ARMES
où se prennent les tigres eux-mêmes. Ils placent à l'extrémité d’un long sentier, percé artificiellelement dans le fourré, une forte lance attachée à un arbre courbé et maintenu par une sorte de déclic. L'animal, en passant, fait partir la détente et tombe percé de part en part”.
Dans l'Inde, aujourd’hui comme au temps de Ctésias, l'arc est, pour ainsi dire, l’arme caracteristique des populations dravidiennes. Les Gounds seuls, semble-t-il, y ont renoncé et ont adopté la hache et la pique*.
Caractères religieux et moraux.
Croyance à des êtres supérieurs. — Comme bien d'autres populations sauvages, les Négritos qui font le principal sujet de cet article ont maintes fois été représentés comme absolument athées. Il n'en est pourtant rien. Seulement il ne faut pas apprécier leurs croyances rudimentaires en partant des idées que des Européens instruits se font de la religion, lors même qu'ils se déclarent incredules.
On sait déjà à quoi s’en tenir à cet égard pour les Mincopies. On sait comment ces prétendus athées ont toute un mythologie, où se mêlent et
1 Logan, loc. cif., p. 257.
? Rousselet, Tableau des races de l'Inde centrale (Revue d'anthropoloew:.t. 1, p. 276).
se juxtaposent des notions singulièrement spiritualistes et des conceptions aussi enfantines que bizarres. Quand on aura étudié les autres Négritos. avec le même soin que les Andamaniens, on trouvera peut-être des croyances équivalentes ; mais cette étude n'a pas encore été faite.
Nous sommes bien moins renseignés relativement aux Aëtas. M. Montano dit, dans ses notes, n'avoir reconnu chez eux aucun signe de religion. Mais, éclairé par une expérience personnelle, il s'est bien gardé de conclure qu'ils sont entièrement dépourvus de croyance”. La Gironière, tout en déclarant que ces petits Nègres n'ont aucune religion, nous apprend qu'ils adorent, au moins temporairement, les rochers ou les troncs d'arbre auxquels ils trouvent une ressemblance avec un animal quelconque. Il me paraît probable que l'hommage s'adresse à quelque chose de supérieur à ces objets matériels, peut-être aux esprits ou génies des montagnes ou des forêts, car Rienzi nous dit encore que ces sauvages croient à des. génies malfaisants appelés onos, et leur offrent des sacrifices.
Cette croyance aux esprits, aux génies, se re— trouve chez toutes les tribus de Bermun, et par
1 On avait dit à M. Montano que les Bagobos n'avaient aucune reli-gion. Servi par les circonstances, il a trouvé chez eux une conception. religieuse parfaitement définie et point du tout rudimentaire, qu'il a. fait connaître dans une de ses communications à la Société de géo-
graphie, 1877.