FABRICATION DE LA ROBE SANS COUTURE DE X. S. J. C
(Franç. 1537, fol. 36).
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Nicole Dupuis, Nicole Lescarre, Jacques Le Lieur, Jean Marot, Clément Marot, Nicole Osmont, Jean Parmentier, Guillaume Thibaut et Nicole Vestu.
La première figure qui sert de commentaire au chant royal du Grand Drappicr, de Crygnon, se divise en deux sujets superposés.
Dans la partie supérieure on voit, à droite, ' Noire-Seigneur, habillé en teinturier, debout près d’une cuve placée sur un feu ardent; une religieuse attise la flamme, et Jésus tire de la chaudière une toison de couleur violette ; à gauche, Lucifer, près d’un feu que souffle un diablotin, tire d’une autre cuve des toisons de couleur noire. Au-dessous de cette scène bipartite une femme vêtue en religieuse tient un fuseau à la main; deux servantes auprès d’elle sont occupées à carder la laine. Adam et Eve suivent de l’œil tous ces préparatifs et paraissent attendre avec une certaine impatience que la fabrication de leur vêtement soit terminée.
Les figures qui suivent ne sont pas moins extraordinaires : on y remarque Adam dans la fosse de la mort, f° 21 ; Jésus terrassant la nature, f* 23 ; le songe de Jacob, f° 25 ; une chapelle, f° 27 ; une imprimerie, £° 27 ; une
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grange pleine de blé, f° 32; l’intérieur d’une forge, f° 44; la pêche du beau dauphin, f° 46; un château fort, f° 67; une cour de justice, f° 71; le concile de Bâle, f° 73; la table ronde de Merlin, f° 85 ; le pèlerinage de Rome, f° 84 (1); le Paradis terrestre, f° 87; le pesage d’une perle, f° 89; un jardinier qui greffe, f° 91 ; un potier fabriquant un vase, f° 93 ; le jugement de Salomon, f° 98 ; un loup pris au piège par une jeune fille, f° 111 ; Adam faisant à Dieu amende honorable à la façon des condamnés ordinaires, la torche en main, f° 108. Ces dessins seraient la plupart du temps incompréhensibles sans les poésies qui les accompagnent: presque toujours la ligne palinodique suffit à en indiquer la signification.
Plusieurs de ces miniatures méritent quelques mots d’explication. Le chant royal n° 10, f° 36, consacré à la robe sans couture, est illustré de la vignette suivante :
La robe de Jésus-Christ est sur un métier
(1) Chant royal où Désir Humain,
Par le dur mors faict à la pomme,
Tenant un bourdon en sa main Veult estre Pelerin de Romme,
Qui la Ville Saincte se nomme,
Et le Pape de ce ta inet lieu Est Jhesus Christ le fils de Dieu.
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Pliotntypie Berthaud, Pari*
Pélf.rin aux portes de Rome.
(Franv i$?7, fol. 84 v°).
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de tisserand; deux femmes placées en arrière travaillent avec ardeur et paraissent avoir achevé les manches et le haut-de-corps ; en avant, sainte Anne dévide la laine nécessaire, et Joachim tient les écheveaux. Sans le pavé de marbre multicolore qui orne l'appartement on dirait l’intérieur d’un atelier flamand. La chaire de pestilence (f° 54) est plus compliquée. Le diable, avec ses attributs ordinaires, fait asseoir de force sur une chaire noire une femme nue. Gomme indication du sort réservé à ses victimes, l’ennemi du genre humain est armé d’une sorte de massue. Derrière lui se pressent d’autres femmes, également nues, et qui doivent, à leur tour, prendre place sur la chaire maudite. Près de là, deux personnages debout: la mère du genre humain, Ève, en proie à la douleur en contemplant le sort réservé à sa descendance, et, à côté d’elle, la Mort tenant à la main son glaive. Au haut du ciel, dominant toute la scène, apparaît la Vierge triomphante. Cette obscure représentation figure, en regard de l’immunité glorieuse de la mère de Dieu, le genre humain tout entier soumis à la tache du péché originel.
Les figures n 09 11, 12, 13 nous transportent au milieu d’allégories non moins subtiles. C’est d’abord une vierge contre laquelle une compa-
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gnie de soldats, avec fifres et tambours, dirigent infructueusement leurs hallebardes; viennent ensuite un astrologue en robe, une sphère à la main, perdu dans la contemplation des cieux (f° 68), et un lit magnifique avec baldaquin, vert et rouge, que préparent trois femmes; deux ouvrent les rideaux, la troisième dresse l’oreille; une armée tout entière est sur pied pour garder cette couche royale. Cette miniature (f* 42) est l’interprétation littérale du chant royal de Marot dont nous avons déjà parlé et qui a pour ligne palinodique :
La digne couche où le Roy reposa.
