‹ Les puissances devant la révolte arabeChapitre 5 sur 30 · LE COMITÉ NATIONAL ARABE · texte numérisé non relu

LE COMITÉ NATIONAL ARABE

aux Nations éclairées et humanitaires de l'Europe et de l'Amérique du Nord.

« Un grand changement pacifique est à la veille de

se produire en Turquie. Les Arabes, que les Turcs ne tyrannisent qu’en les maintenant divisés par des ques-

‘ 4 vol., 3 fr. 50, chez Plon et Nourrit, éditeurs.

tions insignifiantes de rite et de religion, ont pris conscience de leur homogénéité nationale historique et ethnographique, et veulent se détacher de l’arbre vermoulu d'Othman pour se constituer en État indépendant.

« Ce nouvel empire arabe s’étendra dans les limites de ses frontières naturelles, depuis la vallée du Tigre et de l’Euphrate jusqu’à l’isthme de Suez, et depuis la Méditerranée jusqu’à la mer d'Oman. Il sera gouverné par la monarchie constitutionnelle et libérale d’un Sultan arabe.

« Le vilayet actuel du Hedjaz formera, avec le territoire de Médine, un empire indépendant et dont le souverain sera en même temps le Calife religieux de tous les Musulmans. Ainsi, une grande difficulté, la séparation du pouvoir civil du pouvoir religieux dans PIslam, aura été résolue pour le plus grand bien de tous.

« Nous respecterons tous les intérêts des étrangers actuellement engagés dans notre pays et toutes les concessions qui leur ont été accordées jusqu’à ce jour par les Turcs. Nous respecterons également l’autonomie du Liban, le statu quo dans les sanctuaires chrétiens de la Palestine et dans les principautés indépendantes du Yémen et du golfe Persique.

« Nul homme honnète et loyal ne peut être hostile à ce mouvement bienfaisant qui ouvrira un immense débouché au commerce international et assurera d'innombrables placements avantageux et sûrs aux capitaux européens.

« Par le fait même que nous nous détacherons dela Turquie, toutes les autres nations opprimées, les Kurdes, les Arméniens, les Albanais, etc., etc., recouvreront leur liberté ; car c’est par les Arabes que les Turcs contiennent les Albanais, et c’est par les Alba-

nais qu'ils écrasent les Bulgares ; de même, c'estencore par les Arabes qu’ils compriment les Kurdes et c’est par les Kurdes qu’ils massacrent les Arméniens. Lors donc que nous aurons abandonné le Sultan, chaque nation proclamera son indépendance et le monde sera délivré de ce brandon de discorde qu’on appelle la question d'Orient.

« Nous demandons aux puissances de ne faire aucun sacrifice pour nous, ni d'entreprendre aucune démarche armée en notre faveur ; nous prions seulement les États éclairés et humanitaires de l’Europe et de l’Amérique du Nord de favoriser par leur simple neutralité notre mouvement, de nous encourager de leurs sympathies et nous saurons mener à bonne fin notre sainte et glorieuse entreprise. Nous sommes 42 millions d’Arabes opprimés par quelques centaines de fonctionnaires turco-circassiens, tous prêts à trahir leur padischah dès qu'ils nous verront les plus forts. »

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