant 6 mois, et, pendant les mois suivants, état subictérique ; eut, en même temps que ce symptôme, tristesse, douleurs épigastriques, pesanteurs d’estomac. Mariée . à 20 ans, elle éut pondant sa grossesse vomissements et vertiges et garda la chaise-longue durant 8 mois ; un mois après la couche, à la suite d’un saut, pr-->lapsus utérin, métrorrhagie ; sevrage au 8“ mois, puis, 7 mois après, à la suite d’un refroidissement, crise avec vomissements durant de x jours; 2e grossesse (il y a 16 ans), la mort de son enfant, qu’elle allaitait, provoqua un état de nervosisme. Survint, il y a 12 ans, uae 3* grossesse qui fut normale ; il y a 8 jours, pendant une époque menstruelle, crise de douleurs hépatiques sans vomissements, durant 3 jours. — Etat actuel: douleurs constantes de l’hypochondre droit, qui augmentent après les repas ; appétit variable ; pesanteurs après les repas ; tendance à la constipation. Insomnie après 2 heures du matin, règles réguhères ; marche facile ; parfois douleurs des articulations des doigts et de l’épaule du côté droit, du sciatique gauche. — Hépatoptose sensible à l’ineisure ; néphroptose du 3' degré à droite et à gauche, celle du côté gauche sensible à la pression; corde transeerse; sensibilité du jlanc gauche à la pression.
PALPATION DU FOIE
Diagnostic ; Pseudo-lithiase biliaire, peut-être ^d'origine psychique, ch^z une prédisposée hépatique, aggravée par la puerpéralité. Entéroptbse larvée. Prodrômes de la phase rhumatismale de V hépatisme.
Obs. LXVII (91-632) B..., 48 ans. — Antécédents: ni
enfants, ni . fausse couche, bonne santé antérieure, sauf quelque anémie? (règles pâles et pertes blanches). 11 y a 5 ans, chute, qui n’eut pas de suites, sur un parquet ; il y a 3 ans, cholérine avec vomissements et coliques assez violentes ; il y a 1 ans, à la suite de démêlés conjugaux, survint brusquement de l’excitation nerveuse avec crises, symptôme d’agitation, claquements de dents, vertiges ; gonflement intestinal et éructations après les repas; amaigrissement léger; l’hydrothérapie, l’arsenic, l’air de la campagne furent efficaces. Les règles furent supprimées dès le début de la maladie. — Etat actuel : état nerveux; appétit, sommeil bons; selles régulières — hépatoptose sensible ; néphroptose du degré à droite.
Diagnostic : neurasthénie hépatique d'origine psychique, peut-être liée à la ménopause. Entéroptose larvée.
Le traitement de TEntéroptose, en particulier la sangle, rendirent service à la malade.
Obs. LXVIII (97-8). — M“*G..., 47 ans. — Antécédents: mère rùorte de néphrite à 60 ans, père mort d’une affection cardiaque à 70 ans. Etait sujette aux migraiues. 4 couches normales (enfants de 24, 21, 18 et 14 ans). Il y a 12 ans, à la suite d’une émotion, crampes d’estomac, subictère, et, le 8' jour, hématémèse ; la.malade n’a jamais dû garder ledit. — Etat actuel : se plaint de douleurs fré^ queutes en ceinture et dans la région dorsale, parfois vertige; crampes d’estomac presque chaque semaine. Appétit bon, pas de dyspepsie, tendance à la constipation, sommeil bon ; règles régulières, pas d’amaigrissement (P. 49 kil.). — Hépatoptose; sensibilité à la pression sous L’appendice xyphoïde; néphroptose du 3“ degré à droite, du à gauche; gargouillement gastrique; corde transcerse sous ombilicale; cæcum étroit.
Diagnostic : prélilhiase biliaire, d'origine psychique, chez une prédisposée hépatique {migraines, crampes d'estomac). Entéroptose larvée.