Nous citerons encore pour leur symbolisme matériel les n°* 32 et 41. Dans le premier (f° 82), Adam et five sont représentés sous la
figure de chalands qui entrent dans une bou¬
tique d’apothicaire. Les détails de l’officine,
bocaux, rayons, mortiers, pilons, fioles et
vases de toutes sortes sont traités avec un soin
scrupuleux. Jésus-Christ est assis au bureau et leur remet un médicament qui porte cette étiquette :
Le restaurant qui pour mort rend la vie.
Quant au second, il nous offre au naturel une femme, la gorge découverte, mettant au monde une jeune fille qui s’échappe de son sein, vêtue de draperies blanches.
Le manuscrit 6989, ancien numérotage, aujourd’hui n° 379, ne mérite pas un examen moins attentif. Les miniatures qui couvrent toute l’étendue du folio, admirables de couleurs et de dessin, paraissent être de plusieurs mains. Tandis que les unes sont empreintes d’un sentiment archaïque, d’autres attestent une inspiration et un faire beaucoup plus modernes. Les premières rappellent assez bien le genre des figures du n° 7584. Plusieurs des sujets traités dans les deux recueils sont d'ailleurs les mêmes. Nous citerons notamment : la Noble Cour rendant à tous justice, la Vierge passant sans lésion à travers les piques (1 ), le Concile de Bas le, la Belle grappe
(1) Le chant royal auquel se rapportait cette miniature avait été composé par Auber et fut couronné en 1521.
En voici le début et l’envoy :
Plusieurs quantons d’hommes barbarie ns, Hauts emplumez, les piques sur les bras.
Rébarbatifs comme canariens.
Plus obstinez que le grand Fier à bras
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apportant nouveau moût. En comparant les illustrations qui leur servent d’interprétation, il est aisé de voir avec quelle liberté les artistes se donnaient carrière pour traduire aux yeux les allégories des poésies couronnées. Il n’y a pas lieu de revenir sur les sujets déjà connus; mais, à côté d’eux, que de conceptions singulières, que d’énigmes mystérieuses! Voici la Vierge et les filles de Sion, motif cher entre tous aux auteurs dieppois; la pèlerine de grâce dont la barque est conduite par Jésus-Christ, tandis qu’une autre barque, dirigée par le diable, s’efforce en vain de l’atteindre; une femme pesant
Fort tailladez, bigarrez de tous draps Se sont iectez au champ sur la prarie Pensant grever la pucelle Marie Et la picquer de façon inhumaine Par leurs souldars et lignes scismatiques ; Mais en vertu et grâce souveraine Sans lésion a passé par les picques.
Emvoy.
Sus, Rouennoys, que chacun estudie Palinoder, et que partout on die Ces faulx souldarts avoir parolle vaine En soustenant que Notre Dame ouït paine De vil péché ; et pour toutes replicques Chantez ce dict en voix doulce et seraine.
Sans lésion a passé par les picques.
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du feu, traduction d’un chant royal annoncé ainsi :
Chant royal faict dessus troys impossibles Que femme a faict à nature possibles Ignis pondus Mensura venti Revocatio diei que præterit.
Joignons-y Joachim baisant sur la bouche sainte Anne à la porte dorée; Adam et Eve, au pied de l’arbre de vie, assistés par la Vierge et l’ange Gabriel ; la Cloche sonnant le salut des humains du haut de la tour de Virginité, que soutiennent quatre Vertus accompagnées du bois de grâce. Cette dernière composition, bien que fort compliquée, l’est encore moins que celle qui orne l’un des chants royaux de Le Lieur. Comme les pièces de théâtre de l’époque, elle se subdivise en deux establies. Dans la première, qui occupe la partie supérieure, le miniaturiste a représenté au centre Dieu le Père, couronne en tête, soutenant une sorte de tenture abritant sainte Anne dans le sein de laquelle on aperçoit le corps nu de celle qui sera plus tard la Vierge Marie. A droite et à gauche se tiennent Adam et Eve, et, un peu plus bas, en dehors de la tenture,
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deux femmes: l’une file, l’autre passe un vêtement à un enfant. Le milieu de l'étage inférieur est occupé par un pommier autour duquel s’enroule un serpent. A travers le feuillage voltige un papillon aux ailes éclatantes qui touche au fruit défendu et tombe aussitôt frappé de mort, ce que le peintre nous indique d’une façon naïve en nous montrant sur le sol, d’un côté, le corps de l’insecte, et, de l’autre, ses deux ailes. Pour compléter son œuvre, l’artiste a placé, à droite, une femme nue laissant tomber des fleurs dans des corbeilles, et, à gauche, trois hommes qui emplissent des sacs de fruits. Sans poursuivre l’allégorie jusqu’à ses détails les plus ténus, il est aisé d’en reconnaître le sens général dans ces vers par lesquels débute le chant royal :
Un papillon, en plaisir et liesse,
Voloit jadis sur maints arbres tout verds.
