HOSPITALITÉ. GUERRES
on se serre les mains ; et, au lieu de s'embrasser, on se souffle réciproquement au visage ; puis s’engage un dialogue affectueux. Enfin on se quitte, en se promettant de se revoir.
Rixes, guerre. — Pourtant pas plus aux Andaman qu'ailleurs, la vie ne conserve toujours ce caractère idyllique. Ici, comme partout, éclatent des querelles, des rixes, des guerres. Les Mincopies sont susceptibles et prennent feu aisément. En pareil cas, celui qui se croit offensé manifeste son irritation lé plus souvent en décochant une flèche près de l’offenseur ; mais parfois il cherche à l’atteindre. Quelquefois aussi il est pris d’une sorte de fureur et se met à fracasser et à détruire tout ce qu’il trouve à sa portée, sans épargner ses propriétés personnelles. En pareil cas, il est regardé comme étant en proie à une véritable possession, et irresponsable de ses actes. C’est, on le voit, une sorte d'amok, mais moins dangereux que celui des Malais, puisqu'il s'adresse aux choses et non aux personnes. ù
Les mauvais instincts du sauvage reparaissent dans la guerre qui éclate parfois de tribu à tribu, au milieu d’une fête toute pacifique. Il va sans dire que toutes les propriétés du vaincu sont enlevées ou détruites. Les blessés sont massacrés. Les femmes, les enfants, sont exposés aux même sort. Néanmoins on épargne souvent ces derniers et on les traite avec douceur, dans l'espoir d’en faire autant de membres de la tribu victorieuse.
150 CARACTERES DES MINCOPIES
De tout temps les Mincopies ont été accusés de massacrer les étrangers jetés dans leursîles par le hasard de la navigation. Cette triste réputation paraît avoir été méritée. Duradawan, le cipaye dont j'ai parle plus haut, ne s'était pas évadé seul, et tout ses compagnons furent tués. Ces actes de férocité s'expliquent aisément par les faits qu'avait déjà signalés un des premiers explorateurs de ces îles, le lieutenant Blair'. Les Malais, les Chinois, fréquentent les Andaman depuis des siècles pour récolter des nids de salanganes. ‘Or, à diverses reprises, ils ont tendu des pièges aux indigènes pour sen emparer et en faire des esclaves. Il ést tout simple qu'un esprit général de mefiance et de haine contre les étrangers ait été le résultat dé ces actes de perfidie et de violence. Les Anglais, eux aussi, furent d’abord accueillis à coups de fléche. Mais quand les Mincopies crurent avoir reconnu qu'ils n'avaient rien à en redouter, ils se rallièrent vite à ces nouveaux venus; et, partout où les explorateurs se montrèrent accompagnés d'introducteurs indigènes, ils furent bien accueillis.
Funérailles. — A en croire les détracteurs des Mincopies, la mort ne donne lieu, chez ces insulaires, à aucune manifestation de douleur. Au contraire, ces manifestations sont ordinairement des plus vives, et la communauté entière y
1 Selection of the Records of the government of India, n° XXV; The Ardaman Islands. — Appendix, n° II, p. 65.