‹ Les pygméesChapitre 33 sur 139 · BRAHOUIS · texte numérisé non relu

BRAHOUIS

Les Brahouis sont bien probablement le rameau le plus occidental de ces Kôles, Khôles, Côles ou Coolees, qui sont déjà nombreux au delà du delta de l’Indus, encore plus dans le Guzarate, et dont les tribus plus ou moins disséminées s'étendent, à travers l'Inde centrale presque entière, jusque dans le Béhar, et à l’extrémite orientale des monts Vindhyas”. Placées ainsi dans les conditions les plus diverses, ces tribus ont conservé leurs caractères primitifs, ou ont varié à des degrés fort différents. Les Khôles orientaux, retirés dans les gorges de la Nerbuda ou sur les hauts plateaux, sont parfois inférieurs aux Bhils et se rapprochent des derniers groupes dravidiens ; les Khôles occidentaux, habitant des contrées ouvertes,en contact avec les races conquérantes, en ont fortement reçu l'empreinte. « On trouve chez eux, dit M. Rousselet, une échelle de types allant du Bhil pur au Rajpout pur. » Ce qui s’est passé dans le Rajpoutana a dû se produire à plus forte raison dans le Béloutchistan où la population dravidienne, encore plus exposée aux invasions, ne pouvait pas se recruter chez des tribus restées plus ou moins à l'abri des nouveaux mélanges.

Ainsi les races noires de l'Inde avaient passé l’Indus. Mais jusqu'où s’étaient-elles étendues à l’ouest du fleuve ? Il est difficile de répondre à cette question.

1 Rousselet, Essai d'une carte ethnologique de l'Inde centrale (loc. cit., pl. ID.

Hamilton Smith admet que de véritables Nègres ont existé depuis les temps historiques ou existent encore dans le Laristan, dans le Mékran, dans la Perse proprement dite et sur les bords du Helmund qui prend sa source dans les montagnes du Caboul et se jette dans le lac Zerrah*. Elphinstone, de son côté, a dit quelque part qu’il y a des Nègres sur les bords de ce lac.

On peut admettre sans peine que les tribus dravidiennes de la province de Lous s'étaient jadis étendues plus à l’ouest en suivant les bords de la mer. Mais ont-elles atteint le golfe Persique? L'existence de groupes plus ou moins nègres dans le Laristan ne s’expliquerait-il pas très simplement par l'importation de Nègres africains amenés là par l'esclavage? L'examen de quelques têtes osseuses léverait vite toute incertitude.

Ce que les voyageurs rapportent au sujet des riverains du lac Zerrah ne saurait,ce me semble, s'interpréter de la même manière. Ils représentent, nous dit-on, les premiers occupants de la contrée, et diffèrent des autres habitants du Seistan par les traits aussi bien que par les habitudes. Ils sont vraiment noirs et laids?. Aucune des races venues de l’ouest ou nord-ouest, qui ont envahi l’Afghanistan, n'aurait pu apporter ni ces traits ni ce teint. Il est au contraire facile de comprendre que les

1 Hamilton Smith, The natural History of the human species, p. 199. 2? They are big, black and ill featured. (Latham.)

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