SUPERSTITIONS. LES SERPENTS
nie, dont on retrouve des traces en France même, et surtout en Bretagne \
Certains animaux, les éléphants et les serpents en particulier, savent reconnaître les coupables et vont les tuer au milieu d'une foule, sans attaquer aucun de leurs compagnons. La tribu des Arnaquas surprit un jour les Damaras, en fit un grand carnage et enleva leur bétail. Un des agresseurs se fit remarquer par son extrême cruauté; de retour chez lui, il fut attaqué dans sa hutte par un lion noir, qui le mit en pièces. Les Arnaquas sont encore aujourd'hui convaincus que ce lion n'était autre chose qu'un Damara, qui avait pris cette forme pour venger sa tribu.
M. Hahn s'est donné beaucoup de peine pour chercher chez les Namaquois quelques traces du culte du serpent, et n'a rien trouvé. Cet animal n'en figure pas moins dans les superstitions du Cap comme dans celles du monde entier. Ici comme partout il existe des charmeurs, qui manient sans crainte les espèces les plus dangereuses; l'un d'eux a procuré à notre auteur toutes celles qu'il a voulu. 11 va sans dire que les sorciers jouissent au plus haut point de ce privilège ; il leur suffit de siffler, disent les Hottentots, pour faire accourir auprès d'eux tous les serpeuts des environs. — Auprès de chaque fontaine habite un serpent; s'il s'éloigne ou s'il est tué, la fontaine tarit. — Les serpents sont
1 Quellien, Revue d 'ethnographie, t. IV, p. 89.