ANCIENS INSTRUMENTS EN PIERRE VER
jetés parmi les objets de rebut lorsqu'elles étaient hors de service. » |
Ce n'est pas seulement une pointe de flèche qu’a trouvée le D' Stoliczka ‘. Il a rencontré aussi une hache d'environ 2 pouces et demi de long, qu'il eût été impossible, dit-il, de distinguer des celts de la période néolithique d'Europe et d’Asie. Il cite encore un véritable ciseau de 3 pouces de long avec un tranchant aiguise à l’une de ses extrémités. Il est difficile d'admettre qu’un homme instruit, même peu familier avec les objets dont il s’agit ici, se soit trompé à ce point, et ait pris un fragment de couteau ou un éclat de quartz pour une hache ou un ciseau neolithique. J'accepte donc comme exacts, jusqu’à plus ample informe, les faits signalés par Stoliczka.
Mais, ces faits ne touchent en rien à la certitude des renseignements recueillis avec tant de soin par M. Man *. Ils nous apprennent seulement que les ancêtres des Mincopies actuels étaient plus avancés qu’eux-mêmes et possédaient des industries qui se sont perdues. Îl serait facile de citer des exemples de déchéance analogues. Il est d’ail-
1 Note on the kjækkenmæddings of the Andaman islands, by Dr Stolhiczka (Proceedings of the Asiatic Society of Bengal, 1870, p. 15).
* A diverses reprises, M. Man insiste sur le soin qu'il a pris de se renseigner auprès des insulaires dont les mœurs avaient été le moins modifiées par le voisinage des Européens et auprès des individus regardés par leurs compatriotes comme étant le plus au courant de leurs traditions.
174 CARACTÈRES DES MINCOPIES
leurs évident qu'une population capable d'oublier les moyens employés par ses pères pour obtenir du feu, a pu, à plus forte raison, oublier l’art de polir et même de tailler la pierre autrement que par les procédés les plus grossiers.
Quoi qu'il en soit, nous trouvons aux Andaman des hommes qui, aussi loin que remontent leurs souvenirs, et bien probablement depuis un très grand nombre de siècles, emploient la pierre a divers usages, #na1s qui ne fabriquent avec elle ni baches, ni ciseaux, m1 scies, nt gratloirs, ni perçoirs, mi pointes de lances ou de flèches. Les pierres à aiguiser, les rasoirs, les lancettes des Mincopies ne nécessitent d’ailleurs aucune retouche; et, à coup sûr, s'ils en avaient pratiqué, M. Man n'aurait pas manqué de le dire. Évidemment, sauf chez les premiers de ces instruments, rien ne peut indiquer une taille intentionnelle.
Or, lestribus mincopies, quoique sachant élever des huttes solides et possédant des villages fixes, sont habituellement errantes dans les territoires qui leur appartiennent en propre. Elles vont de campement en campement, et séjournent plus ou moins dans le même lieu, selon que la pêche et la chasse sont plus ou moins fructueuses. Partout, nous dit M. Man, ces insulaires trouvent toutes les pierres dont ils ont l'habitude de faire usage. Par conséquent ils disséminent sur tous les points de l'île, au milieu des pierres n'ayant jamais servi, leurs pierres de cuisine plus ou moins altérées par