En ung verger où Flora la déesse
Ses beaux thrésors a, chacun temps, ouvers:
Le plaisir fust tost changé en revers
Quant il choisist un pommyer pour menger,
Où il trouva si vénéneux menger
Qu’en ung moment fust perdu et deflfaict.
Le miniaturiste du n° 7584 s’était placé à un autre point de vue, et il avait dessiné des
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femmes plaçant des vers à soie sur une feuille de mûrier, tandis que d’autres tissaient des vêtements.
Comme dans toutes les œuvres poétiques de cette époque, les songes sont assez nombreux. Trois figures représentent des personnages endormis, sinon comme sujet principal, au moins comme accessoires. L’une accompagne la fille d’Adam, pèlerine de grâce. Deux autres servent à rendre sensibles les idées exprimées dans deux compositions de Raoul Parmentier.
Voici maintenant une composition plus simple dans ses dispositions, mais dont le sens n’est pas moins difficile à pénétrer. Que signifie, en effet, ce maître chantre accompagné de huit acolytes, debout devant un lutrin, sur lequel se déploie- un parchemin portant ces mots: Gloria in excelsis Deo et in terra pax o mini b us (sic) bone voluntatis ? Le chant royal dont il forme le frontispice va nous l’apprendre :
Ung facteur fut Olzghan nommé, Roy sur tous chantres renommé.
Qui feist en des partz trente six Ung motet tellement aseis Qu’on ne veit onc œuvre semblable.
A Clerici, chantre louable,
Premier qu’envoyer par chemin Le feist noter en parchemin.
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Puis pour le chanter assembla Chantres ausquels très bon sembla.
Le facteur Dieu nous signifie;
Son motet, dont les partz je nombre.
Ce sacré concept certifie
Qui grâce et vertu eut sans nombre.
Le notcur et le parchemin Figurent Anne et Joachin,
Verbes passifs, pleurs manifestes;
Chantres, patriarches et prophètes Et les docteurs de saincte eglise Qui prouvent œuvre trèsexquise Ceste Vierge dont fut yssant Jesuschrist nous resjouissant.
Les compositions connues sous le nom de Triomphes offrent un intérêt plus caractéristique. La deuxième miniature de notre manuscrit est infiniment curieuse à cet égard. Elle n’est rien autre chose que l'interprétation littérale du chant royal ayant pour ligne palinodique :
Le charriot du fort géant celeste.
Au milieu d’un paysage, dans le lointain duquel se profilent les tours et les murs crénelés d’une grande ville, on aperçoit un géant, tenant une palme à la main, monté sur un
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char doré que traînent une panthère, une licorne et un éléphant. A côté, deux guerriers: l’un porte le casque et est armé d’une lance ; l’autre est coiffé du turban et vêtu d’une robe bleue. En avant, marche un groupe de femmes dont l’une porte un étendard. Au-dessus de la scène, deux autres personnages: l’un monte au ciel sur un char de feu; l’autre, qui occupe également un char lancé à toute vitesse, est précipité vers la terre.
Il n’est pas besoin de beaucoup de perspicacité pour reconnaître dans le premier,
Le bon Hélye en esprit prophétique
Au charriot plain de feu reluysant;
et dans le second :
Phaeton le fol le sien mal conduysant.
Quant au sujet principal, une strophe du chant royal suffit à son explication. C’est la marche triomphale du Fort géant céleste :
Il fut mené en arroy magnificque D’une licorne et d’un fort éléphant,
Suyvant le pas et lourdeur pacificquc De la panthère à tirer s’échauffant.
Victoire, en palme et laurier triomphant,
Avec trophée et pompe, le convoyé.
Triumphe y porte un estandard de soye
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En luy rendant l’honneur césarien.
Et Josué suit ce charroy honneste Que tient David, fidèle historien.
Le Charriot du fort géant celeste.
