‹ Les pygméesChapitre 66 sur 139 · EMPLOI DE LA PIERRE · texte numérisé non relu

EMPLOI DE LA PIERRE

On les tire de veines d’un quartz tantôt opaque tantôt transparent comme du cristal, ou de cailloux à demi translucides et d’un blanc bleuitre.

(M. Man.)

« 5° La, pierre de cuisine, pierre à cuire (coohing-stone, Man). Ce sont des cailloux communs d'environ 2 pouces de diamètre, qui sont chauffés et dont on recouvre le mets que l’on veut faire cuire. »

Nous trouvons ici une curieuse variante du four usité dans toute la Polynésie. Les Mincopies n'avaient pas songé à creuser la terre pour mieux utiliser et conserver plus longtemps la chaleur; mais on voit que les pierres jouent aux Andaman un rôle tout semblable à celui que l’on a signalé de tout temps à la Nouvelle-Zélande comme aux Sandwich, à Taiti comme à Tonga.

M. Man ajoute les remarques suivantes que je traduis en soulignant les passages ayant le plus de rapportaveclaquestionque j’aispécialementen vue.

« Quand on a besoin d’une nouvelle pierre à aiguiser, comme les Mincopies ne connaissent pas l’art de tailler la pierre, on choisit un bloc de grès. S'il est trop grand, on le place sur le feu jusqu'à ce qu'il se brise. L'opérateur choisit le fragment qui répond le mieux à ses intentions et le façonne à laide de son dur et lisse marteau de pierre. Au bout de peu de temps le tranchant de la pierre est émoussé; mais elle sert pendant plusieurs mois pour donner un fil plus fin. »

170 CARACTÈRES DES MINCOPIES

Dans ce passage M. Man oppose l’une à l’autre la pierre à aiguiser ordinaire (whet-stone) et la pierre à aiguiser (fine stone). Il est à regretter que l’auteur soit ici trop sobre de détails. Mais il me paraît résulter de l’ensemble des passages relatifs à ce sujet que ces pierres sont employées essentiellement à la façon de racloirs ou de gratloirs. Comme on va le voir, ces couteaux Sont aux Andaman les seuls outils de pierre qui soient réellement façonnés. Il y a là, ce me semble, une indication qui peut s'appliquer à ceux que nous trouvons chez nous en si grand nombre.

« Les lamelles et les eclais ne servent jamais qu'une fois. En fait on en emploie souvent plusieurs pour chaque opération. Les éclats en forme de lame tranchante servent à raser; ceux qui ont une pointe aiguës sont employés pour le tatouage et les sacrifications.

« Lorsque l'opération est finie, ces instruments sont jetes sur quelques tas de débris ou on en dispose de toule autre manière. Quiconque vient à marcher sur l’un d’eux, même involontairement, s'expose aux plus grands malheurs. La fabrication de ces petits éclats est considérée comme rentrant dans les devoirs des femmes, et ce sont elles qui s’y livrent habituellement.

« Deux morceaux de quartz blanc sont nécessaires pour obtenir les lamelles. Ils ne sont ni presses contre la cuisse, ni entourés d’un lien fortement serré pour déterminer une ligne de moindre résis-

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