‹ Les pygméesChapitre 62 sur 139 · CONSERVATION DU FEU · texte numérisé non relu

CONSERVATION DU FEU

invention que Mouat leur avait attribuée. D’après ce voyageur, ces insulaires auraient entretenu, au cœur de gros arbres choisis à cet effet, un foyer toujours brûlant. Le feu, creusant le tronc de haut en bas, aurait formé une sorte de four vertical où la braise se conservait presque indéfiniment. M. Man ne voit dans cette description qu’une fable, inventée sans doute par Duradawan.

On peut dire que les Mincopies sont étrangers aux premiers rudiments de l’art du dessin. Leurs chefs-d’œuvre en ce genre consistent en de simples lignes en zigzag gravées sur leurs arcs, leurs poteries ou leurs pagaies, et dont l'effet est quelquefois assez gracieux”. Ils ne semblent pas avoir jamais tenté de reproduire la figure d’un animal ou d’une plante. À cet égard, ils sont au-dessous des Boschismans et des Tasmaniens eux-mêmes.

Par/sue line peut!exister chez eux rien qui ressemble à la pictographie. Ils ne possèdent aucun moyen de communiquer à distance ou de fixer les souvenirs. Seulement, quand ils veulent indiquer la route à suivre dans le jungle, ils brisent ou inclinent quelques branches dans la direction du chemin.

La musique des Mincopies est aussi bien rudimentaire. C'est une courte phrase musicale, qui,

1 Mouat, Adventures, p. 308, ? Journal of the anthropological Institute, vol. VI, pl. XII, XIII, XIV, et On the aboriginal inhabitants of the Andaman islands, pl. V, VI et VIT

QUATREFAGES, Pygmées, II

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se répétant indéfiniment, rappelle un peu celles de certaines bourrées en usage encore dans la basse Bretagne. Pour accompagner ces espèces de mélodies, nos insulaires n’ont d’autre instrument qu'une petite planche de forme elliptique tronquée, qui sert à marquer la mesure aux danseurs. [ls sont donc inférieurs encore à toutes les populations sauvages qui ont au moins inventé le tambour.

Le genre de vie des tribus andamaniennes a pour conséquence de fréquentes migrations dans l'étendue de leurs domaines. Ce fait, mal observé, les a fait représenter comme étant absolument errantes, comme n ayant aucune demeure fixe et ne sachant construire, pour se garantir de la pluie ou du vent, que de simples abris. Il n’en est rien. Les Mincopies ont en réalité trois sortes de huttes. Les plus simples, dont ils font usage dans leurs excursions, représentent pour ainsi dire la tente de nos soldats. On les élève rapidement à chaque halte, et ce soin incombe aux femmes. Mais les hommes construisent des huttes plus solides quand il s’agit d’un séjour un peu prolongé.Enfin, dans les villages proprement dits, ces demeures sont faites avec grand soin et prennent des dimensions assez considérables. Dans la tribu des Jarawa elles ont jusqu’à 13 mètres de long sur 12 de

1 Journal of the anthropologcal Institute, t. VII, p. 458, pl. XHI, fig. 15 et On the aboriginal inhabitants.….

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