CTÉSIAS
enfoncement de la mer Rouge dont il est ici question comme étant notre golfe d'Aden. Mais il me paraît difficile que le géographe latin ait employé cette expression pour désigner la vaste étendue de mer qui s'étend sur la côte africaine, du cap Guardafui au détroit de Bab-el-Mandeb. La baie de Moscha, qui s'enfonce profondément dans les terres au sud-ouest du détroit, me paraît répondre bien mieux et de tout point aux indications de Pomponius. Or cette baie, située vers le 13° degré de latitude nord, se trouve, par conséquent, sous le même parallèle que le commencement de la région herbeuse du Nil”, mais environ quatre degrés plus au nord que le dédale d’où le fleuve semble sortir. Pomponius, d’ailleurs, ne parle pas du Nil'ilne dit rien non plus du massif abyssinien interposé entre lui et la mer. Il semble donc placer ses Pygmées tout à fait à lorient de cette portion du continent.
Ici encore les découvertes modernes paraissent donner raison au savoir des anciens. La tradition des Pygmées africains orientaux ne s’est jamais perdue chez les Arabes. Toutefois les géographes de cette nation ont placé leur rivière des Pygmees beaucoup plus au sud. C’est dans cette région, un peu au nord de l'équateur, et vers le 32° degré de longitude orientale, que le R. P. Léon des Avan-
1 Baker fut arrêté pour la première fois par les îles flottantes onze Jours seulement après avoir quitté Khartoum. Le voyage de cette station à Gondokoro dura quarante-quatre jours.
QUATREFACES, Pygmées.
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chers a trouve les Wa-Berrikimos ou Cincallès dont la taille est d'environ 1"”,30 ‘. Les renseignements recueillis par M. d'Abbadie placent vers le 6° degré de latitude nord les Mallas ou Mazé-Malléas, hauts de 1",50”, Tout indique qu'il existe, au sud du pays des Gallas, diverses tribus nègres de très petite taille. Il me semble difficile de ne pas les rattacher aux Pygmées de Pomponius Mela. Seulement elles ont reculé plus au sud. Probablement ce changement s'était déjà produit à l’époque où écrivait le géographe romain; et on comprend qu'il a pu regarder cette race comme ayant disparu.
En esquissant l’histoire de ces petits hommes si célèbres dans l'antiquité, j'ai dû insister d’abord sur lestraditions relatives àceux dont Homère a immortalisé le nom et aux populations placéessoit en Asie, soit dansles régions nord-orientales del’Afrique,que l’on a rattachées aux Pygmées du Nil. Mais, environ un siècle avant Aristote, Hérodote avait parle, lui aussi, d'une espèce de Pygmées, sans employer cette appellation. On lui doit d’avoir reproduit le récit de quelques pèlerins de Cyrène qui tenaient leurs renseignements d’Étéarque, roi des Ammoniens. Celui-ci leur avait raconté qu'un certain nombre de jeunes Nasamons avaient eu l’idée d’ex-
1 Lettre à M. d’Abbadie, avec une carte (Bulletin de la Socute c'e géographie, 3° série, t. XII, p. 171).
2 Bulletin de la Socicté de géographie, 3° série, t. Il, p. 100, et sofe manuscrite.
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