HABITATIONS
large. Des pieux enfonces dansle sol, des traverses pour former la charpente du toit, de larges feuilles de palmier artistement assujetties, constituent les matériaux de ces édifices, qui peuvent braver les pluies les plus torrentielles. Ajoutons que l’on trouve toujours à l’intérieur des nattes ou des feuilles servant de lits. Ces huttes sont généralement disposées de manière à entourer une place elliptique destinée aux danses. A l’une des extré-
mités se trouve ce qu’on pourrait appeler la cuisine publique. Les filles et les garçons dorment dans. des cases particulières, que séparent celles des gens mariés. Cet isolement des jeunes gens des deux sexes s’observe même à l'intérieur des huttes, et ce fait répond encore à lui seul à certaines assertions trop légèrement accueillies au sujet de ces insulaires.
Ainsi, au point de vue du logement, les Mincopies se montrent supérieurs aux Fuëégiens et au moins les égaux des tribus les moins arriérées de la Tasmanie et de l'Australie. Sur un autre point, dont l'importance est universellement admise, ils sont très supérieurs, non seulement à ces populations, maisencore aux Polynésiens les plus avancés. Ils fabriquent de la poterie allant au feu et des vases où ils font cuire la plupart de leurs aliments. Ces vases, à fond généralement arrondi, se font a la main et sont décorés, à l’extérieur, de lignes ondulées ou diversement entre-croisées, gravées a l’aide d’un stylet de bois. Leurs dimensions
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varient; les plus grands contiennent 10 litres et plus. Les Mincopies savent aussi se faire des vases de bois auxquels ils donnent parfois la forme d’un double nœud de bambou.
Ces insulaires ne le cèdent en rien, pour la plupart des industries primitives, aux populations pêcheuses ou chasseresses. Par exemple, ils fabriquent des filets de plus de 20 mètres de long sur 5 mètres de large, avec lesquels ils barrent les criques étroites et l'embouchure des cours d’eau. Ils ont encore des flèches et des harpons à détente, dont la pointe est reliée à la hampe par une longue cordelette. L'animal frappé déroule lui-même cette corde en fuyant ; et, embarrassé, arrêté par la hampe qu'il traîne, il est facilement atteint. Rien de semblable n'existe chez un grand nombre de sauvages regardés comme supérieurs aux Mincopies.
Leur arc mérite encore une mention spéciale.
À la Petite-Andaman, cette arme présente la forme ordinaire; mais elle est tout autre à la Grande-Andaman. Ici, le milieu servant de poignée est épais et cylindrique. Les deux moitiés latérales sont aplaties, relativement très larges au milieu et atténuées aux deux extrémités. Elles sont, en outre, courbées en sens contraire dans l’arc détendu; si bien que celui-ci ressemble alors à un S très allongée ou à une grande intégrale. Cette disposition a pour résultat de protéger la main de l’archer contre le choc de la corde qui est arrêtée