Obs. LXIX (97-548). — R..., 40 ans. — Voici queUe était,
en 1893, l’histoire de cette malade que j’ai vue à quatre reprises depuis
signes objectifs
cette époque. — Antécédents : bonne santé antérieure ; un enfant il y . a 9 ans; depuis lors, fréquemment mal d’estomac et digestions lourdes ; il y a 3 ans, douleurs de l’hypochondre droit et de l’épaule droite, examen médical négatif ; il y a 1 an, aux bains de mer, début d’une fièvre peut-être paludéenne et depuis, tops les 15 jours, accès fébriles, parfois frissons, à deux reprises douleurs de courbature qui alitent la malade durant 24 heures ; souvent gravelle dans les urines ; parfois urticaire. — Etat actuel (1893) ; appétit bon ; digestions lourdes ; parfois aigreurs ; constipation ; sommeil médiocre ; règles régulières ; fréquemment douleurs de l’hypochondre droit. — Sensibilité du Joie à la région épigastrique et la douleur à la pression retentit a la région mammaire droite.
Diagnostic : hépatisme {congestihilité du foie), d'origine puerpérale, peut-être aggravé par l'impaludisme ; uricémie, rhumatoïdisme cowsecwiJt/s.— Traitement approprié.
1894. — Les douleurs du côté droit furent remplacées, après, 3 mois, par une sensation de brûlure d’estomac : toutes les 6 à 8 semaines, douleur de l’hypochondre droit qui se termine le soir vers 9 heures par une crampe d’estomac durant 2 à 3 heures, et, ces derniers temps, tous les 2 ou 3 jours, retour des crampes d’estomac — Etat actuel : pesanteurs et éructations après les repas, battements de cœur et angoisse au milieu de la nuit, douleurs de l’hypochondre droit et de l’épaule droite ; éphélides, xanthômes. — Néphroptose du 3* degré à droite; sténose des trois segments.
Second diagnostic : prélithiase biliaire, Entéroptose,
1895 : deux mois après sa cure, puis en février, crise de 8 jours de durée, avec vésicule très distendue; enfin, en avril, crise violente, suivie d’un ictère de six semaines (P. 47 kil.) — Abdomen très flasque, très ridé; foie sensible au niveau de Vincisure; néphroptose du 3* d^gré à droite ; sténose des trois segments.
Troisième diagnostic : lithiase biliaire avec Entéroptose.
1897. La malade, qui revint à Vichy en 1895, n’a pas eu de crise depuis 2 ans ; le poids du corps a augmenté de 8 kil. (47 < 55). Encore parfois, battements cardiaques et angoisse la nuit ; sable urique. — Hêpatoptose, profonde, souple, sensible; bord du foie tranchant, aminci ; néphroptose du 3® degré à droite.
Diagnostic : Hépatisme lithiasique uricémique, avec Entéroptose larvée.
PALPATION DU FOIE
Combien, au point de vue doctrinal, est intéressante une pareille observation, dans laquelle on voit le syndrôme subir des transformations successives (phase gastrique, phase entéroptosique (névropathique des auteurs), phase hépatique proprement dite, phase arthritique), parallèles aux modalités objectives qui se succèdent dans le foie (congestion du lobe gauche ; congestion du lobe moyen ; ptose). Seul le « procédé du pouce » a pu déceler les signes objectifs anormaux de ce foie, que la palpation classique eût chaque fois déclaré normal. On voit également l’hépatoptose comme le dernier acte du processus de ptose.
ObS. LXX (96-736). — B..., 27 ans. — Antêcêdent$ : il y
a 7 ans, appendicite, 3 à 4 semaines de lit, fièvre, vomissements, longue convalescence ; deux enfants (5 et 2 ans), qu^elle a nourris. Depuis 2 à 3 ans, douleur presque constante de l’hypochondre droit; fréquemment urticaire; amaigrissement de 7 kil., 5 depuis 1 an (67,5 > 58). — Etat actuel : douleurs de l’hypochondre droit, peu d’appétit; pesanteurs, érectations surtout 2 à3 heures après le repas; 1 à 2 selles diarrhéiques, souvent décolorées, chaque jour ; règles régulières, hypoçhondrie, idées de suicide, d’incurabilité. — Hépatoptose sensible; néphroptose du 3* degré à droite, du 1" à gauche ; gargouillement gastrique ; eUe porte une ceinture qui facilite la marche.
