‹ Les puys de Palinod de Rouen et de Caen, ouvrage posthume de Eugène de Robillard de Beaurepaire publiéChapitre 7 sur 23 · NOSTRE DAME · texte numérisé non relu

NOSTRE DAME

Veuille toy, amy, resjouyr Et t’en va vers ta bonne femme Laquelle à genoux me reclame En ma chapelle dévotement.

Vis dorénavant sainctement Et de très bonne intention Aymé ma conception Et en fais grant solennité (2).

(1) Ancien théâtre fronçait, édit. Jannet, t. III, p. 475.

(2) Ibid., t. III, p. 475.

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Ces derniers vers indiquent clairement le but du poète : prêcher et répandre la dévotion nouvelle. Les nombreuses allusions à l’immaculée Conception répandues dans son œuvre auraient suffi, à la rigueur, à nous le révéler (1) ; les termes de cette allocution finale lèvent toutes les incertitudes:

Que sont devenus vos chevaux Sur quoy faisiés les grands saulx ? Vostre avoir fort se diminue;

Que vaut tel pompe entretenue Qui vient à tel confusion?

(1) Or alla que Dieu nous convoyé

Et la doulce vierge Marie A laquelle requier et prie Au nom de sa conception

(Ancien théâtre français, édit. Jannet, t. III, p. 465).

Fais que les tours

Dont je double qu'il ne m’esface.

Au nom de ta conception Sans fiction

Soient tousjours en bien par ta grâce.

(Ibid., p. 462).

L’as mon mari par prodigalité A consumé et fort débilité Son domaine et sa possession Pur toy, Vierge, soit stabilité En bonnes mœurs et de mal acquhé Par le saint nom de ta conception.

(Ibid., p. 487).

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Au nom de 1« conception De la très-glorieuse dame Que l’église ai^jourd’huy reclame Veuillez sur ce point cy viser.

Helas au cueur navré je suis Quant mon doulx espoux et mary Dissipe ses biens sans raison.

Quant se trouvera dessaisi De ses biens en toute saison O vierge de très-grant renom Par ta sainte conception Me veuille préserver de blasme.

Le chevalier et la dame, dans un sentiment de reconnaissance, reviennent du reste sur la même idée; et tandis que l’un rapporte son salut à la pétition présentée par sa femme au nom de la conception, l’autre exhorte tous les assistants à profiter de l’exemple et à exaulcer sans cesse cette très sainte croyance (1). Il n’y a pas à s’y méprendre, le mystère du cheva-

LB CHBVAUER

Par vostre humble pétition Au nom de la conception La digne vierge glorieuse Qui, de son oreille piteuse A vostre prière entendue

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lier qui donna sa femme au dyable reproduit non seulement dans un but de propagande un pieux récit relatif à cette dévotion si populaire en Normandie, mais l’on peut inférer d'une mention qui s’y rencontre qu’il a dû être joué le 8 décembre, jour consacré par l’Église à la célébration de la fête religieuse :

Au nom de la conception

De la très-glorieuse dame

Que l'Eglise aujourd’hui reclame (1).

C’est là un détail qui pourrait être signalé dans beaucoup d’autres pièces d’une destination analogue.

Et des saincts deux descendue Est venue au lieu avec moi

(Ancien théâtre fronçai *, p. 477).

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