‹ Les pygméesChapitre 7 sur 139 · MARAIS DU NIL · texte numérisé non relu

MARAIS DU NIL

petit chou qui végéterait à la façon de nos lentilles d'eau. Mais ces marais, qui s’annoncent déjà un peu au sud de Khartoum, se caractérisent vers le 9° degré’. On sait que c’est bien plus au sud et au delà de l'équateur que se trouvent les sources du Nil. C’est dans notre hémisphère vers le 2°degre de latitude nord, à deux ou trois degrés de longitude à l’ouest du fleuve africain et dans un tout. autre bassin, celui de l’Ouellé, que Schweinfurth a découvert les Akkas, qui sont évidemment les petits hommes d’Aristote *.

Aristote parle des petits chevaux des Pygmées; et aucun voyageur ne mentionne ce quadrupède comme faisant partie de la faune du pays. On pourrait être tenté de voir dans cette contradiction un motif pour mettre en doute l'exactitude des renseignements transmis par les voyageurs au philosophe grec. Mais elle s'explique aisément. Baker nous apprend que les bestiaux des Baris, tribus nègres des environs de Gondokoro, sont de très petite taille; « vaches et brebis, dit-il, ont des dimensions tout à fait lilliputiennes* ». Probablement, au temps de la domination égyptienne, le cheval était arrivé jusque dans ces régions ; et, s’il

1 Sir Samuel White Baker, Découverte de l’ Albert N'Yanza, nouveiles explorations des sources du Nil, traduit de l'anglais par Gustave Masson, t. I], p. 33 et 47.

? Schweinfurth, Au cœur de l'Afrique, t. 11, passim.

3 Sir Samuel White Baker, Découverte de l’Albert N'Yanza, nouvelles explorations, etc., p. 66.

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en a ête ainsi, il a dû y subir la dégénérescence signalée par le voyageur anglais chez les autre es mammifères domestiques.

Ainsi Aristote a été très affirmatif; ce qu'il dit est en partie vrai et, en tout cas, au moins raisonnable. Avec Pline, nous retombons dans les incertitudes, les exagérations et les fables. Il place les Pygmées tantôt en Thrace, non loin de la côte du Pont-Euxin ‘; tantôt en Asie Mineure, à l’intérieur de la Carie; à deux reprises, 1l désigne l'Inde comme étant la patrie de ces petits êtres; ailleurs, en parlant des peuples d'Afrique qui habitent à l'extrémité de l'Éthiopie, il dit : « Des auteurs ont aussi rapporté que la nation des Pygmées était entre les marais qui seraient l’origine du Nil. »

On a reproché à Pline la multiplicité des habitats assignés par lui aux Pygmées; on a voulu voir dans ce fait un exemple de plus de la hâte avec laquelle il prenait ses notes,et des contradictions auxquelles l’entraînait sa manière de travailler: Mais n’a-t-on pas été ici trop sévère, et ne s'est-on pas mépris? En plaçant des Pygmeées sur des points géographiques aussi éloignés les uns des autres et aussi distincts, Pline n’a pu vouloir parler d’une seule et unique population. Il a évidemment cru à l'existence de ces petits hommes sur divers points du monde alors connu, et admis en particulier des Pygmées asiatiques et des Pygmées africains. Sur

1 Pline, Hisloire naturelle, traduction de M. Littré, t. I, p. 191, a.

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