Diagnostic : Neurasthénie hépatique, avec Entéroptose, d'origine puerpérale.
Obs. LXXI (97-673). — M”* A..., 48 ans. — C«tte malade que j’ai vue deux années de suite, en 1896 et 1897, présentait en 1896 l’histoire suivante. — Antécédents : bien portante jusqu’à son mariage, elle eut 20 mois après une fièvre typhoïde, puis, l’année suivante, une fausse couche suivie d’une métrite du col utérin, avec faiblesse et dyspepsie. Cautérisation, hydrothérapie. Puis, pendant 4 ans, cures à Vichy et les trois années suivantes cures à Rôyat. Il y a 5 ans, douleurs articulaires au poignet droit ; parfois gravelle urique. — Etat actuel (1896) : la malade se plaint de faiblesse, impressionnabilité ; peu d’appétit, digestion lente ; tendance à la constipation. — Hépatoptose, bord du foie très souple, indolent, à lobe tombant dans la fosse iliaque ; boudin cœcal, corde transcerse.
1897. — Après 8 mois d’amélioration, retour des malaises digestifs. — Hépatoptose, un peu sensible (et la légère douleur provo-
SIGNES OBJECTIFS
quée retentit dans la région retrosternale et à la pointe de. l’omoplate droite); néphroptose du '6° degré à droite.
Diagnostic : Hépatisme uricémique (gramlle)^ à forme névropathique, avec Entéroptose d' origine puerpérale.
. Obs. LXXII (96-777). — d’Y..., 30 ans. — Antéeédents :
chloro-anémie ^dans l’adolescence, migraines depuis 10 ans, trois grossesses, il y a 9, 6 et 5 ans ; du 3° au 6® mois de la seconde grossesse, douleurs d’estomac continues, avec douleur de l’hypochondre droit, vomissements incoercibles; dégoût de toute nourriture ; injections de morphine ; lavements alimentaires ; cessation brusque de la douleur le 6' mois. Mêmes symptômes pendant le 2' mois de la troisième grossesse. Il y a 3 ans, à l’occasion de chagrins, retour des maux d’estomac et 2 crises de 3 jours de durée à 6 mois d’intervalle, caractérisées par ; coliques, vomissements de bile, pincements d’estomac, suivis, pendant 3 jours, de vomissements et d’anorexie, ces crises débutant vers 10 h. du soir ; un purgatif les terminait ; pas de calcul, mais urines rouges et selles grises ; il y a 1 an, céphalée et diminution gi’aduelle de la vue de l’œil gauche (diagnostic posé : névrite optique et embolie de l’artère centrale'. — Etat actuel : céphalée constante ; appétit, digestion , selles , règles sont réguliers , peu d’amaigrissement (P. 48 kil.). — Abdomen .très maigre, ridé; ligne blanche écartée ; bord du foie abaissé, souple, tranchant, sensible; néphroptose du^^ degré à droite ; sténose ducœcum et de VS iliaque; battement aortique
Diagnostic : Lithiase biliaire, avec Entéroptose, d'origine puerpérale, chez une prédisposée, peut-être héréditaire.
