INTRODUCTION
K algré le soin avec lequel a été étudiée -*-*'*- jusqu’ici notre littérature nationale, il existe encore, dans ce vaste champ, certaines portions qui sont restées inexplorées ou qui n’ont été l’objet que d’investigations insuffisantes. Sans remonter aux origines proprement dites, que de points à éclaircir pour des époques relativement modernes, que de lacunes à combler, que de physionomies entrevues sous un faux jour et dont le caractère n’a pas encore été définitivement révélé ! Les textes de nos grands classiques du xvu e siècle sont en ce
moment l’objet des révisions les plus attentives, et il semble que d’hier seulement leur valeur nous apparaît sous son véritable aspect. Ce n’est guère que de la publication du tableau de la littérature française au xvi e siècle que date une appréciation sérieuse et véritablement équitable des poésies de Ronsard et des membres de la Pléiade. Quant aux épopées carlovingiennes et aux Romans de la Table ronde, nous ne faisons qu'entrer à peine dans la connaissance de ces vastes compositions qui sont familières depuis longtemps aux Allemands et aux Anglais. Mais en laissant de côté ces questions générales, combien il en est d'autres qui ne sont, pour ainsi dire, pas soupçonnées de la généralité des lecteurs ? ou qui, lorsqu’elles sont mentionnées par hasard dans les livres les plus autorisés (i), donnent presque toujours lieu à des affirmations dépourvues de précision et d’exactitude? L’une des plus curieuses assurément est celle des Puys de Palinods. Les
(1) L'adoocacie Notre-Dame. — La satire en France au moyen âge, par Lenient, p. 185.
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productions auxquelles on peut reconnaître cette provenance sont, il faut en convenir, généralement très médiocres. Mais elles se lient dune manière intime aux croyances religieuses, aux transformations de la langue et du goût, aux premiers essais de l'art dramatique ; elles nous font en outre pénétrer dans les habitudes et dans les mœurs d'une société plus différente de la nôtre que le laps de temps qui nous en sépare ne pourrait à première vue le faire supposer. A tous ces points de vue, nous avons cru qu’une étude de cette institution et deB manifestations diverses qui s’y rattachent en Normandie, pourrait avoir son intérêt et son utilité. Cette conviction nous a soutenu dans le dépouillement des manuscrits et des livrets imprimés qui renferment toutes ces poésies oubliées.
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