LIMONADE AU TARTRATE DE SOUDE
Acide tarlrique.20 gi’ommes
Bicarbonate de soude ..... 22 —
Sirop de limons.00 —
Eau quantité suffisante pour une demi-bouteille de limonade qu’on pourra rendre gazeuse.
A prendre le matin à jeun, par verres à un quart d’heure d’intervalle.
Beaucoup de limonades purgatives que l’on trouve dans le commerce ont pour base le lartrate de soude et non pas le citrate de magnésie.
Le lartrate double de potassium et de sodium (C^lBKNaO'’-l- 4IPO) a été découvert en 1772 par Seignette, pharmacien à la Rochelle. On le prépare en saturant le bitartrate de potassium (crème de tartre) par du carbonate de sodium. 11 cristallise en prismes rhomboïdaux droits, solubles dans moins de trois parties d’eau froide, insolubles dans l’alcool, légèrement efflorescents et d’une saveur très peu prononcée.
11 est bon de faire l’essai du sel de Seignette avant de l’employer; il peut contenir accidentellement du cuivre, ou avoir été additionné de différents sels de soude; on s’assurera donc que sa solution ne bleuit pas par 1 ammoniaque et, fortement acidulée par l’acide nitrique, ne précipite ni par l’acétate de plomb, ni par l’azotate d’argent.
A.la dose de 2 à 4 grammes il agit comme diurétique; donné à doses plus élevées, de 20 à 00 grammes, c’est un bon purgatif. Convenant aux hommes, aux enfants, aux personnes faibles, on l’utilisera surtout pour évacuer les
matières intestinales et modifier la muqueuse digestive chez les typhiques et dans les états typhoïdes avec météorisme abdominal. On peut aussi le donner comme laxatif, à prendre à doses moyennes pendant plusieurs jours. On a conseillé le bouillon comme un véhicule parfait pour l’administrer.
Le Codex fait rentrer le sel de Seignette dans une préparation officinale, qu’il nomme poudre gazogène laxative et qu’il emprunte à la pharmacopée anglaise.
POUDRE GAZOGÈNE LAXATIVE Sediitx Powder (British Pharmacopæia)
Bicai-bonale de soude pulvérisé . . 2 grammes
Sel de Seignette.. 0 —
Mêlez (pour une dose ; dans un paquet bleu).
Acide tarti’ique pulvérisé.2 grammes
(Pour une dose; dans un paquet blanc).
Faire dissoudre le paquet bleu dans un verre d’eau rempli jusqu’aux deux tiers de sa capacité ; ajouter le paquet blanc, agiter et boire aussitôt.
CITRATE ET acétate DE SOUDE
Le citrate de soude a été essayé par Delioux; à la dose de 50 à 50 grammes, il donne de bons résultats comme purgaiif. 11 est très peu employé et ne présente aucun avantage.
h'acétale de soude a pu être préconisé, comme étant d’un prix inférieur et d’une saveur assez faible; diurétique à doses faibles, il devient également purgatif à doses élevées. Son emploi est à peu près nul.
Dans l’emploi des sels précédents, acétate, citrates, tar-
traies, il est un point qui devra toujours guider, soit pour les rejeter, soit au contraire pour les prescrire : c’est la manière dont ils sont brûlés par l’organisme. Ces sels en effet sont transformés en carbonates et s’éliminent comme tels par l’urine qu’ils rendent alcaline ; il faudra donc proscrire leur emploi chez les malades disposés aux gravelles phosphatique et oxalique, tandis que l’on en obtiendra de bons résultats chez les gens dont les urines sont rares, et chargées d’acide urique.
SOLFOVINAIE DE SOÜDE
Ce sel a été préconisé par Rabuteau ; il a pour formule chimique (SO'NaC^H'-t-ffO); on le prépare en saturant par du carbonate de soude l’acide sulfovinique ou éthylsulfurique dissous dans l’alcool ; il se forme du sulfovinate de soude qui reste dissous et une certaine quantité ^ de sulfate de soude oui se dépose; on filtre, on distille l’alcool et on fait cristalliser; il est utile, pendant l’évaporation, de maintenir la liqueur à l’état de neutralité; on ralentit ainsi l’altération qu’éprouve le sulfovinate do soude sous l’influence de l’eau et de la chaleur.