Obs. LXXIII (97-71). — B..., 28 ans — Antécédents :
peu après son mariage, il y a 10 ans, vaginisme, congestion, utérine, constipation opiniâtre, sable urique, nostalgie ; cure à Vichy ; la première grossesse survint il y a 8 ans ; amélioration de la santé ; trois autres grossesses il y a 6, 5 et 1 an ; déchirure du périnée après la première ; périnéorrhaphie après la troisième ; après la quatrième, 2 crises, qualifiées de néphrétiques, une 3" crise il y a4 mois. — Etat actuel : ÿpgéiit bon, pas de dyspepsie, sommeil bon, constipation, fréquentes douleurs à Phypochondre droit, parfois douleurs d’estomac. Pas d’amaigrissement (P. 51,6). — Hépatoptose sensible à l’incisure; néphroptose du 2® degré à droite, du 1" à gauche, cæcum et S iliaque sténosés.
Diagnostic : Hépatisme uricémique, lithiase urique, avec Entéroptose d'origine non élucidée, peut-être puerpérale.
PALPATION DU FOIE
Voici maintenant les 4 observations d’hépatonéphroptose de la 3® variété, avec sensibilité du foie de la pression, que nous avons relevées chez les liommes :
Obs. LXXIV (97-345). — M. S..., 38 ans. — Antécédents : syphilis il y a 6 ans. Traitement mercuriel, auquel il attribue l’origine de ses troubles digestifs ; l’an passé blennorrhagie, abus de copahu, aggravation des maux d’estomac; à partir de mai 1894, début de l’amaigrissement et perte, en 15 mois, de 16 kil. (80 >64). — Etat actuel: digestions difficiles, flatulence, éructations ; malaises le plus accentués 4 heures après les repas ; appétit bon; sommeil bon, si- le régime est suivi (pas de farineux) ; tendance à la constipation ; quelques coliques — Foie abaissé, bord souple, 'mince, tranchant, sensible à l’épigastre ; néphroptose du 3' deg*>é à droite ; cæcum en boudin isolable.
Diagnostic : Hépatisme, à phase gastrique, d' origine médicamenteuse ; Entéroptose secondaire (lé diagnostic classique posé avait été: dyspepsie atonique). Après trois .semaines de traitement (cure alcaline, hydrothérapie, régime), le malade va bien ; son poids a augmenté de 5 kilogs.
Obs. LXXV (97-415). — M. B..., 32 ans, docteur. - Antécédents : fils de mère arthritique. Il y a 8 ans, à 24 ans, excès de travail, excès vénériens, repas irréguliers et début de la maladie actuelle par des palpitations, de l’insomnie, avec constipation, gonflement de l’estomac après les repas, douleur épigastiâque assez vive pour nécessiter l’usage de la morphine ou du chloroforme, et, en 9 mois, anàaigrissement de 20 kil; il y a 6 ans il reprit en un mois 6 kil. Tusqu’à il y a 2 ans, fréquentes coliques, accompagnées d’entérite membraneuse. — Etat actuel : appétit vif, régime carné, boisson de lait aux répas ; malaises gastriques après le repas du matin, intestinaux après le repas du soir; ne dort que de 1 heure à 5 heures du matin; constipation depuis 6 ans ; il porte une ceinture Glénard, sans laquelle il ne peut marcher. — Hépatoptose souple, sensible à l’incisure, néphroptose du 1" degré à droite; corde transcerse, cæcum étroit; gargouillement gastrique.
Diagnostic : Hépatisme à forme gastro-intestinale , d'origine nerceuse (?), avec Entéroptose secondaire.
Obs. LXXVI (97-122). — M. V..., 44 ans. — Antécédents-. malade depuis 9 ans. A la suite de surmenage physique et moral, digestions difficiles, douleurs d’eVtomac, puis constipation, hémorrhoïdes; depuis 4 ans, état « neurasthénique », avec douleurs de
l’épme dorsale, de la nuque, du cerveau, du sacrum » ; il y a 3 ans, et il y a 2 ans, crise hépatique suivie d’ictère, durant 15 jours la première lois, 8 jours la seconde. Depuis 7 ans amaigrissement de 7 kil. (69,5 > 62,5). — Etat actuel . peu d’appétit ; pesanteurs et éructations après les repas; sommeil médiocre; constipation, souvent selles glaireuses ; fatigue par la station debout ou par la marche ; se plaint de deux tumeurs dans le côté droit, l’une sous les côtes, l’autre dans le flanc droit, celle-ci sensible à la pression. Les divers médecins qui l’ont vu sont restés indécis sur la localisation et la nature de ces tumeurs. — Hépatoptose sensible à l’incisur-e: néphroptose du 3® degré à droite (c’est sa tumeur supérieure), boudin caecal (sa tumeur inférieure sensible).
