CTÉSIAS
la barbe les manteaux et autres vêtement en longues graminées flottantes que portent encore les femmes des environ de Travancore *. Mais ce qu'il dit de la position géographique, du teint, de l’emploi de l'arc, ne permet pas de douter qu'il n'ait eu connaissance des Négritos ou de tribus protodravidiennes ayant conservé à un haut degré les caractères du type primitif. C'est en effet au cœur de l'Inde, dans les monts Vindhyas, que M. Rousselet a trouvé des Bandra-Loks *. Le nom de cette tribu signifie littéralement hommezs-singes. Ce sont de véritable Nègres de fort petite taille, qui au milieu des populations plus ou moins métisses ont conservé purs les caractères du type et sont un des femoins laissés par la race noire.
Ni Aristote ni Pline ne mentionnent la couleur noire et les cheveux laineux, attributs des nains dont ils parlent par oui-dire. Seul Ctésias est très précis sur le premier point. Le souvenir de ces particularités s’est évidemment perdu dans le long voyage que les informations, probablement bien peu nombreuses, ont dû faire du cœur de l'Afrique
1 Journal of tbe anthropological Institute, vol. XI, p. 359.
? Louis Rousselet, Nofe sur un HG autochtone des forêts de l'Inde centrale, appendice à mon Mémoire intitulé : Étude sur les Mincopies et la race negrito en général (Revue d'anthropologie, t. 1, p. 245); Nofe sur un Negrito de l'Inde centrale (Bulletin de la Societé d'anthropologie, 2° série, t. VII, p. 619), et Tableau des races de l'Inde centrale (Revue d'anthropologie, t. 1, p. 267, avec figure et carte). Un voyageur anglais avait déja parlé de ces Bandra-Loks ou Bandar-Loks ; mais ce qu'il en avait dit permettait des doutes sérieux.
et de l'extrémité de l'Inde jusqu'en Grèce et à Rome. Cette omission est d'ailleurs moins singulière qu’on
ne serait d'abord tenté de le croire. On sait que les
anciens attribuaient le teint foncé et l'aspect laineux de la chevelure nègre à l’action du soleil dont la chaleur brûlait la peau et crispait les cheveux. Ils n'ont donc pas éte surpris de trouver dans un pays brûlant, et à côté d’autres hommes noirs comme leurs Indiens et leurs Éthiopiens, des tribus présentant ces deux caractères. La diminution de la taille devait les frapper bien davantage, et leurs exagérations mêmes montrent qu'il en a été ainsi. Ils ont agi en sens inverse, comme a fait Pigafetta à propos des Patagons. |
Revenons maintenant en Afrique.
Le contemporain de Pline, Pomponius Mela, a parlé aussi des Pygmées. Le passage très court qu'il leur consacre a pourtant son intérêt. Il place au delà du golfe Arabique, et au fond d’un petit enfoncement de la mer kRouge, les Panchiens, surnommés Ophiophages, parce qu’ils se nourrissent de serpents. « Dans l’intérieur des terres, ajoute-t-il, on vit autrefois les Pygmées, race d'hommes d’une très petite stature, qui s’éteignit dans les guerres qu'elle eut à soutenir contre les grues pour la conservation de ses fruits !. »
Le traducteur de Pomponius Mela regarde le pefñit
1 Pomponius Mela. Collection des auteurs latins traduits sous la direction de M Nisard, p. 653, b.