Nous retrouvons le même sujet avec d’autres détails dans le manuscrit 7584. C’est bien toujours le chariot traîné par là licorne, la panthère et l’éléphant et escorté de guerriers aux armes étincelantes. Seulement, le dessinateur a laissé de côté l’enlèvement d’Hélie dans le ciel et la mésaventure de Phaéton. En revanche, il a fait marcher à l’encontre du triomphe du géant un chevalier noir monté sur un chariot de couleur sombre. Il court fièrement, insoucieux de la mort qui l’attend, au-devant de son redoutable adversaire. C’est là l’interprétation des vers suivants, pris aussi dans le chant royal :
Phaeton le fol, le sien mal conduysant, Monstre celuy de ce Roy qui forvoye Que le géant en ténèbres renvoyé Pour demourer infernal citoyan.
On peut rapprocher ce triomphe des vitraux de Saint-Patrice et de Saint-Vincent et des gravures qui accompagnent le texte de l’entrée de Henri II à Rouen. Il existe dans les
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recueils du Palinod beaucoup de poésies analogues. Nous nous contenterons de citer un des rondeaux d’Avril :
Rondeau en forme de triumphe A l’humble Vierge qui triumphe.
En triumphant sur le serpent pervers La Vierge est quicte, en passant le travers D’humain acquit; on vit péché renverse Quand, en son car de vertu qui ne verse,
Tous les trésors de grâce a recouvers.
Hault sur son car tient palme et rameaux verds.
Bas enchaynés sont prisonnyers divers Parce que Force avec elle converse.
En triumphant (Répétition des trois premiers vers).
Les biens de paix longtemps tenus couvers Sont aux humains par elle descouvers Aprez avoir mis guerre à la reverse;
Dont Sainct Esprit, loing de fortune adverse.
Le resjouyt, chantant hymnes et vers.
En triumphant (Répétition de la première strophe).
Toutes ces allégories , tous ces songes et ces triomphes nous conduisent, par une transition naturelle, aux dialogues qui abondent dans les compositions de la même époque. Charles Morel fait entre-parler la Nature et la Raison. La miniature explicative du manuscrit nous
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représente une femme nue dissertant avec une autre femme vêtue d’une robe bleue et d’une mante noire. Guillaume Thibaut invoque à l’appui de sa thèse le témoignage de Prudence, Justice, Force et Tempérance, dames fort à la mode en ces temps voués au culte des abstractions. On peut ranger dans la même catégorie les dialogues entre la liaison et le Voyageur, entre Taxus et Laurus, entre Loy naturelle, Pouvoir divin et Foy, et surtout le quadriloge, d’Auber, que faict dame Raison aux quatre Éléments, la terre, la mer, l’air et le feu, « touchant la pure et nette concepcion de la benoiste Vierge Marie ». A la suite viennent encore se ranger le chant royal de Raoul des Hommets, où sont successivement appelées en témoignage la Loy de nature, la Loy escripte, la Loy prophéticque, la Loy de grâce, et le dialogue de Pierre Bellenger entre Amour et Sathan :
Chant royal de la Purité De Marie en son concept belle Auquel Amour Sathan debelle En soustenant la vérité.
Dans d’autres compositions, bien dignes de celles que nous avons énumérées, Verdure fait engager la discussion entre Adam et Sathan,
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tandis qu’Avril, plus hardi, se mettant luimême en scène, ne craint pas d’argumenter avec saint Jean. Une pièce de Crygnon, qui mérite aussi une mention, nous montre une sorte de réunion formée de Normands contendants pour la Conception et présidée par Foy.
Pierre Le Lyeur suivit aussi la même voie. Il présenta, en effet, en 1515, un chant royal dressé en manière de dialogue et qui avait pour ligne palinodique :
Saincte cité contre Salhan fermée.
Les interlocuteurs étaient Raison et Sathan, père d’orgueil. L’argument est ainsi conçu:
Chant royal faict en dialogue Où Raison Sathan inteiTOgue Pourquoy il veut par sa mallice Perturber la bonne police De Marie saincte cité,
Dont saincte Eglise a recité En mainct lieu la perfection De la saincte conception.
Dans l’Envoy final, Raison annonce en ces termes le triomphe qu’elle vient de remporter :
Mauldict Sathan père d’illusion Retire toy à ta confusion
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Au fond d’enfer, fournaise enflammée, Puisque Marie est pour conclusion Saincte cité contre Sathan fermée.
En voici le début :
Soubs un laurier plein de belle verdure En la forest de contemplacion Je aperceus Foy sur une roche dure Qui remploit l’aer de jubilacion.
Ça me donnoit grant consolacion
Car les Normands s’assembloyent autour d’elle
Ainsi que agneaulx font à leur pastourelle.