^ Diagnostic : neurasthénie hépatique, postlithiase biliaire d'origine peut-être psychique ; Entéroptose secondaire.
Obs. LXXVII (96-697). -- M. H..., 29 ans. — Antécédents: il y a 7 ans, il tomba d’un parapet sur un rocher ; ce fut le côté droit qui porta, il fut relevé à moitié mort et considéré cpmme perdu, eut une hématurie de 5 à 6 jours et 1 mois 1/2 de lit; depuis lors il resta pâle, anémique ;, nn an après, congestion hépatique (teint subictérique, anorexie, faiblesse, constipation, céphalalgie) durant trois semaines et, depuis lors, pareille maladie revient une à deux fois par ans, la dernière il y a 2 mois. Trois cures à Vichy en 92, 93, 94. — Etat actuel : teint très pâle ; appétit bon ; pas de dyspepsie ; selles régulières, sommeil bon ; urines sans albumine (P. 59 k.) — Bord du foie abaissé, aminci, tranchant, souple, un peu sensible; néphroptose double du 2' degré, le rein droit un peu plus sensible que le gauche.
Diagnostic : Hépatisme d'origine traumatique, Entéroptose , larvée. ■
Voici enfin les trois derniers cas par lesquels se termine cette longue énumération des 80 malades atteints d’hépatonéphroptose què nous avons rencontrés sur notre millier de sujets appartenant au groupe des maladies de la nutrition.
Hépatonephroptose de la 3® variété avec augmentation de densité du foie à la palpation.
Trois cas seulement de cette sous-variété ont été rencontrés, et, dans les trois cas, chez des femmes.
Obs. LXXVIII (97-799;. — îd-® B..., 29 ans. — Antécédents: bonne santé antérieure, sauf légère anémie de 16 à 19 ans ; mariée à
PALPATION DU FOIE
26 ans (il y a 3 ans), eut deux couches, dont la première gémellaire ; à la deuxième grossesse, il y a 1 an, insertion vicieuse du placenta(?). Séjour dans l’Annam, à partir d’octobre 1896 ; là, à la suite d’une îrayeur et d’excès de fatigues, elle est a;teinte le 1" avril 1897, d’une congestion du foie avec diarrhée profuse de 10 à 20 selles par jour, dont le paroxysme fut atteint le 20 mai ; le foie dépassait le rebord costal de deux travers de doigt. La malade, amaigrie de 7 k. (54>47), revint à Port-Saïd en juin, la diarrhée persista, avec 2 à 4 selles par jour, résistant à toute médication (régime, ratanhia, tannin, bismuth, diascordium, sulfate de soude, naphthol, salol ; seul l’élixir parégorique était un peu efficace). La malade rentre en France et vientà Vichy demander la guérison. — Etat actuel : Diarrhée de 2 à 4 selles par jour; anorexie; alimentation de lait (2 litres par jour), œufs, côtelette, purées, jus de viande; de suite après le repas, coliques transverses, douleurs sourdes à l’estomac ; sommeil irrégulier ; faiblesse. Poids 47 kil. — Abdomen proéminent, élastique ; sténose du cæcum et ds VS iliaque; néphroptose bilatérale du 3” degré; hépatpptose rênitente, bord tranchant.
