‹ Les pygméesChapitre 108 sur 139 · CHANTS ET LANGAGE · texte numérisé non relu

CHANTS ET LANGAGE

La population accourt pour assister au spectacle; Tout le monde est terrifie!

Mais on se calme et l’on dit : Oh! ce n’est rien.

M. Hahn insiste aussi longuement sur la question du langage. Je me borne à relever un fait intéressant. Les Sân et les Koï-Khoï ont en somme à peu près la même aire d'habitat. Pourtant les derniers ont une langue commune, dont les dialectes se ressemblent si bien que les tribus les plus éloignées peuvent d'emblée converser l’une avec l'autre. Au contraire, les langues sän different du khoï-khoï autant que l'anglais du sanscrit et n'ont guère plus de rapport entre elles. Toutefois ces. langues et les dialectes khoï-khoï remontent à la même souche, ainsi que l'atteste le système des ZliRS, commun aux uns et aux autres. Les vocabulaires eux-mêmes ont conservé d'assez nombreuses ressemblances. Les donnnées linguistiques concordent donc avec les résultats tirés de l'examen des caractères physiques et conduisent aussi à admettre l'unité fondamentale de la race humaine qui a peuplé originairement les régions du Cap. Quant à la diversité des langues parlées par les Sän, elle s explique aisément par le fractionnement et l'isolement de leurs tribus.

Remarquons encore que les San ne comptent que jusqu à deux, tout au plus jusqu'à trois. Une seule tribu fait exception à cette règle. Elle va jusqu à vingt. Mais M. Hahn pense qu'elle a reçu

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ses noms de nombre de quelque tribu voisine.

Au contraire, tous les Khoï-Khï ont un système de numeération décimale complet. M. Hahn leur fait honneur de cette invention qu'il attribue à la nécessité oùils se sont vus de compter leurs troupeaux, lorsqu'ils ont renoncé à la simple vie de chasseurs. Il est bien plus probable que leurs animaux domestiques et le moyen d'en connaître le nombre leur viennent également des tribus nègres dont le sang coule dans leurs veines.

À diverses reprises, M. Hahn fait allusion à la separation des Khoiï-Khoï en deux branches, à une grande migration ayant pour point de départ le tombeau de leur ancêtre Gurikhoïsib; mais il ne précise rien à cet égard. Il parle de leur pafrie première, mais nulle part il ne dit où elle était située. Sans doute il s’est expliqué sur ces points capitaux dans quelqu'une de ses publications que je ne-connais pas.-En ‘tous Cas, ‘11 ne peuteuere exister de doute ni sur le fait de l'émigration, ni sur sa direction générale. Livingston, résumant les renseignements recueillis par lui-même et ceux que l’on trouve disséminés dans les récits de divers autresvoyageurs, s'exprime ainsien parlant des Hotentots : « La race de bœufs qu'ils élevaient venait probablement du nord-nord-est, point du con-

nent d'où les naturels font tous partir la première émigration de leurs ancêtres’. » C'est dans cette

4 Livingston, Explorations dans l'intérieur de l'Afrique australe et oyages à travers le continent, de Saint-Paul de Loanda à l'embouchure

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