Mais, quelle que soit la singularité de toutes ces œuvres, elles s’effacent devant le chant royal composé par Jacques Le Pelé, religieux de Saint-Wandrille en l’honneur de Donnestou Donatus, célèbre grammairien, qui laissa son nom au livre élémentaire composé par lui pour l’usage des écoles. Nous reproduisons les premiers vers de cette étrange poésie en les faisant précéder du nom des personnages qui y figurent :
Le Principal Grammaire Erreur Le Verbe
Deus pater.
Status innocentiœ.
Peccatum originale.
Christus.
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Le Donnait Beata Virgo.
Le Nom Maria.
Élégance parfaicte Pulchritudo conceptus.
Les bscoliers Gênas humanum.
L’antécédent ou préposition Gratta prœveniens.
Le relatif Bona fama.
Le V.
Luthériens qui craignent les fagos le craignent ils?
Ouy et tant en danger Que l’enfer ne les face plonger Au parfum lac de phlegeton très ord.
Y auront-ils peine perpétuelle ?
Ouy, sans avoir jamais pour ressord Vye etemelle apres mort corporelle.
Puys que ainsy est que Atropos tous oultrage Sans espargner les gresles ne les gros, Doresnavant moy qui suys ja oultrage,
J e dois bien craindre à tumber en ses crocs.
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Va désormais vivre super egros,
Tousiours de la Vierge alosser
Et chants royaulx et rondeaux composser.
Le V. En.
Tout mon vivant je mectray mon effort A honorer le sainct concept d’icelle.
Tu ne peulx myeulx avoir pour reconfort Vye etemelle apres mort corporelle.
ENVOY Le V. Entin
Prince du Puy, moynes a tous leurs frocs, Apres qu’ils ont faict devoir de chanter,
Ont de coustume d’avoir vin à plains brocs, Et s’ils n’en ont ne font que lamenter.
En cas pareil pour facteurs contenter Et les garder d’ennuy et desconfort,
Après qu'ils ont icy loué la belle,
Envoyez leur des escus pour renfort,
Et, si ainsy est, vous aurés pour confort Vie eternelle après mort corporelle.
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Chant royal en forme de dialogue de Raison
et du vieil Entin.
Lb vieil Entin commence .
Dame raison, vertu de hault parage,
Je me complains de la flère Atropos
Pourquoy cela?
Pour le cruel oultrage Qu’elle a commis sur tant de bons suppos.
C’est pour les mectre en eternel repos,
Car sans mourir ou l’ame séparer Du cors, ne peut devant Dieu comparer.
Le V.
Sans mourir dea.
Non, il fault souffrir mort Pour sans fin vivre en gloire supernelle Et obtenir malgré mort qui tout mord Vye etemelle après mort corporelle.
Qu’il fault mourir cela me decouraige ;
Pour avoir vye, il n’y a nul propos.
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Ha, vieil Entin, il faut prendre couraige Et envers Dieu avoir cueur bien dispos.
Et quant mon corps sera mis en depos Où s’en ira ma povre ame loger?
En paradis avec Geuffln Roger Qui en son temps a faict si bon rapport Du sainct concept de l’humble tourterelle Que maintenant il a pour son suport Vye eternelle après mort corporelle.
Estoyt-il pas un subtil personnage
Quant il trouva dedens la mer enclos
Un cours d’eau doulce où le beau Dauphin nage?
Ouy, qui ne craint la mer ny ses grans flos.
11 fit aussy ballades, rondeaulx clos Et chans royaulx où n’eust que corriger,
Ce qui l’a faict aux haulx cieux eriger Avec la Vierge et dame de Monfort
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Pour tant qu’il soutint sa querelle En son vivant, il a au l^aultain fort Vye eternelle après mort corporelle.
Le V. Ent.
Mort eternelle est un cruel passage Que craygnent fort bigotes et bigos.
Qui ne le craint passer, il n’est pas sage Car nul ne peult fuir ses exigots.
Mettés tous la main au bonnet,
Et vous orrez de Costentin,
Pour apprendre à parler latin,
Présent lyre un nouveau Donnait.
Donnait
Je suis Donnait bien guerdonné,
Le plus beau qui fust jamais faict Aprez le maistre qui m’a faict.
C’est Dieu qui m’a ce don donné.
Le peintre chargé d’interpréter cette composition nous paraît l’avoir singulièrement simplifiée en la rendant ainsi: Un maître a devant lui la grammaire ou le Donnait; une femme, modestement habillée et les mains jointes, figure status innocentiæ, autrement la grammaire; vis-à-vis apparaît, sous les traits
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d’une femme nue, ayant un serpent au cou, l’erreur ou peccatum originale. Des écoliers, leurs livres ouverts, semblent écouter. Quelques autres personnages, notamment l’Antécédent, gratia præveniens, et le Relatif, bona fama, ne nous paraissent pas avoir été représentés.