Le diagnostic n’était pas douteux : Entérite chronique, de cause hépatique (cause seconde), d'origine tellurique (Q.QMs,e première), chez une Entéroptosique (Entéroptose secondaire, ou puerpérale ?) Le traitement déduit de cette pathogénie, surveillé de très près, ainsi qu’il est nécessaire, et répondant aux indications tirées de l’état du foie (cure alcaline, sulfate de soude 7 gr. tous les matins, diète azotée exclusive), de l’anorexie (Hcl avant les repas), de la splanchnoptose (sangle), de la dépression générale (hydrothérapie froide), amena en 25 jours une guérison qui se maintenait encore 2 mois après, la malade ayant continué l’usage du sulfate de soude, de la viande crue, et ayant repris chez elle, un mois après la cure, 250 gr. par jour d’eau de Vichy chauffée (Grande-Grille), avant les repas. La sangle, mal supportée les 2 premiers jom’s, fut ensuite appréciée comme, rendant la malade plus forte; le 20® jour, le foie, toujours en ptose, avait repris une consistance souple, était légèrement sensible à la pression.
Obs. LXXIX (97-544). — M”« B..., 43 ans. — Antécédents: à l’àge de 3 ans, fièvre typhoïde ; à l’âge de 17 ans, début d’une affection digestive, avec lourdeur gastrique et céphalée après les repas, qu’eUe soulageait en provoquant des vomissements. Mariée à 25 ans.
SIGNES OBJECTIFS
elle a 3 enfants âgés de 7, 5 et 2 ans; pendant la nourriture du pre mier, état neurasthénique, qui se dissipa et reparut il y a 4 moié à la suite d’une frayeur. — Etat actuel : découragement, idées noires, phobies ; peu d’appétit ; étouffements, céphalalgie après les repas, dyspepsie du lait. Tous les matins, état nauséeux, faciès vultueux, pituite spumeuse constipation ; réveil à 4 heures du matin avec malaise général, crampes des orteils, bâillements ; règles irrégulières; supprimées depuis 4 mois, oriychophagie. Amaigrissement de 18 k. 5 depuis 2 ans (73,5 > 55) ; langue sale — hépatoptose pénitente, indolent (type delà fig. 1); néphpoptose du- 3' degpé à dpoite ; eopde tpanscepse.
Le traitement (cure alcaline, laxatifs salins, douches froides, amers, bromure), transforma rapidement cette malade physiquement et moralement. Il confirme donc le diagnostic qui résulte de l’histoire de la malade : nèuraslhénie hépatique d'origine puerpérale, arec Entéroptose larvée, chez une prédisposée (nerrosique? ou hépatique?). trois semaines
de traitement la consistance du foie était devenue normale.
Obs. LXXX (97-749).— W..., 38 ÿ>xiB.— Etat actuel : se plaint
de son état nerveux et d’une céphalalgie temporale gauche gravative, constante presque depuis 10 ans, s’aggravant si elle baisse la, tête ou si elle a une émotion ; elle la combat en prenant 2 à 3 doses de 1 gramme d’antipyrine par jour. L’appétit est boii, la malade recherche les crudités ; gonflement, somnolence, pesanteurs après les repas ; constipation habituelle ; insomnie médio-nocturne ; peu de forces pour la marche. Amaigrissement de 6 kil. en 3 mois (71 >65). — Antécédents: bonne santé antérieure, sauf tendance â la constipation. Six enfants (l’aîné 16, le cadet 11 ans) qu’elle allaita; bonnes couches, sauf, après, la première, abcès de la vessie (?) et plusieurs semaines de lit. 11 y a 1.0 ans, au 7* mois de l’allaitement de son 4® enfant, elle dût sevrer à cause d’un état de névrose, avec irritabilité, boule hystérique, céphalalgie constante, intolérable, insomnie, douleurs d'estomac, vomissements incessants ; seule, l’antipyrine (3 à 4 ddses de 1 gramme chaque par jour), la soulagea. Sa santé était devenue, satisfaisante, â part la céphalalgie qui persista depuis, lorsque, il y a 6 mois; elle fut atteinte, sans cause appréciable, d’une diarrhée de 5 â 6 selles par jour, survenant de suite après les repas et vers 2 heures du matin, avec glaires et membranes ; en même temps anorexie et amaigrissêment graduel de 6 kil. Le séjour au bord de la mer la remit dés le 4® jour, et le poids, qui avait diminué de 6 kil., reprit de 1 kil.; mais la céphalalgie, qui avait disparu durant la diarrhée, repaimt dès
PALPATION DU FOIE
que ceUe-ci eût cessé. — Abdomen mou ; pannicule épaix ; Hépatoptose pénitente, sensible, et la sensibilité à la pression irradie au sternum; néphroptose bilatérale du degré ; sténose des 3 segments; battement épigastrique.
