‹ Les pygméesChapitre 18 sur 139 · AUTRES NÉGRITOS · texte numérisé non relu

AUTRES NÉGRITOS

changent de nom et s'appellent Afes à Panay*, Hilloonas et Mamanouas à Mindanao *, etc.

Au fur et à mesure que les archipels de ces mers orientales ont été mieux connus, on a découvert a peu près partout notre petite race nègre. Sur quelques points les premiers renseignements obtenus a ce sujet ont laissé subsister des doutes, presque toujours levés par de nouvelles observations de plus en plus positives. C'est ainsi que l'existence des Négritos à Formose a été niée jusqu’à ces derniers temps malgré le témoignage formel de divers voyageurs hollandais et anglais. Mais en 1868, M. Schetelig a présenté à la Société ethnologique de Londres deux crânes bien authentiques dont les caractères ne laissent place à aucune objection. C'est également une tête osseuse qui nous a per-

1 Rienzi a décrit sous le nom de Meélano-Pyginees deux individus: appartenant à une race de Panay, ayant moins de 4 pieds 10 pouces de haut (1M,569). Leurs cheveux non crépus, leur peau moins noire que celle des Nègres annoncent des métis. Mais la petitesse de la taille, sans être excessive, nous apprend que ce caractère persiste en. partie malgré le croisement, (Rienzi, Océanie, t. 1, p. 298, et errata.) D'ailleurs, M. Lafond leur attribue une taille bien plus petite. (/ournal de l'Institut historique, mars 1835, cité par Rienzi.)

2 C'est sous ce dernier nom que M. le D' Montano a découvert des Négritos dans la péninsule nord-est, aux environs du lac de Maïnit.

3 Cette tête fait partie du Musée de Lyon, et je suis bien aise de remercier ici M. Lortet qui a bien voulu la mettre à notre disposition pour la décrire et la figurer. Elle porte avec elle son certificat d'origine, car la surface en est couverte de ces arabesques et de ces dessins que les Dayaks gravent sur le crâne de leurs victimes. {Crania etbnica, p. 195, fig. 212 et 213.)

mis, à M. Hamy ‘ et à moi, de confirmer les témoignages de Rienzi, de Lafond de Lurcy, de l’évêque de Labuan, etc., et d'affirmer que de vrais Négritos habitent l’intérieur de Bornéo.

Enfin, des témoignages réunis dus à Earl et à divers voyageurs cités par lui, il résulte que les Négritos habitent les régions montagneuses des iles Sandal (Samba), Xulla, Bourou, Céram, Flores Solor, Pantar, Lombleu, Ombay, la péninsule orientale de Célèbes, etc.

J'ai indiqué ailleurs la plupart des points principaux où l'existence actuelle des Négritos a été constatée *. J'ai fait en même temps remarquer que dans ce vaste monde maritime Sumatra et Java sont les seules grandes îles où ils n'aient laissé d’autres traces que quelques métis douteux et les restes d’une industrie qui paraît n'avoir pas franchi l’âge de la pierre*. C’est à Java que la destruction a été probablement la plus prompte et la plus complète. Ces malheureux petits Nègres ne pouvaient que disparaître devant les races malaises, qui joignaient à des armes plus redoutables, à leurs instincts meurtriers une civilisation capable

1 Hamy, Les Négritos à Bornéo (Bulletin de la Societé d'anthropolo- -giestae-série, t-XI, p.113,:1876).

2 Voir de Quatrefages, Hommes fossiles et Hommes sauvages, p. 214.

3 Je crois aujourd’hui avoir été trop affirmatif en regardant les Aïthalo-Pygmées vus à Sumatra par Rienzi comme de vrais Négritos. Ce ne sont probablement que des métis.

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