Il n’est guère, au reste, de bizarrerie, soit d’idée, soit de forme, soit d’inspiration, soit de prosodie, que nous ne trouvions représentée dans l’ensemble de ces compositions. L’un des procédés littéraires le plus en honneur au Puy est incontestablement le jeu de mots. Les uns roulent sur le nom du Prince en exercice, les autres ne dédaignent pas de plus minces particularités. Nous citerons quelques exemples des premiers, qui sont de beaucoup les plus nombreux. Voici d’abord un chant royal de R. Bréart où se rencontre une allusion fort transparente au nom du chanoine Le Lyeur, sieur de Houeteville :
J’ay trouvé au champ de la Bible Ung Lyeur avec sa gerbe :
Que ce Lyeur soit le Saint Verbe A croire il est assez possible :
Mais que la Vierge de mémoire Soit une Gerbe immarcessible Escoutons un peu nostre histoire.
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Songe de Joseph
Joseph en l’an saiziesme de son aage,
Fils de Jacob fort nay le moins aagé.
Disoit ainsy : Mes freres j’ay songé Que nous estions Lyant parmi les plaines Chacun sa gerbe, et comme d’honneur plaine Il me sembloit la mienne s’elever Toute autre aussy en ce bien l’approuver En luy faisant l’hommage de droicture Sy que on la peult, selon mon cueur prouver Gerbe d’honneur sur le champ de nature.
Le surplus se devine aisément: le poète continue à paraphraser assez exactement le texte de la Bible, et c’est sans trop de peine qu’il arrive à présenter la gerbe de Joseph comme la figure prophétique de la Vierge et à ramener dans chacune de ses strophes le nom significatif du maître de la confrérie.
Dans un chant royal de la même époque, Jacques Minfant manifeste les mêmes préoccupations :
Le grant Lyeur qui tout lie et deslie Si que ne peult vrais humains Deslyer Sans son vouloir ce que de son don lye Et s’il deslye encore moins les lyer.
C’était un procédé identique qu’avait employé avant eux de Senyguehen dans le rondeau
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d’amour recueilli comme exemple par Pierre Fabry:
Par vraye amour qui deux cueurs en ung lye Mon cher amant voulant que à luy me allie S’est en ce iour auec moy allyé Et à son cueur auec le mien lyé Pour tout iamais sans que nul l’en deslye.
Combien que soys d’Eue et Adam saillie D’aulcun venin ne fuz onc assaillie.
A m’en garder Dieu c’est humilié
Par vraye amour qui deux cueurs en ung lye.
Mon cher amant voulant que à luy me allie S’est en ce iour auec moy allyé.
Le fier serpent par la pomme cueillie En ses liens ne m’a point acueillie.
Car Adam triste et merencolié Par son péché du limbe ay deslié.
Grâce aux humains est en moy recueillie
Par vraye amour qui deux cueurs en ung lye
Mon cher amant voulant que à luy me allie
S’est en ce iour auec moy allyé
Et à son cueur auec le mien lyé
Pour tout iamais sans que nul l’en deslye (1).
Il convient de placer sur la même ligne des vers composés, en 1602, à l’occasion de la
(1) Pierre Fabry, f* xxxrx.
principauté de Charles le Cordier y président de la Chambre des Comptes de Normandie.
Leur auteur était Jacques Le Lyeur :
Un faulx Cordier jadis corda La corde qui corde discorde,
Et l’homme à Dieu la discorda D’où furent longtemps en discorde.
Mais un autre bon Cordier corde La corde à tout bien concordant,
Dicte ainsy que Esprit Sainct recorde Corde l’homme et Dieu accordant.
Ceste corde tel accorda Par le Cordier qui tout concorde Qu’en la cordant en recorda Ce que la première (1) decorde.
Sathan ne la tint en sa corde,
Dont tout genre humain fust cordant;
Car Grâce la feist en concorde,
Corde l’homme et Dieu accordant.
Eve au serpent nous encorda Quant au menger du fruict s’accorde Marie nous en descorda Qui de peche ne fust onc orde:
Et l’homme discordé recorde Avec Dieu à lui discordant:
Son discords toujours raccorde Corde l’homme et Dieu accordant.
(1) La discorde.
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Envoy.
Le Cordier de miséricorde Paradis me soit accordant Après ma mort où veoir s'accorde Corde l'homme et Dieu accordant.