Le diagnostic ne doit-il pas être posé ainsi : neurasthénie hépatique, d'origine puerpérale, avec. Entéroptose larvée ? Lst-ce que les indications n’étaient pas de combattre, dans le foie, cette céphalée neurasthénique, dont le caractère symptômatique était si bien ^?vélé, non seulement par les anamnestiques, mais par le fait de son alternance avec la diarrhée. Celle-ci n etait-elle pas également un symptôme hépatique ?
Avec les 42 observations que nous avons résumées et groupées sous la rubrique d’ « hépatonéphroptose de la 3® variété », se dot la liste des 80 cas, sur un millier de ehroriicitants, systématiquement explorés à ce point de vue, dans lesquels fut rencontrée l’hépatonéphroptose.
Rappelons que, sous le nom d’ « hépatonéphroptose » nous voulons signaler l’existence simultanée, chez un même malade, d’un foie mobile et d’un rein mobile. Nous croyons avoir démontré d’ailleurs , et notre doctrine est généralement acceptée aujourd’hui, que le caractère de mobilité, dans les viscères abdominaux, implique nécessairement ceux d’ectopie et d’abaissement et, en plus, pour le foie, celui de déformation; que, de ces divers caractères, solidaires l’un de l’autre, c’est, non pas le caractère de mobilité ou celui d’ectopie, ainsi que les auteurs l’ont interprété jusqu’à ce jour, mais celui d’abaissement, de ptose, qui le seul ait une valeur clinique. Nous avons déterminé les signes diagnostiques de la ptose des différents viscères : la ptose de l’estomac, celle de l’intestin, accompagnée ou non de sténose de cet organe, n’étaient pas connues cliniquement, nous en avons fait l’histoire ; la ptose du rein n’était connue que dans son état le plus accentué et le .plus rare, nous avons montré, en indiquant la technique de palpation à l’aide de laquelle il était facile de les reconnaître, qu’il existait trois autres variétés de ptose du rein, moins accentuée mais tout aussi nette que celle connue, et d’une
SIGNES OBJECTIFS
extrême fréquence. Get enseignement a été partout contrôlé et partout vérifié dans son exactitude.
Abordant l’étude de la ptose du foie, nous avons constaté que, dans le nombre infime d’observations relevées jusqu'à ce jour (80 cas) et décrites sous la rubrique de « foie mobile », s’étaient glissées, dans près de la moitié des cas (48 %), des erreurs sur la nature de la maladie hépatique et, dans plus du tiers des cas (35 °lo), où le diagnostic fut vérifié par l’autopsie, une erreur de localisation, la tumeur considérée comme un foie mobile n’étant pas constituée par le foie. Nous en avons conclu à l’insulfisance des repères diagnostiques indiqués par la séméiologie classique, nous avons alors déduit, de l’anatomie topographique et des connexions du foie, les signes objectifs théoriques de sa mobilité; à l’aide de ces signes objectifs, pour la constatation desquels nous avons appliqué une technique spéciale nouvelle de palpation qui seule pouvait les mettre en évidence, nous avons recherché sytématiquement la mobilité du foie chez un millier de malades.
