‹ Les pygméesChapitre 64 sur 139 · ARMES · texte numérisé non relu

ARMES

par la convexité d’une moitié de l'arc. Le défaut de symétrie de cette arme ne nuit ni à sa force ni à sa sûreté. À la distance de 30 à 40 mètres, un Mincopie, avec un arc de 2 mètres, perce une planche de sapin ayant près de 4 centimètres d'épaisseur ; à près de cent mètres, il peut encore faire une blessure grave. Îl est curieux de constater que l’arc mincopie n’a été retrouvé que sur quelques points de la Mélanésie orientale, entre autres à Mallicolo, c'est-à-dire chez une population se rattachant, au moins en partie, à un type nègre très voisin de celui des Andamaniens. |

Outillage des Mincopies ; application au problème de l'existence de l'homme tertiaire. — Pour abattre les arbres et tailler les pieux qui forment la charpente de leurs huttes, pour façonner leurs arcs, creuser leurs vases ou leurs canots, pour tracer les dessins parfois assez compliqués qui les décorent, les Mincopies n’ont que les instruments les plus rudimentaires. À tous les points de vue, ce côté de leur histoire présente un intérêt tout spécial. En outre, il touche à des questions vivement controversées à propos de nos races fossiles européennes, et en particulier à celle de l’existence de l’homme tertiaire. Je crois donc devoir entrer ici dans des détails plus circonstanciés, et reproduire en partie ce que j'ai dit ailleurs à ce sujet‘.

à Thenay et les îles Andaman (Matériaux pour l'histoire naturelle et primitive de l'homme, 3° série, t. Il). .

166 CARACTÈRES DES MINCOPIES

L'abbé Bourgeois présenta en 1868, au Congrès d'anthropologie préhistorique réuni à Paris, des silex qu'il regardait comme ayant été taiilés par l’homme. Ces silex avaient été recueillis par lui dans un terrain appartenant au miocène inférieur situé dans la commune de Thenay, près de Pontlevoy (Loir-et-Cher). Il concluait de ce fait que l’homme existait en Europe dès l’époque tertiaire. Cette communication devint le point de départ de discussions qui durent encore. Trois objections principales furent faites aux conséquences que le savant abbé avait tirées de sa découverte. Le nombre des silex taillés parut exorbitant ; les craquelures que présentent un très grand nombre d’entre eux furent attribués à diverses causes toutes indépendantes de l'intervention del’homme; on insista sur la prédominance des silex ne portant aucune trace de travail humain, et on expliqua par l’action des forces naturelles les refouches que l’abbé Bourgeois et ses adhérents attribuaient à ce travail. En outre, un certain nombre de géologues élevèrent des difficultés tirées de la distribution des silex dans la couche où on les rencontraïit.

L'histoire du travail chez les Mincopies répond a toutes celles de ces objections qui ne reposent pas sur la géologie.

1 Congres international d'anthropologie et d'archéologie prélnstoriques. — Sessions de Paris, .1868.

#4 OT NPEREE +7

Page 1