Les rondeaux n’échappaient pas plus que les ballades au mauvais goût qui régnait alors si généralement. En 1510, Jean Bertrand remporta, sous la principauté de Jean Le Lyeur, haut doyen de l’église cathédrale, le prix du rondeau, qui venait d’être fondé. Les cinq premiers vers nous offrent un exemple d'enchaineure parfaite , artifice prosodique fort admiré de Pierre Fabry:
« S’ensuit vne maniéré de rithme quant le terme equiuoque termine vne ligne et iceluy terme equiuoquement pris recommence la prochaine ligne et est appellée ceste maniéré de rithmer, rithme enchaînée, et doibt estre ledict terme de deux syllabes du moins » :
Royne des Cieulx des aultres la plus belle Belle sans cy et très chaste puce//e,
Celle où Jhesus print incamac/on,
Cyon royal en generac/on.
Si on vous dict sans imperfec/fon.
C’est à bon droict le tien ceste querelle.
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S’il est aulcuns qui face faulx libelle Et contre vous se demonstre rebelle Bien est digne de reprehension,
Royne des Cieulx des aultres la plus belle,
Belle sans cy et très chaste pucelle,
Celle où Jhesus print incarnacion.
Vostre concept fust sans pollution :
Dieu vous donna sa bénédiction Avant que Adam connust plaie mortelle Cyon royal en generacion,
Si on vous dict sans imperfection C’est à bon droict. le tien ceste querelle.
Maulgré Sathan, sa malice et cautelle Jhesus en vous print chambre maternelle.
Nous en avons vraye probacion.
Porté l’avez en jubilacion
Pour aux humains donner remission
De leurs péchés, la vérité est telle.
Royne des cieulx. (Répétition de la première strophe.)
Noble homme Pierre Le Cornier, Prince à lu fin du XV 0 siècle et qui portait: d'azur à une tête de licorne en pointe et deux étoiles d'or en chef, fut l’objet d’un rondeau avec jeux de mots et artifices du même genre de la part du dieppois Jean Doublet :
Au son du cor les diables encornez Sont estonnez, divisez et discords
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Veu qu’ils voient Dieu et homme en accords Par ce concept qui les rend escortiez.
Sainctes âmes poseront en corps necls :
Car par le vueil de Dieu misericors Au son du cor les diables encornez Sont estonnez, divisez et discors.
O tous humains, qui n’estes encor nez,
Dieu vous presdit par chants, trompes et cors Des prophètes, que vous aurez purs corps Et les rendra de gloire encor ornez.
Au son du cor, etc.
Un anonyme donna plus d’étendue à ces idées, aussi puériles que singulières, dans la ballade suivante:
En tems que le comu coma Vers Eue et Adam de faulx cors,
Bien cinq mil ans les escoma Et l’homme et Dieu rendist discords;
Mais pour remettre concors Vint ugne Vierge qui cornet D’un pur cors dicte par recors Toute bele en ame et corps nect.
Son Pere et Fils son tronc orna De grâce qui n’en mist onc hors,
Et tache en l’ame ou en corps n’a,
De péché membres n’eust onc ords.
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Justice et Paix furent accords Qui fozt le cornu escornoit,
La voyant par diuins accords Toute bele en ame et corps nect.
Du noir cornu sur la corne a Mis le pied et brisé ses cors Tellement qu’il ne l’escoma Comme auoit faict tout humain corps.
Car son doulx Fils misericors La garde du son du cornet.
Aux humains sonnant faulx accords.
Toute bele en ame et corps nect.
Envoy.
Vierge, soyez de moi records,
Et de paradis ung cornet Nous donnez, ostant nos discords Toute bele en ame et corps nect
Dans cette pièce, indépendamment des assonances, qui rappellent plus ou moins le nom du Prince Le Gornier, on peut remarquer x les termes des fins de ligne qui tournent toujours dans le même cercle d’idées et qui, pour employer les expressions de Fabry, « se profèrent tout ung : mais sont de differente orthographie laquelle ne altéré point la pronunciation » (1).
(1) Livre 11, p. vn, v°. « Il est encore une aultre plus basse et moins propre equiuoque, etc. ».
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Le rondeau de Boissel, comme singularité, sinon de forme, au moins d’idées, mérite d’être placé à côté des autres:
Comme aigneau blanc de noire brebiette.
Où le blanc laict de noire mammelette Sort sans avoir noir ou goust vicieux,
Tout en ce poinct ton concept précieux,
Vierge, est yssu de noire femmelette.
L’œuf vient tout blanc de la noire poullette,
De noir terceuil yst la blance fleurette,
Et tu as, dame, un concept spécieux Comme aigneau blanc.
De noire nuict cheoit la neige blanchette,
Le beau vin blanc vient de noire vignette.
En lieu obscur croist le lys gracieux,
Et tout ainsi, digne reyne des cieulx.
