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FUNÉRAILLES

prend part. Les rites funéraires, car il est permis d'employer ces expressions, sont à peu près les mêmes pour les enfants et les adultes. Toutefois les premiers sont toujours enterrés au milieu du campement; les seconds sont transportés au plus épais du jungle et tantôt enterrés, tantôt exposés sur une plate-forme élevée à la bifurcation de deux grosses branches. | |

À la mort d’un enfant, les parents, les amis, restent pendant des heures entières pleurant autour du petit corps. Puis, en signe de deuil, ils se peignent de la tête aux pieds avec une pâte d’argile olivâtre. En outre, après s'être rasé la tête, les hommes se placent au haut du front, et les femmes sur le sommet de la tête, une motte de la même pâte. :

Dix-huit heures sont généralement employées à faire la toilette du mort. La mère, après avoir rasé la tête, la peint, ainsi que le cou, les poignets et les genoux, avec de l’ocre et de l'argile blanche. Puis on ploie les membres et on les enveloppe dans de larges feuilles, maintenues par des cordelettes. Le père creuse la fosse sous le foyer même de la hutte. Quand tout est prêt, les parents disent un dernier adieu à celui qu'ils ont perdu, en lui soufflant doucement deux ou trois fois sur la figure. Enfin on achève de l’envelopper de feuilles, et on le descend accroupi dans la fosse, qui est immediatement comblée. Alors on rallume le feu, et la mère dépose sur la tombe une coquille conte-

158 CARACTÈRES DES MINCOPIES

nant quelques gouttes de son propre lait pour que l'esprit de son enfant puisse se désaltérer. Les Mincopies croient en effet que l'un des deux principes qui animent le corps, et dont je parlerai plus loin, hante pendant quelques temps son ancienne demeure. Pour qu'il ne soit pas troublé, la communauté abandonne son campement, après avoir entouré la hutte ou même le village entier d’une guirlande de roseaux (ara), dont la présence doit apprendre à tout survenant que la mort a frappé un des habitants et qu’il doit s'éloigner.

Tant que dure le deuil le village reste abandonne. Au bout de trois mois environ, on y revient; on enlève la guirlande funébre et l’on exhume le corps. Le père recueille les ossements, les nettoie avec soin, et les divise en petits fragments propres à être disposés en colliers. Le crâne est soigneusement peint en jaune, recouvert d’une sorte de filet que décorent de petites coquilles, et la mère le suspend à son cou par une cordelette. Le père, au bout de quelques jours, porte à son tour cette espèce de relique. Les autres os servent à faire des colliers que les parents distribuent à leurs amis à titre de souvenir. À la même époque on enlève la motte de terre glaise portée jusque-là comme signe de deuil, et l’on reprend les peintures et les ornements habituels.

Toutes les cérémonies ne sont pourtant pas encore accomplies. À un jour convenu, les amis de la famille se réunissent autour de la hutte. Le

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