‹ Les puritains d'ÉcosseChapitre 38 sur 41 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

21s entrent dons la grotto t^nébreo^; et c'est 14 qu'iU trouvent le maudits étendu sur le sable, sombre et farouche, cnaevcli dans ses tristes n-flexioa,*(.

ES que Taulje commenra de poiudre sur les montagues, on frappa doucement à la porte de la modeste chambre où. îlorton avait passé la nuit, et une voix enfantine lui demanda du dehors « s"il lui plaisait d'aller à la cascade avant que la maison fût éveillée. »

Il se rendit à l'invitation, et, s'habillaut à la liâte, rejoignit la fillette qu'on lui avait donnée pour guide.

La jeune montagnarde se mit à marcher devant lui, d'un pas vif et léger, par monts et par vaux, dans le demi-jour et les brumes grises du matin. Ne snivapt ni chemin réguher ni sentier battu, elle dirigeait seulement sa course en amont du ruisseau, sans même en côtoyer tons les détours. Plus ils avançaient, plus la nature revêtait un aspect sombre et désolé ; enfin , la vallée u'oft'rit plus autour d'eux que des rocs et des bruyères.

« L'endroit, » demanda Morton, « est-il encore loin ?

— Xons y serons tout à l'heure.

— Viens-tu souvent par ici , mon en faut ?

— Chaque fois que graud'mère m'envoie porter du lait et des provisions.

— Et tu n'as pas peur de faire ce vilain chemin toute seule?

— Mais non. Personne ne voudrait faire du mal h une pauvre petite créature comme moi, et puis grand'mère dit qu'il ne faut jamais avoir peur quand on fait une bonne action.

— 0 sainte innocence ! » pensa-t-il. « Plus forte qu"unetriple armure ! » Et il la suivit sans plus de paroles.

Bientôt ils arrivèrent en face d'une espèce de hallier ravagé , où les épines et les ronces avaient pris la place des chênes et des bouleaux qui le formaient jadis. Peggy, tournant court, quitta la bruyère et, par im sentier de chèvres, conduisit Morton droit au cours d'eau. Un mugissement sourd et monotone l'avait eu partie préparé au spectacle qui se déroula sous ses yeux, et que néanmoins on ne pouvait contempler sans surprise et sans terreur.

A l'issue de la traverse qui le fit sortir du hallier, il se trouva au bord d'uue roche plate, en saillie sur le flanc d'un ravin, de plus de cent pieds de profondeur. C'était là que le sombre torrent, franchissant l'espace d'un saut brusque et rapide, allait s'engloutir dans les épaisses ténèbres d'un goufi're béant. L'œil cherchait en vain à percer l'insondable abîme: il ne parvenait à saisir qu'uu jaillissement d'écume bouillonnante, une avalauche vertigineuse, jusqu'à ce qu'il fût arrêté par les rocs tranchants qui hérissaient le fond de la cascade, et dérobaient à la vue l'obscur réservoir où elle précipitait ses eaux en furie. Plus loin^ à une distance d'environ ciuq cents jjas en aval, émergeait le torrent dans un lit plus large et à ciel ouvert. Mais, jusque là, il n'était pas plus visible que s'il eût passé sous les voûtes d'une caverne, tellement l'encaissaient et le surplombaient même les masses de granit, à pic ou eu ressaut, au milieu desquelles il s'était furtivement frayé un passage.

Morton restait confondu d'admiratiou devant cette scène tumultueuse, que la nature, en l'entourant d'obstacles, semblait avoir mise à l'abri de tous les yeux. Son jeune guide debout près de lui sur la plate-forme, le tira par la manche, et lui dit, en criant, tout j^rès de son oreille :

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