C’est un sel cristallisé en tables hexagonales solubles dans leur poids d’eau froide, dans l’alcool et dans la glycérine, de saveur fraîche avec un arrière-goût sucré, se décomposant vers 120 degrés en dégageant des vapeurs d’alcool.
Ce sel est susceptible de se décomposer spontanément à la température ordinaire, sous l’influence de l’eau; 1 acide sulfovinique se transforme en partie en acide sulfurique, qui décompose une partie correspondante du sulfovinate de soude encore inaltéré, et l’acide sulfovinique, ainsi mis en liberté, s’hydrate à sou tour, donne de nouvel acide sulfurique, de sorte .que la réaction une fois commencée s’accélère d’elle-même jusqu’à ce que la décomposition du sel soit complète; ces plwnpmènes se produisent dans les solutions aqueuses de sulfovinate de soude et même
dans les cristaux sous l’influence de leur eau de cristallisalion ; il suffit qu’une petite quantité de celle-ci, séparée par efflorescence, attaque les cristaux voisins et amorce la réaction.
Il y a donc lieu de renoncer à l’emploi d’un corps de conservation aussi incertaine, et ne présentant, comme compensation, aucun avantage réellement marqué. De plus le sel du commerce peut être barytique, ce qui le rendra toxique. On lui fera donc subir les essais suivants; il doit se dissoudre intégralement dans l’alcool et dans l’eau ; sa solution ne doit précipiter ni par le chlorure de baryum, ni par le sulfate de soude; il ne doit pas charbonner lorsqu’on le calcine un peu fortement.
Pour Rabuteau ce serait un purgatif excellent, « le type des purgatifs dialytiques connus », d’un effet certain aux doses de 15 à 25 grammes dans deux ou trois verres d’eau simple ou mieux d’eau de Seltz; rapides effets et sûrs, pas de coliques ni de constipation consécutive, pouvant s’administrer aux femmes enceintes sans qu’on ait à redouter de contractions utérines, tels seraient ses avantages suivant l’auteur, qui reconnaît d’ailleurs les altérations qu’il peut subir.
Le sulfométhylate de soude, étudié également par Rabutoau, présente les mêmes avantages et les mêmes inconvénients; il n’en serait pas de même du sulfophénate de soude qui aurait toutes les qualités des précédents et qui est indécomposable; pour Rabuteau il mériterait d’être employé comme éliminateur dans les cas d’intoxication saturnine chronique; on n’aurait pas à craindre avec lui la formation de sulfate de plomb insoluble; nous le répétons, le nombre des sels de soude purgatifs est suffisant pour n’avoir pas besoin de recourir à des composés d’effet douteux.
hyi'osülfate de soude
Étudié par le même pbarmacologiste; sans contester l’intérêt que pouvait présenter une étude méthodique des
composfis sodiqiics au point de vue de leur action purgative, il est certain que les résultats obtenus ne sont pas brillants. 11 n’y aurait qu’eà redire pour l’hyposulfate ce qui a été dit pour les solfoétliylates.
CHLORUnE DE SODIUM
Quelle que soit l’importance pbysiologiquc du chlorure de sodium, au point de vue purgatif il ne mérile pas de nous attirer bien longtemps : en effet, il ne peut produire la purgation qu’à la dose de 40 à 50 grammes et sa saveur rend alors son ingestion bien difficile; d’autre part son action évacuante est encore diminuée par la rapidité de son absorption. On a conseillé comme purgatifs les eaux chlorurées sodiques et l’eau de mer ; Ilaycr attribuait même à cette dernière, outre un effet purgatif, une action curative du cancer; les effets laxatifs de l’eau de mer ne sauraient être contestés, mais il ne faut pas oublier la présence dans celte eau d’un certain nombre d’autres sels, entre autres du chlorure de magnésium. D’autre part les eaux purgatives contenant du chlorure de sodium peuvent acquérir, du fait de la présence de celui-ci, des propriétés eupeptiques favorables à la nutrition générale et à la rénovation moléculaire.
