‹ Les pygméesChapitre 121 sur 139 · SU AU ” # À VEN · texte numérisé non relu

SU AU ” # À VEN

GAMA-GORIB, L'ADAM KHOI-KHOI 329

le corps a une échine couleur de cuivre. Le même personnage porte ailleurs celui de Gurikhoisib, c’està-dire l’homme primitif. Ici la légende présente quelque contradiction, car ce premier homme a une mère, dont l'auteur ne fait pas connaître le nom et habite un kraal où se trouve des jeunes filles.

Quoi qu'il en soit, une légende assez détaillée nous montre Gurikhoiïisib vivant au milieu de tous les animaux. Il a un jour la fantaisie de jouer. Le léopard, le singe, l'hyène, les serpents, etc., assistent à la partie. L'homme perd tous ses bracelets de cuivre. Puis il se prend de querelle avec le lion, et ils se défient. Gurikhoïsib rentre chez lui, empoisonne ses flèches, aiguise ses sagaies ; sa mère l'oint de beurre fondu qu'elle saupoudre d’un odorant buchu',et l'encourage en improvisant un chant en son honneur (gare). La rencontre a lieu près d'un étang où notre auteur a été conduit par son guide *, Le lion, attaqué par les chiens, criblé de flèches et de dards, s'enfuit et est découvert par sa mère, qui reçoit son dernier soupir et l’ensevelit, pendant que Gurikhoïsib est accueilli par un chant de triomphe. Depuis cette époque, les petitsfils du lion cherchent à venger leur ancêtre, et les Khoi-Khoiï leur font une guerre sans merci.

L Éoore parfumée que l'on obtient en pulvérisant une espèce de Spiræa. (Kolbe, p. 210.)

2 L’étang de Khubirsaos, par 23° 29’ de latitude sud et 16° 28’ de longitude est. M. Hahn fut très frappé de l'animation et de la préci-

sion que son guide mit à lui raconter toutes Jes péripéties du combat. |

330 HOTTENTOTS ET BOSCHISMANS

IL est du reste facile de comprendre que Gu-

rikhoïsib a pris place dans la mythologie des indigènes. Ils le regardent comme une espèce de demidieu, qui les protège contre les êtres malfaisants et surtout contre les lions.

Autre vie. — De divers détails contenus dans ce qui précède on aura déjà conclu, je pense, que les

Hottentots croient à une autre vie. C’est là un-

fait que Kolbe avait déjà mis hors de doute, bien qu'il eût été nié par quelques-uns de ses prédécesseurs, bien qu'il l'ait été par quelques-uns de ceux qui sont venus après lui’. Les observations personnelles de M. Hahn ont, sur ce point encore. pleinement confirmé celles du vieux voyageur. J'ai signalé précédemment ce que les Hottentots disent des étoiles, et l’on pourrait en conclure qu'ils placent dans le ciel l'habitation de ceux qu'ils ont perdus. Mais je ne vois nulle part de témoignage explicite à cet égard. Âu contraire, bien des faits

1 Ce sont peut-être surtout certains missionnaires qui méritent ce

reproche, et parmi eux en particulier M. Moffat. Il est difficile de ne

pas être surpris et peiné en lisant ce qu'il a écrit au sujet du prétendu athéisme des Hottentots. On dirait qu'il redoute de trouver chez ces païens quoique ce soit qui ressemble à des idées religieuses.

Il est évident qu’une foi trop exclusive a égaré le Nestor des mission

natres vivants, comme l'appelle M. Hahn(p. 50). A ses yeux, « l'homme st sans conscience, jusqu'à ce qu’on lui ait déclaré la volonté de Dieu ». Évidemment, quand on a des convictions pareilles, on est bien mal préparé à comprendre les questions dont il s'agit ici. (J/zngttrois ans de séjour dans le sud de l'Afrique, par Robert Moffat, agent de la Société des missionnaires de Londres; traduit par M. Horace Monod, pasteur, Paris, 1846; chapitres xvi et xvit.)

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