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LES AKKAS DE MIANI

habituellement froids de Vérone. Chairallah a eu les fièvres, a toussé assez souvent et a souffert de rhumatismes pendant les deux ou trois premières années. Tous deux sont aujourd’hui parfaitement acclimatés. Il en est de même de Saïda.

Tébo a été moulé, et son buste est au Muséum. En le comparant aux photographies qui datent de 1874, on voit qu'il a perdu de son air enfantin. Son front est moins bombé, sans être devenu fuyant comme chez Nsévoué. À cet égard il se rapproche plutôt de Bômbi. Le prognathisme est un peu plus accusé. Les autres traits sont peu modifiées *.

Le caractère général des deux Akkas est reste impressionnable, mobile, et rappelle celui de nos enfants. Ils aiment à jouer ; leurs mouvements sont prompts; quand ils se promènent, ils vont volontiers au pas de course *.

Tébo est plus affectueux, plus appliqué à ses devoirs; sa conduite a toujours été excellente. Chairallah, plus intelligente, a laissé voir quelques

1 M. Giglioli a cru reconnaître à vue d'œil que la tête s’est quelque peu allongée; l'examen du buste et les mesures, forcément bien approximatives, que j'ai prises sur ce plâtre ne m'ont pas laissé cette impression.

2 Tout ce qui précède paraît pouvoir s’appliquer à Saïda ; toutefois celle-ci n’a pas été traitée comme ses compatriotes. Elle est restée servante, mais n'a appris ni la lecture ni l'écriture. Elle parle couramment l'italien et un peu l'allemand, qui est la langue de sa maîtresse; elle est parfois capricieuse et aime beaucoup à jouer avec les enfants. (Giglioli.)

instincts de haine et de vengeance. Toutefois ils n'ont jamais eu de querelles avec leurs jeunes compagnons, et ils s'aiment tendrement.

Tous deux ont été baptisés et montrent une certaine dévotion dans les pratiques religieuses. Toutefois leur directeur spirituel ne paraît par regarder leurs convictions comme bien profondes.

Tous deux ont complètement oublié leur langue maternelle et presque entièrement l'arabe. Ils parlent parfaitement l'italien; mais ont eu, dans le principe, beaucoup de peine à prononcer les mots où se rencontrent deux 7 (bellezza, carezza).

Tous deux éprouvent vivement le sentiment de

l’émulation. Dans leurs classes, ils se sont montres supérieurs à leurs compagnons d'étude européens agés de dix ou douze ans. Les notes que leur professeur a mises sousles yeux de M. Giglioli prouvent qu'ils s'étaient remarquablement bien tirés des épreuves qu'ils avaient subies en composition, en arithmétique, en analyse grammaticale et en dic- Lee:

La comtesse Miniscalchi a donné des leçons de musique à Tébo. M. Giglioli a entendu cet Akka jouer sur le piano, avec assez de sentiment et beau-

1 Chairallah avait obtenu 10 (chiffre maximum) pour la dictée et la calligraphie ; Tébo, 10 pour la dictée. Les autres notes sont 8/10 et 9/10, sauf pour la solution des problèmes d’arithmétique, où la note de Chairallah descend à 7/10 et celle de Tébo à 6/19. On retrouve ici le fait général de l’infériorité des races nègres au point de vue

des aptitudes scientifiques,

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