HOMME TERTIAIRE
le feu; les débris des blocs éclatés au feu; des pierres à aiguiser hors de service prises dans les fragments ayant aussi subi l'action du feu, et devant, au moins parfois, en conserver la trace; des lamelles et des fragments de quartz sans retouche et dont plus d’une sans doute porte aussi quelques témoignages de l’action de la chaleur.
Et maintenant revenons à Thenay. |
Si l’on admet qu'aux temps tertiaires, les plaines de la Beauce étaient habitées par des tribus menant la vie des Mincopies, possédant des industries analogues, employant la pierre comme le font nos insulaires, sans toutefois avoir encore invente la taille spéciale des pierres à aiguiser, c'est-à-dire des couteaux, la presque totalité des faits que j'indiquais au commencement de cette note se trouve expliquée très naturellement.
Mais, au milieu des populationsles plus sauvages, comme parmi les nations les plus civilisées, se rencontrent toujours quelques hommes supérieurs à leurs contemporains. C'est à ces individus d'élite que j'attribuerais le petit nombre d'objets qui portent la trace, incontestable à mes yeux, de l’action d'une main intelligente. Tels sont le grattoir que me montrait l’abbe Bourgeois, et les perçoirs qui, à Bruxelles, firent accepter l’homme tertiaire par bien des juges éminents, parmi lesquels je citerai MM. d’'Omalius, Cartailhac, Capellini, Worsaae, Engelhardt, de Vibraye, Frank, etc.
Ainsi s’expliquerait encore bien simplement
176 CARACTÈRES DES MINCOPIES
l'existence et le petit nombre de ces pièces exceptionnelles.
Si je ne. m'abuse, l’histoire ethnographique des Mincopies répond à toutes les objections que l’on peut faire à l'existence de l’homme tertiaire de Thenay, en tant que ces objections relèvent de cet homme lui-même et de son genre de vie. Je n’en reconnais pas moins qu'elle ne lève pas toutes les difficultés. Mais, celles qui subsistent encore sont exclusivement du ressort de la géologie. Celles-ci sont en dehors de ma compétence, et je ne puis qu'en demander la solution aux savants spéciaux. J'espère qu'ils sauront la trouver.
D'ailleurs, nous avons heureusement d’autres preuves que l’homme a vécu en Europe dès les temps tertiaires. Les silex taillés de Puy-Courny découverts par M. Rames dans le miocène supérieur du Cantal, les os incisés trouvés par M. Capellini dans le pliocène de Monte Aperto, ne pouvaient laisser de doutes. Enfin M. Ragazzoni a été assez heureux pour mettre au jour les ossements de toute une famille ensevelie dans le pliocène inférieur de Castenedolo, et nous savons, grâce à lui, que l’homme tertiaire présentait déjà tous les caractères de l’espèce humaine et appartenait à la race de Canstadt.
Après cettedigression, revenons à nos Mincopies.
Vêtements; parures. — Les enfants des deux sexes sont entièrement nus. À l’âge de cinq ou