‹ Les pygméesChapitre 109 sur 137 · FOI EN TSUI-GOA · texte numérisé non relu

FOI EN TSUI-GOA

attendent tout ce qui peut leur arriver d'heureux. » Ailleurs, M. Hahn appelle l'Adam khoï-khoï Eiyalkhanabiseb ou Gurikhoïsib et identifie ce dernier avec le dieu Heitsi-eibib \, dont je parlerai plus loin. Peut-être la tradition hésite-t-elle sur ce point ; peut-être aussi l'auteur s'est-il laissé entraîner, ici comme ailleurs, par une théorie que j'aurai à discuter plus tard.

Quoi qu'il en soit, les Hottentots parlent et agissent comme s'ils voyaient en Tsûi-goa un père bienfaisant, tout-puissant et omniscient. Les sentiments que leur inspire cette croyance ressemblent singulièrement à ceux que les plus fermes chrétiens puisent dans leurs convictions. M. Hahn ne le dit pas en propres termes ; il fait mieux, il le prouve par des exemples. L'interjection Tsûi-goatse (Toi, ô Tsûi-goa) revient à notre Grand Dieu! — Frappé de quelque malheur qu'il juge immérité, le Hottentot s'écrie : « O Tsûi-goa, qu'ai-je donc fait pour être si sévèrement puni?» — Injustement accusé et ne pouvant prouver son innocence, il en appelle à son Dieu : « O Tsûi-goa, toi seul connais que je ne suis pas coupable ! » — Exposé à quelque grave péril, il compte sur le secours de Tsûi-goa, et, le cas échéant, lui attribue sa délivrance. C'est là ce que M. Hahn a pu constater par lui-même. Il traversait le désert de Kalahari en wagon ; la chaleur était affreuse ; par suite d'un retard inattendu, la pro-

1 Hahn, loc. cit., p. 62.

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