‹ Les pygméesChapitre 60 sur 139 · FUNÉRAILLES · texte numérisé non relu

FUNÉRAILLES

\ père, tenant serrés dans ses bras les enfants qui lui restent, chante quelque vieux chant, dont le refrain est repris par les femmes, tandis que tous les assistants expriment leur sympathie par de bruyantes lamentations. Puis les parents, après avoir exécute la danse des pleurs (hitolafnga), se retirent dans la hutte, et la danse dure encore pendant plusieurs heures. |

La mort d’un adulte donne lieu à des manifestations à peu près semblables à celles que je viens d'indiquer. Lui aussi est enterré assis, la face tournée vers l’orient. Un feu est allumé sur la tombe ou sous la plate-forme qui supporte le corps; une coquille de nautile pleine d’eau et divers autres objets sont déposés auprès. Le village est également abandonné et entouré de l’ara. Au temps voulu, les ossements sont nettoyés et distribués pour être disposés en colliers. Les crânes conservés dans le campement sont portés à tour de rôle pendant quelques heures par tous les membres de la communauté *.

1 Les Mincopies sont, parmi les populations actuellement existantes, la seule chez laquelle on ait constaté ces singulières coutumes destinées à rendre hommage aux morts. Mais peut-être ont-elles existé chez quelques-unes de nos tribus quaternaires. Cette hypothèse expliquerait la découverte faite à diverses reprises d’ossements humains brisés et de crânes isolés, alors que bien d’autres circonstances tendent à faire écarter la croyance à l’anthropophagie. Peut-être pour- rait-on ajouter qu’on retrouve des traces de ces anciennes pratiques dans la coutume qui existe dans quelques-unes de nos provinces et qui consiste à distribuer aux parents et aux amis divers objets ayant appartenu au défunt en souvenir de celui qu’ils ont aimé.

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