RELATIONS SOCIALES
inclusivement. Le père et la mère emploient des mots différents pour parler d’un fils. Le premier l'appelle celui que j ai engendre ; la seconde, celui que j'ai enfante. Cela même nous renseigne sur le rôle que ces insulaires attribuent à chaque sexe dans l’acte de la génération.
La distinction des âges est toujours observée. En adressant la parole à un parent plus âgé, on ajoute à son nom le titre de #”aiola, que nous avons vu être celui des chefs secondaires; en parlant à un parent plus jeune, on l'appelle par son nom seul. On observe la même distinction lorsqu'il s’agit des femmes, mais les termes sont différents.
Dans l’intérieur des familles, les rapports entre les individus de sexe différent témoignent d’une grande délicatesse. L'homme se tient dans la plus grande réserve envers la femme d’un cousin ou d’un frère cadet. Il ne lui adresse la parole que par l'intermédiaire d'un tiers et ne peut jamais l'épouser. La femme d'un aîné reçoit, au contraire, de ses beaux-frères, les témoignages d'affection et de respect que l’on accorde à une mère.
Propriete, hospitalité. — Ce que nous avons dit précédemment suffit sans doute pour montrer que les Mincopies ne sont rien moins que ces êtres absolument barbares et intraitables, plus voisins des brutes que de l’homme, dont on a trop souvent parlé. Une foule de détails donnés par les rares voyageurs qui les ont vus de près dans leur
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vie journalière, et surtout par M. Man, achèveraient de mettre à néant ces injustes assertions. Je me borne à relever deux faits caractéristiques.
Les droits de la propriété sont reconnus et acceptes par ces insulaires. Les territoires des tribus ne sont bornés que par des limites assez incertaines, une chaînede collines, une ceinture de jungles, etc.; néanmoins on ne les franchit guère sans une invitation formelle ou une permission expresse. Les infractions à cette règle, d’ailleurs très rares, entraînent presque toujours une lutte sanglante. La propriété individuelle est également respectée. « Pas un Andamanien, dit M. Man, ne prendrait ou ne changerait de place une arme ou un outil appartenant à un voisin. » D'autre part, il est d'usage que le propriétaire d’un canot, d’un vase, d'une planche-tambour, les mette à la disposition des membres de sa communauté, si on le lui demande.
L'hospitalité est une des vertus caractéristiques des Mincopies. On enseigne aux enfants, dès leur plus jeune âge, le respect des hôtes et des amis. Dans chaque famille on tient constamment en réserve une certaine quantité de nourriture destinée aux visiteurs qui pourraient survenir. Des étrangers, présentés par des amis communs, sont toujours chaudement accueillis par la communauté entière. Ils sont les premiers servis ; on leur offre les mets les meilleurs que contienne le campement; on les accompagne au départ; avant dese séparer,