Le chlorure de sodium se prend quelquefois en lavements, qu’on peut formuler ainsi :
Sel marin .grammes
kau .500 -
On SC contente parfois de prescrire une poignée de sel dans un demi-litre d’eau.
Tous les sels sodiques que l’on vient de décrire sont diurétiques à doses faibles, purgatifs à doses élevées; ils sont tout à fait inoffensifs, ce qu’on ne saurait dire des sels potassiques, qui ont une action paralysante marquée sur la fibre musculaire et dont certains sont toxiques à doses re-
lativement peu élevées. Rabuleau attribuait leur action à un phénomène osmotique, mais nous avons vn que, si osmose il y a, celle-ci n’a qu’une petite part dans la purgation; il n’y a pas seulement transsudation, mais encore une véritable sécrétion de mucus, excitation sécrétoire réflexe ayant pour cause l’impression produite par le sel sur la muqueuse intestinale; les doses faibles, absorbées rapidement, produisent un effet diurétique qui peut être accompagné de constipation, parce que généralement deux hypersécrétions ne peuvent coexister, et qu’il ne peut y avoir' afflux simultané de liquides sur le rein et sur la muqueuse de l’intestin. Quand ils sont absorbés, ils s’éliminent par l’urine, et ne paraissent avoir aucune action irritante sur le rein; néanmoins peut-être serait-il prudent de ne pas les administrer comme diurétiques ou purgatifs dans les néphrites ; il sera bon alors d’avoir recours comme diurétiques à la digitale ou au lait, et comme purgatifs au jalap ou à la scammonée.
Delioux conseille de faire prendre un lavement évacuatit deux ou trois heures après l’ingestion du sel; en effet, d’après lui, il peut arriver que les évacuations, au lieu de se faire au bout de deux ou trois heures, comme cela se passe d’ordinaire, ne se produisent pas, par suite d’une inertie momentanée de l’intestin ; le sel est alors absorbé et il n’y a pas purgation ; mais si à ce moment on administre un lavement d'eau salée, ou de tout autre liquide, la contractilité intestinale est réveillée et l’effet purgatif est certain.
Outre l’action purgative en elle-même, les sels de soude, comme ceux de magnésie, trouvent une heureuse application contre les diarrhées par catarrhe intestinal, surtout lorscfue celui-ci siège vers la fin de l’iléon et le commencement du gros intestin ; ils constituent alors une méthode substitutive capable de remplacer une inffammation de mauvaise nature par une autre plus facile à guérir ; on les donnei’a donc à la dose de 30 à 50 grammes dans les cas de diarrhée catarrhale aiguë; celle-ci augmentera d’abord, mais changera de nature et s’arrêtera d’elle-même
au bout de quelques heures. Si la diarrhée durait depuis plusieurs jours, on agirait, comme l’indique Trousseau, en donnant 25 grammes de sulfate de soude le premier joui', et 10 grammes les jours suivants, jusqu’à cessation de la diarrhée, qui diminue progressivement.
On pourra les employer également dans les diarrhées cholériques et dysentériques.
Les composés salins, sous forme d’émétocathartiques, réussissent de même dans les diarrhées accompagnées de troubles digestifs et de flux biliaires.
Le sulfate de soude peut servir aussi à entretenir la liberté du ventre dans la lièvre typhoïde ; il agit localement comme modificateur et substitutif, facilite l’évacuation continuelle des sucs intestinaux et devient ainsi un agent de déplétion et un antiphlogistique: de plus les sucs biliaires, pancréatiques, muqueux, ne faisant dans l’intestin qu'un court séjour, n’ont pas le temps de s’y altérer et, partant, de l’irriter.
Toute autre considération mise à part, les sels de soude doivent être substitués aux sets de magnésie toutes les fois (|u’on désire obtenir un effet cholagogue ; en effet, comme on le verra, le sulfate de soude occupe dans l’échelle des cholagogues un rang bien plus élevé que le sulfate de magnésie.