Parmi le nombre relativement grand de foies que nous avons rencontrés, réalisant les conditions objectives du foie mobile théorique, c’est-à-dire ptosé, nous avons mis à part les cas, au nombre de 80, dans lesquels, avec la ptose du foie, coïncidait la ptose du rein. C’était, pensions-nous, augmenter les garanties de diagnostic de ptose du foie.
Enfin, comme il s’agissait d’un type objectif du foie absolument nouveau, puisque seule là nouvelle technique de palpation permettait de le reconnaître sur le vivant, nous avons dû chercher quelle était sa valeur clinique et vérifier si un groupemement des malades, basé sur ce seul caractère, réunissait entre eux des malades semblables, si ce type nouveau de ptose du foie était vraiment un caractère de classification nosologique, si cette classification était naturelle.
Pour y arriver, nous avons, parmi ces 80 cas, séparé trois • groupes secondaires, trois variétés d’hépatonéphroptose suivant la forme et la direction de la ligne décrite par le bord inférieur du foie : première variété, dans laquelle cette ligne
PALPATION DU FOIE
se brise pour circonscrire un lobe pendant, dont les deux bords sont accessibles sous forme d’arête tranchante ; deuxième variété, où la ligne du foie est également brisée, mais dans laquelle le lobe circonscrit ne présente d’arête tranchante que sur son bord interne ; troisième variété, avec bord du foie rectiligne. Dans chacune de ces variétés nous avons étudié à part les foies présentant, soit une sensibilité à la pression, soit une consistance, plus accentuées que la sensibilité ou la consistance normales.
Or, nous avons vu par l’analyse, puis la comparaison des deux premières variétés, comprenant, la première 26 cas, là seconde 12 cas, que :
1° Les traits symptomatiques fondamentaux sont les mêmes chez ces . 38 malades, groupés, sans élimination aucune, d’après le seul caractère de ptose du foie et du rein. Ce sont les suivants : affection de l’appareil digestif avec trouble des fonctions gastrique, hépatique et intestinale ; trouble du sommeil ; faiblesse ; amaigrissement ; diminution du calibre de l’intestin ; efficacité chez tous d’un même traitement (sangle, laxatifs quotidiens, régime carné, alcalins). C’est le syndrôme de l’Entéroptose.
2° Les traits symptomatiques superficiels, qui donnent au syndrôme entéroptosique l’allure, tantôt gastro-intestinale, tantôt hépatique, tantôt neurasthénique, sont en -rapport avec l’état de sensibilité à la pression et de consistance du foie. Le foie est donc l’arbitre de la symptomatologie.
3° Les caractères, tant superficiels que fondamentaux du syndrôme, chez les malades présentant cette ptose du foie, nouvellement acquise à la clinique, sont identiques aux caractères que l’on rencontre chez 48 o/o des malades classés, en littérature médicale, sous la rubrique de « foie mobile ». La ptose nouvelle du foie appartient donc à la même famille et les caractères objectifs qui ont servi à la classer sont plus pathognomoniques que ceux adoptés pour caractériser la maladie dite du <c foie mobile » puisque tous nos cas, sans élimination, et non 48 .% seulement comme avec la sé-
SIGNES • OBJECTIFS
méiologie classique, appartiennent au même groupe naturel. La ptose du foie, telle que je la décris, est donc le vrai type nosologique de la maladie dite du « foie mobile » .
Voilà ce que nous a appris l’étude des deux premières variétés de l’hépatonépbroptose. Il s’agit de voir maintenant si la comparaison, avec ces cas, des 42 malades de la troisième variété, confirmera encore la valeur clinique du nouveau type de ptose du foie comme base de classification nosologique.
Tout d’abord quels diagnostics eussent été posés, sont actuellement posés par l’Ecole actuelle chez ces 42 malades ?
DIAGNOSTIC ODASSIQUE
(symptomatique)
. posé chez 42 malades présentant de l’hépatonéphrop'tose (3® variété)
( (obs. XLIV, XLYIII, LI, LVir, i
Dans 10 cas < lviii, lix, lx, lxvii, lxx, > neurasthénie gastrique.