Des maculez origine prins necte Comme aigneau blanc.
Ces compositions laborieuses et quintessenciées ne sont que jeux d’enfant auprès des rondeaux rétrogrades, à double couronne et à trois « couppes », dont voici un échantillon (1):
(1) « Rythme couronnée se faict quant les deux derniers termes de fin de ligne sont equiuoques ou que la penultieme syllabe ou plusieurs du plus se reprennent pour composer ung aultre terme et d’aultre signification en fin de ligne qu’il n’estoit au terme precedent ».
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Argument.
Le rondeau a double couronne Est faict a trois couppes plainieres, Et sy est la sentence bonne En le luysant en six maniérés.
Àinsy sont qui gardent leur rung Six rondeaux contenus en un ung:
Et qui les scait mettre a l’enuers Peut veoir douze rondeaux diuers.
Par mon fils qui me fist je suys regente g ente
Pure en concept parfaict, Vierge pucelle celle Je fus faicte en effect femme mortelle telle
Le Sainct basme confit droicte et decente sente.
J’ay Sathan desconfit baiste pullente lente
Auec péché infect Enfer rebelle belle
Par mon fils qui me fist je suys regente gente Pure en concept parfaict Vierge pucelle celle.
J’ay tant qu’il me suffit comme parente rente Dieu m’a son temple faict et columbelle belle Pour oster le forfaict de la sequelle quelle
Sainct Esprit me parfist necte et patente tente.
Par mon fils qui me fist je suys regente gente
Pure en concept parfaict Vierge pucelle celle
Je fus faicte en effect femme mortelle telle Le Sainct basme confit droicte et decente sente.
Ce rondeau, si bizarre et si compliqué, qui peut se lire en commençant par les derniers
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vers aussi bien que par les premiers, dont les strophes peuvent être interverties et dont chaque vers offre deux hémistiches susceptibles d’être retournés, ne saurait cependant être considéré comme le chef-d’œuvre du genre; il pâlit, à notre sens, à côté, notamment, des vers septains faits en ordonnance de bataille par M° Jehan Lombard. Ils ne présentent cependant rien d’extraordinaire comme construction; ils n’offrent pas même, au lieu de refrain, une auctorité, un proverbe commun ou une ligne de grave substance , comme le passe-temps Michault ou le traicté de Fougères , puisque, suivant la remarque de Fabry, les clauses dont ils se composent mériteraient d’être appelées « charbonieres pource qu’ilz sont les unes après les autres comme chevaulx à charbonnier ou ie ne sçay pourquoy » (1).
Ainsi, par tous ces motifs, notre grammairien en eût fait évidemment peu de cas et les eût volontiers relégués au rang des chansons du fatras picart et des rythmes de goret ou de boutechouque, lesquels ne sont approuvés « que entre ruraulx et ignorans » (2). Mais pour nous le point de vue diffère, et l’originalité du fond nous semble de nature à compenser
(1) F° xxxui ( v°.
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avantageusement le laisser-aller de Fauteur et son absence complète d’artifice.
« Vers septains faicts en ordonnance de bataille » :
Les xu pairs de France
Les douze pairs de France Et les neuf preux vaillans,
Venez à grant puissance Contre les mesdisans Du concept Nostre Dame,
L’eslyte des enfans,
Le choys de toute femme.
Le Cappitaine des piétons
Marchez, le Cappitaine,
Arrengez vos piétons;
La dixaine et chentaine,
Vestez vos hucquetons Et vos harnoys de lame,
Gardez de vos bastons Le choys de toute femme.
Le Boys a pied
Les picquiers et leur picque,
Marchez hallebardiers ;
A ruer qu’on s’applique Chacun villain infâme Blasmans comme merdiers Le choys de toute femme.
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Les gens de traict
Archiers, atout leur flesche Vos arcs tenez bendez;
Arbal es tiers, qu'on dr esche Viretons desbendez;
Frappez, n’espargnez ame, Fermement deffendez Le choys de toute femme.
Les Canonybrs
Les gens d’artillerie,
Canonnyers boutefeux,
Plombeis et pierrerie Laschez pour faire creulx.
Pour fouldroyer l’infame Qui dist que n’est des cieulx Le choys de toute femme.
L’auant garde
Le hault roy Alexandre,
L’auant garde menez,
Le sang venez espandre De tous les forcenez,
Mauldicts tout plains de blasme, Blasmans comme indignez Le choys de toute femme.
Le Rot db la bataille
Au corps de la bataille, Charlemagne vaillant.
Frappez d’estoc de taille
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N’espargnez nul gallant Pour celle qu’on reclame, S’ilz Tiennent assaillant Le choys de toute femme.