VÊTEMENT. TATOUAGE
six ans, la fillette prend le petit tablier de feuilles (obunga) qui constitue son seul vêtement, mais qu’elle ne quitte jamais. Les hommes n’ont le plus souvent qu’une étroite ceinture (fachonga), formée par une cordelette portant une touffe de feuilles de pandanus à laquelle semble s'attacher certaines idées de décence ou peut-être de simple convenance. D'ailleurs, ici comme partout, les femmes se couvrent le plus qu’elles peuvent d'ornements qui consistent en colliers et ceintures. L'une de ces ceintures faite de feuilles de pandanus (rogun) ne peut être portée que par les femmes mariées.
Les deux sexes se couvrent le corps entier d’un tatouage fort simple résultant de petites incisions horizontales et verticales, disposées en séries alternantes. M. Man paraît croire qu'aucune idée spéciale ne se rattache à cette pratique; toutefois quelques-uns des détails qu’il donne porteraient à penser le contraire. Les femmes sont genéralements chargées de l'opération et emploient comme instrument un morceau de quartz ou de verre; mais les trois premières incisions, qui sont placées au bas du dos, ne peuvent être faites que par un homme et avec une flèche employée à la chasse des porcs sauvages. En outre, tant que ces blessures restent ouvertes, le patient s’abstient de la chair de ces animaux. Il y a là, on le voit, les indices d’une sorte d'initiation, ou d’un rite tout au moins consacré par l'usage.
Indépendamment de leur tatouage, les Mincopies
QUATREFAGES, Pygmées, 12
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se tracent sur le corps, avec des terres de trois teintes différentes, des dessins dont la couleur et la disposition varient selon que l'individu est triste ou gai, qu'il est en deuil ou se prépare à une fête. Enfin, à certains moments, ces insulaires se recouvrent le corps entier d’une pâte d’argile, qui, en séchant, forme une sorte de carapace. C'est là une des choses qu’on leur a le plus reprochées. Des hommes qui s’enduisent de boue ne pouvaient être, disait-on, que des espèces de pourceaux. En réalité cette pratique a pour but, selon Mouat, de se garantir de la piqûre des moustiques ; selon M. Man, de se protéger contre les rayons trop ardents du soleil. On comprend que cette pratique, aussi antihygiénique que possible, doit être pour une forte part dans la fréquence des affections rhumatismales et diarrhéiques signalées chez ces insulaires.
Nourriture. — Les Mincopies ont passé longtemps pour une population des plus misérables, trouvant à peine autour d’eux de quoi suffire à leur existence. On expliquait même ainsi leur prétendu cannibalisme. Déjà M. Day avait fait en partie justice de ces assertions. M. Man a confirmé les dires de son prédécesseur et ajouté des détails précis, d’où il résulte que ces insulaires sont placés, au point de vue de l’alimentation, dans des conditions superieures à celles de la plupart des tribus arrêtées au même point d'état social. La mer qui baigne leurs côtes est extrêmement poissonneuseet abonde en tortues; les jungles sont remplies de porcs sauva-
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