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connaître tous les personn:ges qui jouent un rôle dans la mythologie des Hottentots. Il en est qu'il se borne à mentionner : tels sont Tsavirub ou Aib (l'arc-en-ciel), ÆAmmab”, Oas, etc. Il donne un peu plus de détails sur les mythes se rattachant àal’astronomie.
Les Khoiï-Khoï paraissent avoir distingué un assez grand nombre de constellations et ont donné des noms à plusieurs étoiles. Naturellement la fable s'est emparée de ce champ si propre à stimuler l’imagination. Les étoiles sont pour eux les yeux ou les esprits des morts. Ils empruntent à cette croyance une formule de malédiction caractéristique : « Toi qui est heureux, puisse le malheur tomber sur toi de l'étoile de mon grand-père ! 5
Les Pléiades (Khanuseti) sont les étoiles de la pluie ; leur retour anronce l'ouverture de la saison pluvieuse, qui joue un si grand rôle dans l’existence de ce peuple pasteur. Ainsi s'expliquent les fêtes qui saluent leur première apparition. Dans certains mythes, elles sont représentées comme filles de Tsûi-goa. Elles ont pour époux Aldébaran ( Aob) ou mieux la constellation dont cette étoile est la plus remarquable et qui embrasse une partie de nos Hyades et d'Orion. Malheureusement la mésintelligence s'est glissée dans ce ménage. Les Pléiades dirent un jour à leur mari : « Va nous tuer ces trois zèbres ; mais si tu les manques, garde-toi de rentrer à la maison. » Aob prit son arc et une flèche; il tira et manqua son coup. Comme le lion veillait de
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l’autre côté et gardait les zèbres, il ne put aller reprendre sa flèche; et, redoutant le courroux de ses femmes, il s’assit où il est encore, souffrant de la soif et de la faim. Il va sans dire que la flèche, les zèbres et le lion sont autant d'étoiles ou de constellations. |
Gaunab où Gauna. — Les divinités dont je viens de parler sont toutes bienfaisantes. Il en est autrement de Gaunab, Gaunam ou Gauna. Celui-ci est l'Étre suprême méchant, comme Tsüi-goa est l'Étre suprême bon. C'est lui qui cause tous les maux, c'est lui qui fait périr les bestiaux, qui livre les hommes aux bêtes féroces, fait échouer leurs meilleurs desseins et leur envoie toutes sortes de maladies;, son nom signifie /e destructeur, celut qui extermne.On a vu plus haut comment il combattit jadis contre Tsûi-goa et finit par être vaincu. Un missionnaire a recueilli une autre version de cette lutte entre le génie du bien et celui du mal; mais je crois inutile de la reproduire ici. Elle présente le même caractère d'anthropomorphisme et se termine de même par la défaite de Gaunab.
Dans ces divers combats Gaunab est censé avoir ététue parson adversaire ; maisévidemmenton admet qu'il est revenu à la vie, puisqu'il habite un ciel noir, comme on l’a vu plus haut. D'ailleurs, le culte que lui rendaient les Khoï-Khoï du temps de Kolbe, et qui dure encore aujourd’hui, ne peut laisser de doute à cet égard. M. Hahn a pu constater lui-même ce fait. On prie Gaunab et on lui offre des sacrifices
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pour tâcher de le fléchir. Il est à regretter que l'auteur ne soit pas entré ici dans quelques détails et n'ait pas fait connaître les termes des invocations adressées à l'esprit du mal. Il aurait été intéressant de les comparer aux hymnes chantés en l'honneur de Tsüi-g0a.
C'est bien probablement à ce culte de Gaunab qu'il faut rattacher les hommages accordés par les Hottentots à une espèce de mante‘. Kolbe avait donné sur ce point les détails les plus précis. Il avait vu les indigènes témoigner un profond respect à cet insecte, de l’ordre des orthopteres, chaque fois qu’ils le rencontraient ; il avait été témoin des sacrifices célébrés en son honneur, lorsqu'il se montrait dans un kraal, et en avait conclu que Îles Hottentots le regardent comme une divinité bienfaisante®. Au contraire, l’astronome La Caille a cru qu'il était à leurs yeux un animal de mauvais augure. Or M. Hahn a pu constater à diverses reprises que tous les détails donnés par Kolbe sont encore aujourd’hui parfaitement exacts. En même
1 Mantis. Cette espèce n'a pas encore reçu de nom scientifique, à ce que m'assure un entomologiste éminent ; elle est rare au Cap, mais commune aux îles de France et de Bourbon. On sait que chez nous, dans le Midi, la Mante prie-Dieu (Mantis religiosa) est aussi l'objet de diverseses croyances populaires.
2 Le Vaillant à nié l'exactitude des faits signalés par Kolbe ; mais ce voyageur, qui a si bien su voir tant de choses, était fort peu préparé à l'étude des religions des peuples sauvages et n'a absolument rien compris à celle des Hottentots.